Ma vie d’écrivain maudit Chapitre 10

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OMG ( OH MY GOD), elle est de retour.

Talalalalalala Talalalalalalaaaaaa Samba ! C’est sur un air do Bragil que j’effectue un virage à 194° vers mon blog. On me le réclame à corps, à cris, à menaces, depuis des années. JE L’AI FAIT, je suis là.

Oui je sais, SI ! JE SAIS, on écrit « à cor et à cri », mais dans mon cas, les corps se jettent sur moi en criant : ‘Un artiiiiiicle » et « à corps, à cris, à menaces » n’existe pas à priori, que je sache. Et le premier qui dit que je suis de mauvaise foi, je lui envoie mon recueil de nouvelles corrigé au bic par une lectrice de bibliothèque qui n’aime pas « la nouvelle orthographe ».

 Où c’est-y qu’elle était, Isabelle Baldacchino ?

– A la foire du livre de Bruxelles pardi !

– Pendant un an ?

Naaaaan, mais j’ai eu des trucs à faire, vous comprenez : une asbl, des ateliers d’écriture, une résidence d’auteurs, un dossier pour ma bourse de la commission des lettres, un contrôle technique… ça prend du temps vous savez, surtout que j’ai dû remplacer mes plaquettes de frein et que mon clignotant droit clignote à gauche… Comment ça, « on s’en fout » ? Non mais dites donc, Monsieur, je vous fais l’honneur de revenir, restez poli.

Où j’en étais, d’ailleurs ?

Ah oui ! Le weekend dernier, tout le monde le sait, c’était la foire du livre de Bruxelles. Autant l’an passé, j’étais la star de ma maison d’édition, Quadrature, qui comptait sur mon aura littéraire pour battre les records de fréquentions sur leur stand en sortant mon « Manège des amertumes » expressément pour la foire de 2013, autant cette année, mon horaire de dédicace donnait à penser qu’il avait bien fallu la caser quelque part la petite, elle est bien sympa avec ses joujoues toutes rondes mais c’est pas tout ça, on a du chiffre à faire, nom d’un recueil de nouvelles.

Autant l’an passé, TéléMB s’était déplacé pour faire un reportage de 15 minutes sur mon entrée en littérature, lecture en voix off à l’appui, simulation de signature avec multiples fans (mes éditeurs déguisés en fait), autant cette année, j’avais mis une crinoline et un chapeau haut-de-forme, mais personne n’a été dupe, je ne suis pas Amélie Nothomb.

Pourtant, j’ai eu de nombreuses échanges inattendus. Madame Machin ne trouvait pas le stand 234, celui des éditions du Seuil. Comme je n’avais que ça à faire, étudier le plan de la foire à l’envers à l’endroit, j’ai pu la diriger dans le bon sens de la bonne allée de la bonne salle. A Monsieur Truc qui se demandait si mon recueil convenait à des enfants de primaire, j’ai pu répondre … que non. Merci aurevoir, il est parti, pleinement satisfait de ma disponibilité.

Même mes éditeurs ont hésité en me voyant arriver : Oui, Madame ? … Ah, Isabelle, c’est toi, on ne t’avait pas reconnu avec ta … crinoline. Le chapeau, est-ce vraiment nécessaire ?

Alors, comme ils n’avaient pas le choix, ils m’ont mise entre Dominique Costermans et Luc-Michel Fouassier.

Dominique Costermans

Dominique Costermans, c’est plus de 10 bouquins, 6 prix et des nouvelles deci delà. Elle n’écrit plus depuis 2008 et cette année, elle revient avec « Petites coupures », chez Quadrature. Les gens qui passent la voir lui offrent des truffes artisanales, des cuberdons au Champagne, la regardent avec des étoiles dans les yeux et lui disent au bord des larmes : « Il était temps que vous reveniez, vous nous avez manqués ». C’est beau, elle est émue. J’espérais qu’elle soit méchante ou un peu prétentieuse, histoire de la détester. J’aime bien détester les gens qui ont du talent. Mais elle est gentille avec moi, elle est douce, elle est belle. Avec ses grands yeux bleus, sa chevelure ébouriffée et son sourire, on dirait Candy. J’ai toujours voulu être Candy. Pfffff.

Candy

Luc-Michel Fouassier

Luc-Michel Fouassier, c’est le winner de la tchatche de salon. Il a sa petite assiette, il la remplit de MM’S et chaque fois qu’un lecteur traîne devant ses « Histoires Jivaro », paf, il l’accroche :

– 100 nouvelles de 100 mots, allez-y madame, mangez un bonbon, c’est le temps qu’il faut pour lire une de mes nouvelles.

Et ça marche. La madame, elle glousse, la bouche pleine, elle ouvre le recueil. A tous les coups, elle tombe sur une de ses histoires un peu grivoises. Luc-Michel, il sourit, et tac tac badaboum, elle achète.

Luc-Michel, il repère aussi les hommes à lunettes, parce que, je vous le donne en mille, il a écrit un recueil qui s’appelle « Les hommes à lunettes n’aiment pas se battre ». Alors, il sort son test de la vue, vous savez, avec l’alphabet et les E majuscules dans tous les sens, ça glousse ensemble, entre mecs, voyez, genre, on connait bien le problème, hein mon petit bonhomme, les buées quand on vient du froid tout ça tout ça, on est des potes maintenant et tac tac badaboum, l’homme à lunettes achète « Les hommes à lunettes n’aiment pas se battre ».

Parfois on respire. Luc-Michel, il disparait 5 minutes. Puis il revient : « ça va c’est cool, j’ai vendu deux romans chez Luce Wilquin, j’suis rassuré ».

On aimerait le détester, Luc-Michel, parce qu’il serait commercial, qu’il prendrait de la place, qu’il parlerait trop fort. Mais même pas, merde ! Il est sympa, Luc-Michel. EN PLUS. Et quand il vous parle de sa femme, l’amour de sa vie, l’unique, c’est qu’il vous ferait chialer. Je hais les hommes à lunettes qui n’aiment pas se battre, romantiques et rigolos, ça devrait pas exister.

Maintenant que j’y pense, je trouve que Luc-Michel a un petit air d’Alistair (si Candy n’évoque pour vous que le jeu des bonbons sur Iphone, vous ne pouvez pas comprendre).

Alistair

Moi aussi j’ai des techniques de vente

Une fois, j’ai ramené des Chokotoffs :

– Allez-y madame. Le temps que vous le suciez, vous aurez fini ma nouvelle.

Le mari, il m’a regardé par-dessus ses lunettes, un peu lubrique, un demi-sourire aux lèvres. La dame, elle l’a regardé lui, par-dessus les siennes, furibarde. Elle a voulu m’insulter, mais comme elle avait les dents toutes noires qui collaient un peu, j’ai rien compris et j’ai éclaté de rire. Elle a jeté mon livre par terre, elle est partie, toute rouge.

Et Luc-Michel a eu le temps de vendre « Les hommes à lunettes n’aiment pas se battre » au mari à lunettes. Je suis désespérée.

Les gens

Moi, les gens quand ils viennent me voir, ils tiquent sur UN truc de la 4ème de couverture. Vous savez, là où il y a une biographie en italique :

– Vous avez un resto et vous trouvez le temps d’écrire ?

Que j’aie fait huit ans d’études (philologie romane et conservatoire compris), ils s’en tamponnent le Carambar. Tout ce qu’ils voient, les gens, c’est « patronne de restaurant ». Je leur dis que c’était dans une autre vie, que c’était une époque formidable, je ris en repensant à ce client en train de vomir sa vie dans nos toilettes, je ferme les yeux quand je ris et quand je les ouvre … le lecteur s’est barré sur la pointe des pieds. Désespérée, je vous dis.

OMD (OH MON DIEU)

A la fin de la foire tout de même, mes éditeurs sont sous le choc. J’ai vendu. Oui madame, j’ai pratiquement tout vendu. Merde, qui me dit, Patrick, mon éditeur/8 alias « le boulier », on va être en rupture de stock pour ton bouquin. Chouette, je lui dis, on devra lancer une réimpression.

Mais il a pas répondu.

Moi je veux mourir sur scèneuuuuuu…

Manquerait plus que les pandas écrivent un livre et là, je me re-suicide au Mon Chéri pour la 4ème fois. Ou je fais une overdose de Chokotoffs. Je m’étends sur tous les nouveaux recueils de Quadrature en hurlant « Tous à poil, la censure ne passera pas » (oui, c’est pas parce qu’on se suicide qu’on n’est pas engagé).

Et puis je meurs,

mon bouquin entre les mains.

C’est beau non ?

Au fait…

PS : J’aurais pu parler des retrouvailles, des rencontres, des repas partagés, des émotions, des rires, d’un récital de nouvelles, d’une lectrice de mon blog, d’un dernier visiteur magnifique, mais faudrait pas que j’ai trop l’air d’aimer ça, la Foire du livre. Et ma vie d’écrivain maudit alors ?

J’aurais pu avouer que Quadrature concocte des horaires de dédicace aux petits oignons selon les disponibilités de chacun, mais faudrait pas que j’ai trop l’air de les remercier. Et ma mauvaise foi alors ?

J’aurais pu vous parler de : Agnès Dumont, Aliénor Debrocq, Gaëlle Pingault, Calouan, Marie-France Versailles, Jacqueline Daussain, Liliane Schraüwen, Hélène Jousse, Pascale Pujol … mais faudrait pas que j’ai trop l’air de partager l’affiche. Et mon heure de narcissisme alors ?

Et pour les Français qui ne connaissent pas les Chokotoffs : 

chokotoff habillé Chokotoff habillé

chokotoff à poil  Chokotoff à poil

Ma vie d’écrivain maudit ‘pisode 9

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‘pisode 9

Dites donc, vous, au fond. Je vous entends : « Qu’est-ce qu’il lui arrive encore à cette pauvre fille ? Elle sait même plus écrire correctement. Elle élague ses syllabes. A tous les coups, elle a attrapé la dépression de son éditeur/8 mâle. Ça pourrait se comprendre, avec toutes les galères qu’elle a vécues depuis le début de son entrée en littérature. Et puis, elle n’a pas un physique facile, soyons francs ».

Non mais, ça va aller, oui ?

Tout d’abord, j’écris tout à fait correctement, Monsieur J’oublie-mes-particules-de-la-négation. « Elle sait même plus écrire », on a fait mieux comme linguistique académique (et toc !). Ensuite, la dépression, ce n’est pas contagieux. Mon éditeur/8 mâle va beaucoup mieux depuis que… Ah, permettez, je garde les trois petits points pour plus tard.  Troisième précision : mon physique est très facile. Ce n’est pas parce que je ne suis pas une gourgandine vautrée dans la luxure que je n’ai pas mon petit succès. Pas plus tard que la semaine dernière, j’ai été étroitement convoitée par un certain L. charmé par mon parfum guerlainesque. Bon, il avait 10 ans et il était un peu hyperactif, mais tout de même, je plais encore, Môsieur.

Et les galères, me direz-vous ?

Ben, ça va en fait. Je m’en sors bien pour une maudite. Pour les initiés (et mes amis Facebook), « ‘pisode 9 »  fait référence à la Vebsérie, diffusée chaque semaine dans l’EXTRAORDINAIRISSIME émission sur le monde web, le Vinvinteur. Vinvin, le présentateur, il dit toujours « ‘pisode » à la place de « épisode », ça me fait rire. Bref. Ils m’ont pris un dialogue pour la Vebsérie, ‘pisode 11. C’est ici, à 17’38. Ma tronche sur France 5, on a vu pire, non ? Et vous jugerez par vous-même, cher Monsieur Ingrat, que je ne suis pas amputée de beauté. C’est ici, à 18’39. OUI, C’EST FURTIF, ET ALORS ? Comment ça, j’ai les joues bien remplies ? C’est la télé, Monsieur, ça grossit. Permettez, je fais une petite dépression et je reviens.

Voilà, ça va mieux.

Ça va même beaucoup mieux depuis que… Vous vous souvenez, les trois petits points, la guérison miraculeuse de mon éditeur/8 mâle bipolaire ? Et bien, aujourd’hui, je vous l’annonce officiellement en semi-exclusivité mondiale : mon recueil de nouvelles, « Le manège des amertumes » est en librairies et en vente en ligne depuis le 15 février 2013. (Semi, parce que je l’ai déjà annoncé à la moitié de la terre. Faites le calcul, ça correspond).

Que dire ?

First, I wanna thank my parents without qui I not serais pas là today. Then, thanks to my lover for his patience and his indefectible soutien. Thanks surtout to myself for my talent, for realize my own dreams, for what I am. I love me. Sorry, I am trop émue for continue. There are really angels on this blog !

Les retours

Ma copine du net, Kylie Ravera, a été the first of the world à écrire un article sur mon livre. Il faut dire qu’elle écrit elle-même des romans, une saga mathématico-policière plus précisément. Et drôle. Et tendre. Et bien foutue. Bref, son article est à l’image de son héros, Peter Agor : drôle, sincère et surprenant.

Autre blogueur au nez fin : Jérome Cayla qui m’a fait l’honneur d’un billet tout en compliments dans « Les chroniques de Goliath ». Grrrr, je ronronne de plaisir.

Voilà, c’est tout.

Oh ça va hein !

De toute façon, je ne veux pas être une star. Je tiens à mon statut d’écrivain maudit. Je suis fidèle à mes valeurs, moi Monsieur au fond à droite qui la ramène tout le temps. Vous avez écrit un livre, vous, d’abord ? Vous avez vu la fierté embuée dans les yeux de votre maman allongée sur son lit d’hôpital, vous ? Oooooh, mais ne pleurez pas, Monsieur Aufond. Elle a juste une jambe cassée, rien de grave. Ça lui a même permis de trouver sa vocation, ce petit séjour aux frais de la mutuelle : agent littéraire en milieu hospitalier. TOUT le personnel infirmier et sanitaire est au courant que mon livre est sorti. Je dis bien TOUT le personnel. Pas moyen d’y échapper. Ma mère est un bulldozer de la promo littéraire.

Bon, je récapitule

« Le manège des amertumes », Isabelle Baldacchino, 108 pages, Editions Quadrature.

Le résumé : Des êtres pris dans une dentelle d’araignée s’entrecroisent, se répondent ou s’ignorent en choisissant le trottoir d’en face. Une marche d’escalier, une rue, une cave sont les lieux où ils vivent, où ils passent, où la tragédie côtoie insolemment la légèreté.

Toutes ces nouvelles se suffisent à elles-mêmes, mais l’auteure s’est employée à tisser des liens entre les histoires. Retrouvez-les ou laissez-vous mener jusqu’au dernier texte qui résonnera en vous comme un écho.

L’auteur (moi quoi !) : Née dans le Hainaut, où elle vit toujours, Isabelle Baldacchino est romaniste et comédienne. Ancienne co-gérante d’un resto-théâtre montois, professeur de français, animatrice d’ateliers d’écriture, chroniqueuse radio, elle vit sa vie à cent à l’heure.

En 2010, elle ose enfin confronter sa prose au regard du public. Elle remporte des concours de nouvelles et publie dans des ouvrages collectifs. Elle séduit enfin les Editions Quadrature en 2011 qui retiennent « Le manège des amertumes », une œuvre soutenue par le Fonds National de la Littérature.

Un extrait ? Aaaaaallez : « Oh le comédien ! Oh l’artiste ! Applaudissez, messieurs-dames, l’illusionniste entre en piste. Il est majestueux, il est magnifique : quelle splendeur d’hypocrite, quel perfide. Admirez sa technique, acclamez ses fourberies. Il dit Madame, il pense catin. Quel poète ! »

Disponibilité : commandes en librairies (belges, françaises, suisses, …), www.i6doc.com/quadrature, chez l’éditeur par simple mail (quadraturelib@gmail.com ), sur tous les sites de librairies en ligne.

ISBN : 978-2-930538-30-3 (livre broché) 15€

SBN : 978-2-930538-21-3 (format ePUB) 12€

Et la couvertuuuuuuuuuuuuuuuure :

Ma vie d’écrivain maudit Chapitre 8

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I’m back !

Sonnez clairons et moquettes, je sors de ma retraite. « Mais où c’est-y qu’elle était ? », vous demandez-vous, hilares, échaudés par la prise intempestive d’une substance illicite. Non, non, ne sombrez  plus dans les dépendances toxicomaniaques, fans en délire, je suis de retour. Inutile de vous oublier dans le désespoir vain. Ne croyez pas les tweets honteux qui ont annoncé ma mort sur les pistes de Megève ou mon exil fiscal en Roumanie occidentale : tout est faux !

Mais où c’est-y qu’elle était ?

Oh, vous me l’avez déjà faite celle-là. Il faudrait penser à vous renouveler. L’usage intempestif de la répétition agrammaticale appauvrit votre texte. C’EST NUL .

Oh pardon, lecteur esseulé en quête d’une aumône baldacchinienne (l’adjectif entre dans le dictionnaire en février 2013). MAIS NON, suis-je bête, c’est MON recueil de nouvelles qui sort le 15 février 2013.

Note bien cette date, lecteur littérairement anémique : le 15 février 2013 le 15 février 2013 le 15 février 2013 le 15 février 2013 le 15 février 2013 le 15 février 2013 le 15 février 2013, je te remets de l’hémoglobine poétique dans les veines.

Mais je m’égare

Donc pardon, cher lecteur, pour cette saillie inattendue. Je perds un peu la tête. Je suis en pleine relecture de mon NNNoeuvre. A la demande de mon éditeur/8 × 2, je corrige mon manuscrit. Oh, quelques virgules à peine. Tu connais mon souci de perfectionnage, mon sens de la précisance et mon talent pour la pointillation.

Editeur/8 × 2 ? Mais qu’est-ce qu’elle raconte ?

Quadrature, c’est… : «  huit personnes aux capacités diverses qui mettent leur amour de la littérature et leur énergie en commun, ça peut déplacer des montagnes et, aussi, créer une maison d’édition… Le nom de Quadrature n’a pas été choisi au hasard… »

C’est beau.

Bref, sur les 8, j’ai deux parrains (des bourreaux, oui… enfin surtout un !), un homme et une femme (non, ils ne sont pas ensemble, rhooooo, quel ragoteur, ce lecteur), qui me chouchoutent (me torturent), me conseillent (m’envoient des parpaings dans la tronche), tentent avec moi d’améliorer mon texte (m’ont bazardé deux nouvelles à la poubelle, comme ça, comme un vulgaire Mon Chéri fondu, m’en ont recommandé cinq, pour n’en retenir qu’une). Pourtant, lecteur adoré et admiratif, tu connais mon souci de perf… Comment ça, je me répète ? Mais tu te prends pour mon éditeur ou quoi ?

Mon éditeur/8  mâle est dépressif

En novembre 2011, Patrick (Patoche pour les intimes, mais je ne suis pas une intime ; je suis obligée de l’appeler Monsieur) me dit, texto : « T’étais suicidaire quand t’as trouvé ton titre ? Hahaha (rire gras et moqueur) »

Pour rappel, je l’avais diffusé sur ce blog même, en vous mettant en garde contre les ponts et les cordes : « Le manège immuable des amertumes ».

Ça va, vous êtes toujours vivants ?

A la quête d’un intitulé fun, accrocheur, combatif et éventuellement vendeur, j’ai demandé conseil au Dilettante (voir ici). Je me suis fait attaquer en justice pour harcèlement. Faut pas les emmerder au Dilettante.

Alors, mon recueil s’est appelé successivement :

  • La charmeuse des lampions
  • Entre mêlés en deux mots
  • Entremêlés en un mot

Puis j’ai suggéré 3724 titres plus parfaits les uns que les autres. Un éditeur/8 femelle a proposé 799 groupes nominaux sans adjectif (parce que mon parrain, il aime pas les adjectifs, notez pour plus tard). Et non, non, non, aime pas, qui disait Patoche, Monsieur.  Veux pas, peux pas, c’est nul !

Puis, pas plus tard qu’hier (il y a trois jours en fait, mais ça sonne mieux avec hier…. Oh, tu ne peux pas comprendre, tu es lecteur, pas écrivain), le vlà qui revient, en tortillant des pieds (enfin, j’imagine, parce qu’on s’envoie surtout des mails) : « Tu sais, finalement, ton premier titre, il est pas si mal… si on enlève l’adjectif ».

!!!

Ha !

Je vous dis qu’il est dépressif. Je suis inquiète. Je vais en parler à mon éditeur/8 femelle. Je vous tiens au courant.

Bref, mon recueil de nouvelles sort le 15 février 2013.

C’est con, on loupe la Saint-Valentin d’une journée. Mais bon, ça ne fait rien. Prenez votre agenda, oui oui, là tout de suite, ouvrez-le à la date adéquate (le 15/02/13 en fait)  et notez en majuscules : « Le manège des amertumes, Isabelle Baldacchino, Editions Quadrature, à acheter absolument à toute ma famille, à mes élèves, à mon comité d’entreprise, à mon syndicat, à mes amis Facebook que j’aime tant… »

Concours

D’ici peu, je crée une page Facebook sur mon « bookin ». Vous m’enverrez la photo de votre agenda avec la note susdite et je tirerai au sort le futur gagnant d’un exemplaire gratuit de mon livre. On fait ça ?

Je fais ce que je veux

Oui, je passe du « tu » au « vous » sans transition. Et alors ? Mon flux de lecteurs est mouvant.

Et non, je n’ai pas répondu à la question «  Mais où c’est-y qu’elle était ? ». J’ai une vie privée, crotte !

PS : Je tiens à rassurer mes lecteurs : aucun auteur n’a été réellement maltraité dans cette chronique. Mes parrains quadraturiens s’appellent Marie et Patrick et ils sont fantastiques. Mais ça reste entre nous.

C’est ce que vous vous direz le 16 FEVRIER 2013, LE MANEGE DES AMERTUMES. NOTEZ ! Faut juste mettre du Tipp Ex sur le « dés ». Oooh, ça se verra pas; ça reste du blanc sur noir.

Ma vie d’écrivain maudit Chapitre 7

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Ma vie d’écrivain béni

Qui a dit que la fatalité s’indomptait ? (oui, indompter n’existe pas, mais je suis une néologiste queneauraymaldienne, je fais ce que je veux avec mes cheveux). Et puis c’est joli « indompter », non ? C’est ma marque de fabrique, le néologisme. Je suis connue dans le métier pour ça aussi.

Quel métier ?

Comment ça, quel métier ? Mais je suis écrivain, moi, Monsieur au fond à gauche. Vous devriez le savoir, pourtant, depuis le temps que vous squattez mes billets. Excusez-moi, chers bloguistes et bloguiennes, je règle un contentieux avec le Monsieur au fond à gauche.

Bref.

Je fais partie du métier maintenant : les grands pontes de l’Académie Royale de Langue et de Littérature françaises (de Belgique) m’appelle « chère consœur ». Vous y croyez, vous ? Moi à peine. Je leur envoie mes nouvelles, ils les lisent, ils m’accordent une subvention à l’édition et dans la formule de politesse toute prête « Veuillez agréer l’expression de nos sentiments distingués », ils insèrent « Chère Consoeur » avec les majuscules d’usage.

Un péché capital.

Et bien oui, je me la pète, je suis gonflée d’orgueil, je chuinte un peu sur les « J» et mes « A » deviennent gutturaux quand je dis, (faussement) modeste, : « Jjje chuis tellement rââvie », j’invente des mots qui n’existent pas (forcément, si je les invente). Je vérifie quand même sur internet que personne n’a eu l’idée de l’  « indompter ». Indompté existe bien, Angélique fut indomptable mais la fatalité, mes amis, je lui ai porté un coup … fatal. Hahahahaha. Mes confrères du FNL se gausseraient de ce bon mot.

FNL ?

Non, ce n’est pas la Fédération de Natation Luxembourgeoise. Un peu de respect, s’il vous plait, Monsieur au fond à gauche ! Le FNL, c’est le Fond National de Littérature. Ses membres m’accordent une subvention si je trouve un éditeur dans les 4 ans. Ils me demandent de signaler leur aide lors de l’impression et d’éventuellement leur envoyer un exemplaire. Comme si je leur faisais une faveur. Je ris tout de suite ou je leur signale que c’est moi qui suis honorée ?

Et maintenant ?

Bon, il faut que je trouve un éditeur. Ça tombe bien, j’en ai un et pas des moindres : Quadrature à Louvain-la-Neuve, mon marabout, mon chamane, mon exorciste, mon leveur de malédiction. En attendant de m’atteler à la lourde tâche de correction et de quête effrénée d’un titre moins neurasthénique, je me repais dans la relecture réduplicative de ma lettre de l’Académie Royale de Langue et de Littérature françaises.

  Merci le FNL !

Ma vie d’écrivain maudit Chapitre 6

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Ma vie de ménagère de moins de 50 ans maudite.

Depuis que je suis une écrivain en vogue, ma vie quotidienne a littéralement changé. Littérairement, je devrais dire, hu hu hu (humour d’auteur). En effet, je vais voir des films d’auteur en néerlandais, je donne des stages d’écriture en bibliothèque et je dédicace des livres que je n’ai pas écrits.

Je vais voir des films d’auteur en néerlandais

Je sors à l’instant de la projection de « Tot altijd » au Plaza Art de Mons et godverdomme, qu’est-ce que j’ai « bré* » ! Faut dire que je suis devenue une breyou** quand j’ai accouché. Ça fait 7 ans que j’ai vêlé pourtant. Mais depuis, je suis plus sensible, comme si les vannes s’étaient ouvertes au moment où mon gynéco a saisi le sécateur vaginal et qu’il … Je suis en train de vous raconter mon épisio, là ?  Pardonnez-moi.

Au fait, je vous déconseille vivement de taper « épisiotomie » dans Google pour en vérifier l’orthographe. Vous tombez immédiatement sur une superbe vidéo explicite de la chose et bref, … je vais voir des films d’auteur en néerlandais.

Je donne des stages d’écriture en bibliothèque

Du 2 au 6 avril, de 9h à 12h, à la bibliothèque de Saint-Ghislain. Réservation au 065/76 20 20. A partir de  14 ans.

20 €, ça va quoi ! Vous vous débarrassez de votre ado pendant une semaine et il est en sécurité. Les livres, ça mord pas. Les crayons, ça fait pas grossir. Au pire, il repart avec un rhume de cerveau et vous êtes tranquilles pour la deuxième semaine, il est cloué au lit.

Je dédicace des livres que je n’ai pas écrits

Je donne des ateliers d’écriture en primaire, créés par C. B., une auteur de jeunesse. Ben, c’est cool, les élèves me demandent de dédicacer ses bouquins. Je leur dis : « J’suis pas C. B. ». Ils me disent : « Je sais, ça fait rien, c’est pour ma mère ».

Depuis, je suis insomniaque. J’essaie de résoudre cette équation pseudo-subséquente à ma non-identité primitive. Et je cale. Comprends pas.

Mais je signe.

Ma vie de ménagère de moins de 50 ans maudite.

Depuis que je suis écrivain, je passe plus de temps chez moi. Non seulement je découvre les joies de la solitude créative, m’enfonçant dans les profondeurs intrinsèques de la recherche propre, un ballon de muscat  à la main, le mazarelli ayant disparu des rayons du Colruyt (un autre drame de ma vie de ménagère de moins de 50 ans maudite) mais je vais aussi à la bulle à verre. Il faut dire que j’ai des amis particulièrement spongiques, adeptes de la course en relai 4 fois 2 mètres en rallye-chopes et arrêt au stand de rosé. Comme je ne suis pas particulièrement répétitive (à part avec le mot « particulièrement ») dans mes déplacements au tri de bouteilles, j’accumule. Et SOUDAIN, j’en peux plus, faut que je débarrasse la véranda de ses cadavres.

Me voilà à la bulle à verres. Avec toute l’honnêteté citoyenne qui me caractérise, je sépare les verres blancs des colorés. Et je tombe sur un sirop de sucre de canne à moitié vide. J’hésite. Personne à l’horizon. Je la mettrais dans la bulle que personne ne saurait que c’est moi… Mais non, je conscientise, je tergiverse et je tranche. Je reviens avec mon sirop périmé.

Et là, bardaf, je vous le donne en mille, je pose la bouteille une demi-seconde au milieu du salon pour enlever mon manteau et elle éclate sournoisement sur mon carrelage.

Je suis maudite.

Allez éponger du sirop de sucre de canne qui dégouline lentement mais sûrement. Même l’essuie-tout n’en veut pas.  Evidemment, je suis à court de nettoyant parfumé à la fraîcheur des champs. Me restent… les lingettes pour bébé. A quatre pattes, au milieu du salon, les mains collantes, à récupérer du sirop de sucre de canne réfractaire. NON, CE N’EST PAS EROTIQUE, MONSIEUR. Taisez-vous, ou je reprends l’épisode de l’épisio !

Finalement, je m’en sors bien. Mon salon est propre, les poubelles ne passent que demain, je vais pouvoir me débarrasser de mon crime au plus vite. Je peux peut-être enfin enlever mon manteau…

Et là, bardaf, je vous le redonne en mille : le miroir de l’entrée s’écroule au sol, éclatant en centaines de morceaux, ravivant en moins d’une minute la malédiction qui avait fait ma légende mais dont je m’étais débarrassée en toute impunité avec la lettre d’acceptation de mes nouvelles aux Editions Quadrature, je le rappelle ainsi en passant.

Vous m’excuserez donc, chers bloguistes et bloguiennes, si je noie un chagrin à peine oublié dont la réminiscence vient d’éclater au sol de ma détresse (oui, je sais ça ne veut rien dire, mais c’est joli) dans la consommation excessive d’une omelette norvégienne (inutile de préciser que je me la sers sans glace et sans œuf).

Adieu donc, de nouveau et à jamais (tot altijd en parler belgo-nordique)

* pleuré

** pleurnicheuse

 Zut, j’ai renversé le sucre de canne…

 

Ben quoi, kes ski ya ?

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L’article de ce soir sera résolument anti Saint-vous-savez-qui. En ce 14 février 2012, nous essaierons d’éviter le sujet du jour (je dis « nous » bien que nous suis seule, juste pour ironiser sur cette mascarade festive à deux).

Alors, parlons d’autre chose.

Ça y est, enfin, nous y voilà, les poules ont des dents, la semaine a quat’ jeudis, on n’y croyait plus : le froid s’en va, c’est incroyable ! Bon, il reste encore quelques troupes rebelles en région liégeoise, mais je peux le dire aujourd’hui sans rougir : la bise est morte. Je ne parle pas du bisou bien sûr. On ne parle pas de rapprochements labiaux aujourd’hui. Pour ceux qui n’auraient pas suivi, c’est le 14 février mais présentement, certains sujets sont tabous, c’est pourquoi je ne les mentionnerai pas.

RIP

Je disais donc : la bise polaire est décédée. C’est vrai, c’est quoi ce temps de m… au milieu de l’hiver ? A-t-on jamais vu des températures en dessous de zéro en plein mois de février ? C’est dingue ça. Le monde est fou, moi je vous dis, d’autant qu’on nous explique en édition spéciale du 20h pendant 47 minutes que ce froid exceptionnel en pleine saison hivernale est dû, tenez-vous bien, au réchauffement climatique. Ben quoi ? Kes ski ya ? Y’en a qui contestent ? Soit.

Happy face

C’est une bonne nouvelle tout de même. La facture de mazout va baisser.

Les SDF vont pouvoir rentrer chez eux. Oooh, cet élan de solidarité tout de même. Les couvertures, les soupes chaudes, les lits d’appoints, c’est magnifique. C’est dans ces cas-là qu’on voit à quel point l’être humain reste lui-même : ouvert, attentionné, altruiste, rempli d’amour. Haaaaaaa. J’ai dit un mot qu’il ne fallait pas dire. Pardon, mille pardons, je ne recommencerai plus. Vite un sujet pour ne pas parler de ce dont on ne doit pas parler aujourd’hui.  Ben quoi ? Kes ski ya ? Je fais ce que je peux, oh. Dalaï Lama !

Le Dalaï Lama vient à Huy fêter mon vingt-septième anniversaire au mois de mai. Oui, oui  (je sais elle est facile, mais je n’ai jamais dit que j’avais l’humour subtil). Si, je vous jure que c’est vrai. J’ai 27 ans.

Nostalgie

Dalaï et moi, c’est une longue histoire. On s’est connu en 59 lors de son départ pour l’Inde, où il a créé le gouvernement tibétain en exil. Je suis moi-même moine tibétain depuis 62 après avoir accouché de notre enfant, Tenzen Sankoukaï Séla Bataiï. Eu égard à son statut de plus haut chef spirituel du bouddhisme, considéré par la plupart des Tibétains comme une émanation du bodhisattva de la compassion, et par conséquent interdit de tout rapport charnel, nous n’avons pas pu garder le fruit de notre amour, aaaaaaaaahhhh, j’ai ripé. Désolé, juré craché, je ne le redirai plus. Voilà, je biffe la mention inutile sur mon ordinateur : amour, barré et je choisis un sujet neutre, dénué de toute connotation sexuello-sentimentale : Enrico Macias.

Ha non, je ne peux pas, c’est mon ex. Ben quoi ? Kes ski ya ? Oui, j’ai été mariée à un chanteur pied-noir, zaï zaï zaï zaï, et alors ? Ça gène quelqu’un ?

Je jette l’éponge

Oh, mais vous m’embêtez à la fin avec vos restrictions. J’ai essayé, j’ai essayé, j’y arrive pas. Cher public, chers lecteurs zé bloguistes, j’ai essayé pour vous d’éviter le sujet mais c’est pas possible. Tout est amour, on dirait. Même si je parle des phoques, je suis obligée d’évoquer leur sexualité. Les moules, c’est connoté. Les échecs, ça se joue à deux. Dans cuistax, il y a « cuisse ». Quand je vous dis que tout est love, sex et amour. Même les déboires de Whitney Houston nous ramène à la sempiternelle « and Iiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii will always love youuuuuuuu ». Ben quoi ? Kes ski ya ? Je chante faux c’est ça ?

Il ne me reste plus qu’à quitter la scène, la tête haute et à déclarer mon amour indéfectible au public qui m’est cher et qui me pardonnera cette entorse à l’omerta du jour.

Au revoir et à dada.

Ma vie d’écrivain maudit Chapitre 5

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Ma vie d’écrivain maudit : the end.

Ha mes amis, me voici enfin de retour. Oui, je sais, ce fut long et douloureux, telle une grossesse littéraire indésirée. Vous vous demandiez où diable j’avais bien pu m’envoler, si ma passion dévastatrice pour le mazarelli ou les Mon Chéri avait eu raison de mon âme, si mon suicide au tiramisu avait fait son œuvre.

Foule en délire

Hé bien non, je suis en vie. Ne hurlez pas, je vous prie, Madame, vous vous donnez en spectacle. MONSIEUR, rhabillez-vous s’il vous plait, nous ne sommes pas sur … hmmm, tournez-vous un peu pour voir. Mais c’est que vous êtes croquignolet… Heuuu, je m’égare. Fans en délire, je vous ai manqué, je le sais. Vos témoignages désespérés me sont parvenus et ont su toucher mon cœur. J’en ai dénombré au moins 2, dont celui de mon éditeur.

« Mais qu’entends-je, qu’entends-je ? Elle a dit mon éditeur ? »

OOOUUUUUIIIII, chers bloguistes zé bloguiens, la malédiction est enfin levée : mon recueil de nouvelles a trouvé acquéreur. L’extraordinaire et talentueuse maison d’édition Quadrature a accepté mon « projet » et me voici publiable en 2013, voire fin 2012.

Certains me diront de ne pas crier victoire, ni de vendre la peau de l’ours avant de l’avoir anesthésié (aucun animal n’a été maltraité dans cette rubrique) vu que 2012 a plus de chance de voir la fin du monde par explosion volcanique teuton que la parution de mon œuvre.

VIIIIIICCCCCCTOOOOOOOOOOOOOOIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIRRRRRRRRRRREEEE !!!!

Je crie si je veux, Monsieur.

Diète

En attendant, mon foie est en suspens. Après une overdose sylvestrienne à la méthode champenoise  à laquelle personne ne peut échapper, j’entre en cure comme en littérature. En effet, je compte bien me la péter en novembre 2012 dans tous les salons et autres rencontres littéraires, ce qui signifie que mon objectif principal dans les semaines à venir est de perdre 20 kilos.

Oui, je sais, en tant qu’auteur, je devrais avoir d’autres priorités, comme (je cite MON éditeur. Je dirais même plus MES éditeurs, puisqu’ils sont 8, dont 2 rien que pour moi, je vous expliquerai ça une autre fois, là, on parle de moi si vous voulez bien) revoir la structure générale du recueil, modifier la première nouvelle qui n’est pas du niveau exceptionnel de la seconde (enfin, exceptionnel, je l’ai ajouté, mais ils l’ont pensé tellement fort que je me permets), trouver un autre titre.

Quoi mon titre ?

Bon, d’accord, il y a plus réjouissant comme entrée en matière. Si vous ne vous suicidez pas après l’avoir lu, c’est que vous êtes déjà mort. Je cite,  « Le manège immuable des amertumes ». Cher public fidèle et assidu, je lance donc un appel aux propositions. Qui trouvera un titre moins dangereux pour la santé mentale de mes futurs lecteurs ?  Trois mots sont interdits : corde, anxiolytiques et crémation. Je le conçois, ça va être dur mais je sais que vous pouvez y arriver.

J’ai déjà demandé son avis à la maison d’édition parisienne « Le dilettante » qui m’a gratifiée, souvenez-vous, d’une lettre de refus insultante à souhait. Ils m’ont fait les propositions suivantes :

«  Laissez-nous tranquilles, Mademoiselle, nous ne sommes pas conseillers en marketing littéraire ». Mais je le trouve un peu long comme titre, non ?

Ensuite, ils ont suggéré à ma cinquième demande :

«  Allez-vous faire foutre avec vos nouvelles à la con, nous ne publions pas de belges bipolaires ». Mais j’ai trouvé que ça irait mieux à un roman d’Amélie Nothomb qu’à mon recueil.

Enfin, leur dernière proposition me semble la meilleure mais j’aimerais avoir l’avis de mes bloguistes. Que pensez-vous de :

«  Convocation au Tribunal Pénal de la préfecture de Paris XVème pour harcèlement moral par voie épistolaire ». J’aime assez. En tout cas, merci le Dilettante pour ces encouragements à vaincre enfin la malédiction de l’écrivain qui m’a tant brimée cette année.

Bref, ma vie d’écrivain maudit s’arrête ici.

 

 Toi, t’es mort.

Prix Renaudot des Lycéens !

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Haaa mes amis,

Voilà un bail, comme on dit, qu’on ne s’est plus lu. Je vais vous épargner mes journées de 32h. Aujourd’hui, en cette fin du monde postposée au siècle prochain (ou à 23h11, nous verrons bien), je n’ai pas envie de me plaindre.

Vous vous dites sûrement, en lisant mon titre : « ça y est, son talent est enfin reconnu, et ce, par un public des plus exigeants : les ados, nom d’un mucus (ma fille est en train de regarder « La princesse et la grenouille », pendant que je rédige, ça m’inspire) ».

En effet, si j’ai loupé le Goncourt et le prix Fnac, je n’ai pas non plus remporté le plébicite des lycéens. Faudrait que j’aie publié pour ça, et encore ! Non, non, toujours silence radio des éditions Quadrature. Mais je vis puisque l’espoir fait vivre.

En attendant, je vous fais part d’une petite lecture d’actualité : Rien ne s’oppose à la nuit, Delphine de Vigan, un roman sélectionné pour le Goncourt (depuis éjecté de la seconde sélection mais primé par la Fnac et par les lycéens du Renaudot, d’où le titre).

Selon moi, en ouvrant l’oeuvre (hmmm l’allitération assonantique…), je me disais qu’une autobiographie sur les rapports conflictuels entre une écrivain et sa mère bipolaire, suicidaire et cancéreuse n’intéressaient probablement personne. D’office, je ne voulais pas être touchée, ni pleurer, surtout pas aimer ce roman impudique, cette autofiction narcissique et nombriliste.

Et merde !

Je me suis fait avoir.

Comment rester insensible à cette quête intérieure bercée par la mort et la violence ? Dit comme ça, on fuirait d’emblée ce roman dépressif. Il ne l’est pas, ni indécent d’ailleurs même si l’auteur ne recule devant aucune vérité. L’humour et la lumière percent de temps en temps la nuit profonde du récit.

Mais bien plus que l’histoire de sa mère, de son enfance à son suicide, Rien ne s’oppose à la nuit est l’autobiographie de Delphine de Vigan elle-même. Toutes les douleurs destructrices de sa mère sont perçues à travers le prisme du regard de sa fille. La focalisation est bien interne et l’auteur tente de décrire sa propre compréhension de la détresse, plutôt que la détresse elle-même.

On peut toujours se dire ici : « Oui mais quel intérêt pour le lecteur d’assister à cette autopsie mentale et familiale ? ». On pourrait craindre le Delarue littéraire. Je n’ai pas résolu cette question, en effet. Ce qui m’a bouleversée, c’est l’intérêt porté à l’écriture salvatrice, vitale, déferlante. J’ai aimé ce rapport à la littérature nécessaire pour comprendre la ligne d’une vie. La démarche est passionnante pour quelqu’un qui écrit, comme moi. L’est-elle  pour un « simple » lecteur ?

En tout cas, ce n’est pas du Marc Levy, c’est toujours ça de pris.

Rien ne s’oppose à la nuit, Delphine de Vigan, Ed. JC Lattès, 2011, 436 pages, 19 €.

Rien ne s'oppose à la nuit

Blog blog blog blog …

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Ha mes amis, mais que vous m’avez manqué !

L’année s’est accélérée d’un coup, entre mes cours, mes ateliers d’écriture et la recherche inopinée d’une nouvelle voiture … d’occasion, suite à la défection de la précédente. Je profite d’une demi-heure de répit pendant la cuisson de mon célèbre moelleux au chocolat sans farine (une tuerie culinaire dont je suis seule à détenir le secret).

Petite impression littéraire de derrière les fagots.

A l’heure où je me fourvoie moi-même sur un blog (pour rappel : isabellebaldacchino.wordpress.com. Ha mais vous le savez, puisque vous y êtes), au moment où j’étale publiquement mon alcoolisme événementiel (une lettre de refus de maison d’édition et hop, une cuite au Mon Chéri), bref à l’instant où je suis particulièrement concernée par la chose, voilà que je tombe sur un roman de jeunesse intitulé : « Blog ». J’hallucine devant cette mise en abyme virtuelle. Waouaw, on parle de moi.

Ou pas.

Le héros de Jean-Philippe Blondel (l’auteur, si vous suivez bien) est un jeune adolescent qui tient un blog intime. Nous différons donc  par le sexe et  le sujet. En ce qui concerne l’âge, les divergences sont infimes. Je suis une fleur de printemps, tout le monde le sait.

Résumé apéritif (5 points)

Le narrateur est un ado de 15 ans.

Aïe, déjà je me dis : « ça va pas le faire », comme disent les jeunes. Effectivement, ça commence mal : le narrateur étale sa mauvaise humeur sur deux chapitres. « Ouh lala que je suis très fâché, mon papa a lu mon blog. C’est pas bien et gnagnagna, il m’a violé ». Oups le mot est lâché : viol virtuel. Je me dis : ça va me brouter si on tourne en boucle autour d’un crime qui n’en est pas un, même si je comprends qu’être lu par son parent alors qu’on ne lui a rien demandé  peut mener à une colère extrême (maman, si tu nous écoutes…).

 Le jeune homme décide alors de ne plus adresser la parole à son père, ce qui flingue à bout portant toute l’atmosphère familiale.

Et puis un soir, une caisse apparaît devant la porte du narrateur, avec un cutter. On se doute évidemment de qui ça vient et ce qui s’y trouve. La question, c’est : « ouvrir ou pas ? ». Et si c’était la boîte de Pandore ?

Il finira par l’ouvrir. Evidemment.

Avis personnel (5 points, 1 point par argument)

Et là c’est la surprise. Alors qu’on s’attend à une caricature du langage djeuns ou à une critique des dérives du net, on se retrouve embarqué dans un roman d’apprentissage. Un ado, à l’aube de sa vie d’adulte, qui s’interroge sur la filiation, l’intimité, le secret.

J’en ai retenu un roman très touchant, nuancé, dont le message, s’il y en a un, est que la communication est la clé des rapports humains, qu’il faut s’ouvrir à l’autre pour se connaître soi-même, que la rupture est salvatrice, mais que la réconciliation est nécessaire.

Le blog, en fait, est un sujet secondaire ; ce sont surtout la confidence, la confiance et la parole les véritables sujets du roman.

Donc, avis positif pour « Blog », de Jean-Philippe Blondel, aux éditions Actes Sud Junior.

Rien à voir

Ceci étant dit, j’en profite pour vous faire part d’une découverte récente.

Sur mon blog wordpress, je peux voir les recherches Google des internautes qui ont mené à mon blog. Par exemple, si vous tapez « J’ai essayé pour vous » ou mon nom complet sur Google, vous risquez d’atterrir chez moi.

Jusque là, rien d’étonnant. Mais d’autres prospections internautaires sont plus étranges.

Voici un petit inventaire étonnant et non exhaustif de ces recherches (avec les fautes dans le texte) :

  • Derrick (jusque là, rien d’anormal)
  • blog secret de famille
  • la carte d’identité de babouche et dora
  • grosses femmes nue
  • fanny jandrain poitrine
  • bonnet a poil
  • la poitrine de fanny jandrain
  • cest quoi les impressions littéraires?
  • cefor cuisine
  • fetichiste foulard
  • lettre de refus de pocket jeunesse
  • un raton m’a fait rater ma rentrée
  • monia houdart rendez vous  
  • récits fouet seins
  • j’arrete jouer euromillions
  • baleine de soutien gorge
  • fourreau dans plot beton pour poteau
  • gang bang 2011 mons
  • fée arc en ciel magique
  • collants agression
  • mons chiot a donner
  • controle technique 9 mois de retard
  • taille haie carrefour avis
  • jambes écartées d’isabelle
  • isabelle strip teaseuse
  • la cape de coiffure en nylon chez la coiffeuse  

Je vous laisse méditer sur tout ça, vous qui voguez sur mes articles par consentement volontaire.

Bip bip, bip bip, ha ! mon gateau est cuit. A bientôt pour de nouvelles aventures. 

 

 

Mais quelle horreur !

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Amis bloguistes et bloguiennes,

Nous voici un pied dans le mois d’octobre et le soleil nous colle, cet avorton, alors qu’il ne nous a pas donné de nouvelles pendant tout l’été. Moi, je vous dis, je lui fais un peu la gueule, genre je me sers un café et je ne lui demande pas s’il en veut un.

Bon, j’avoue,  aujourd’hui,  je me réconcilie avec lui. Faudrait pas qu’il prenne la mouche et qu’il nous refasse le coup pourri de Juillet.

Radio Gaga

Hier, alors que j’avais mis la clim à fond dans la Nissan Note de mon papa (oui parce que ma Toyota a rendu l’âme au niveau de la roue avant droite et comme elle est archi rouillée de l’intérieur, impossible de rempl… Vous vous en fichez ? OK d’accord, je passe mon chemin).

Hier donc, je ramenais sa voiture à mon père qui me l’avait prêtée, vu que ma Toy… BREF, j’écoutais Bel RTL, parce mon père, il a bloqué le radio-CD sur Bel RTL et il ne sait pas comment… Je parle beaucoup de ma vie privée, non ?

Je suis tombée par hasard sur le pauvre Thomas Van Hamme, ex-poulain de la RTBF et nouvellement passé à la concurrence sur RTL, en reportage dans les allées de Disneyland Paris. En effet, le célèbre parc à princesses entame son marathon de 31 jours sur les traces de ce satané Halloween. Et de décrire la parade des méchants, et d’interroger les gniards sur leur sorcière préférée. Paaaaaauvre pauvre  pauvre Thomas Van Hamme, je disais donc. Je persiste et signe.

Par solidarité avec lui, je me suis improvisée une mission d’empathie expérimentale : « J’ai essayé pour vous guide au musée des horreurs ».

Salle 1

Et des monstruosités sur terre, il y en a ! A commencer par la panoplie obligatoire de toute déco qui se respecte en temps de festivités potironnes.

Le comble du mauvais goût, c’est de d’habiller toute sa façade en orange et noir. Et qu’on ne me dise pas que c’est pour les enfants. Ma fille ne fait pas de dépression annuelle si j’oublie par inadvertance de parsemer des squelettes cliquetants, des araignées dans leur toile, des potirons pourris, des sorcières poussiéreuses et des fantômes grimaçants dans l’allée du garage. Et le fait qu’elle soit exceptionnelle n’y est absolument pour rien.

Hasta siempre !

JE REFUSE de céder à cette dictature de la laideur. Ceux qui s’y sont soumis, ce sont les mêmes qui pendent le père Noël à leur balcon. Vous savez, ce machin informe, rouge et blanc, gorgé de pluie qui tente vainement de rentrer par effraction un éternel 24 décembre.

Père Noël / chauve-souris, même combat : beuheuaaargh (bruit de vomi).

Sujet tabou

Mais enfin, passons sans transition à la salle 2 de mon musée imaginaire de l’horreur.

A votre droite, la biosphère de Saint-Ghislain, petite ville coquette de Wallonie hennuyère. Je vous invite à faire une recherche internet sur l’objet : OMERTA ! Que ce soit sur le site officiel de la ville ou sur « internationale_sculpture_du_monde.com », point de trace de ce que tout le monde dans la région  appelle (et pardonnez-moi d’avance cette petite vulgarité) « la couille suspendue de Saint-Ghislain ».

Enfin, suspendue c’est beaucoup dire. Disons que la chose ressemble à un testicule de 2 mètres étiré vers le haut. Est-ce qu’il flotte ? Est-ce qu’il est centrifugé vers la lune ? Mystère…

Même moi, qui ne suis pas pourvue de ces attributs sphériques, chaque fois que je tourne autour (oui, la sculpture est plantée au milieu d’un rond-point près de la gare. On aime bien décorer nos ronds-points en Belgique), chaque fois donc, … j’ai mal.

Loulou, c’est moi

J’aimerais maintenant aborder un sujet délicat : un certain choix capillaire du moment, bien connu de toute Pina qui se respecte, tendance évolutive de la coupe Victoria Beckham. Les médisants évoqueront les putafranges. Souvenez-vous, en 2008, le monde de la mode adhère à une secte bien étrange : les adeptes de la coupe Dora l’exploratrice. A l’époque, notre  copine la plus fashion ressemblait à la fille cachée de Dora et du Playmobil chef de chantier. Vous imaginez ? Dora, seulement vêtue de son sac à dos, ondulant sur la chanson mélodieuse de la carte, devant un playmobil en rut. Aaaahhhhh, quelle horreur ! Aujourd’hui, Dora s’est laissé pousser les cheveux. Restent la frange qui ampute les sourcils et … le dessin animé, bien sûr, une épouvante à lui tout seul. 

Horrific !

Une petite fille de 8 ans, fan d’Anna Wintour, qui traîne dans les bois avec un singe à bottes rouges au lieu d’aller à l’école, qui branle rien de ses journées  qu’à courir après des bulles de savon ! Oui, je suis vulgaire, oui ! Mais cette série est complètement immorale, ça me met hors de moi.

Qui c’est qui fait tout le boulot pendant que la petite se bourre le foie de myrtilles ? Qui ? Qui ? Mais votre enfant bien sûr !

  • « J’ai besoin de ton aide »
  • « Lève les bras et tire. Tire. Tire. »
  • « Allez, rame. Rame. Rame. »

Non mais franchement, c’est de l’exploitation pure et simple, du pédo-esclavage organisé. Et qu’est-ce qu’il récolte l’enfant en guise de salaire ? Un odieux et souriant : « Merci de ton aide, nous n’y serions jamais arrivés sans toi ». HONTEUX !

Et je ne vous parle pas de Chipeur, renard à l’accent vaguement italien, kleptomane de formation (ben tiens !), ni de la carte, le compagnon homosexuel de Sac à dos.

Dès que mon billet est rédigé, j’appelle la protection de l’enfance.

La clé, la clé !

Des horreurs télévisuelles, il y en a à foison. Je ne pouvais rédiger cette chronique sans évoquer un musée de l’étrange à lui tout seul : Fort Boyard. Autant vous le dire tout de suite (et je dis souvent « autant vous le dire tout de suite »), je n’ai jamais rien compris à ce jeu :

Des candidats qui courent dans un château sur pilotis, à la recherche de clés dissimulées sous des rats ou dans une mygale, qui à peine entrés dans une salle de torture, s’entendent hurler : « Sors, SORS, SOOOOOOOOORS », qui ne comprennent rien aux énigmes du père Fouras, qui sont faits prisonniers à leur grand désespoir, puis libérés, puis re-prisonniers mais volontairement, qui au bout du compte échouent à toutes les épreuves, mais qui gagnent toujours à la fin, suite à la résolution d’une énigme insondable digne des plus grandes heures d’un autre jeu mémorable : Pyramide.

–        Alors, vous avez « chiffon », « boudin », « clafoutis ». Vous pensez à quoi ?

–        Blablabla, on pense à « morue », Olivier.

Et les pièces tombent. Toujours.

Là où je décroche vraiment, c’est sur l’intérêt de gagner.

Ils gagnent des boyards ! Ça sert à quoi, les boyards ? A acheter des scorpions en Boyardie, le pays où le premier ministre de la reine Blanche-Neige s’appelle Passe-Partout ?

Parlons-en de Passe-Partout.

Non, rassurez-vous, je ne basculerai pas dans l’humour malsain sur les personnes de petite taille. Ce qui me choque réellement dans Fort Boyard, c’est comment on lui parle, au petit gars. Privé de parole, on lui accorde juste un face caméra, tous doigts levés dès qu’une clé a été décrochée.

Et Olivier Minne s’adresse à lui comme à un gamin de 5 ans pas assez rapide : « Allez, vite vite vite, Passe-Partout, on te passe devant, tu nous rejoins et si tu te perds, demande ton chemin à la carte, hahaha »

Pauvre Passe-Partout…

Inventaire

Je crois qu’il est temps de terminer cet article par toutes les horreurs auxquelles vous avez échappé :

  • Mon accouchement
  • Les bricolages de ma fille pour la fête des mères
  • L’épisode 198 de l’inspecteur Derrick
  • Les rediffusions de la guerre des voisins dans feu « Sans aucun doute »
  • L’assassinat d’un anguille avec objet contondant par Maïté
  • Les knakki balls au coulis de framboise de mon amie cuisiniste Ute
  • La pub pour la lotion contre les mycoses sous les ongles de pieds
  • Et bien sûr, la plus célèbre réplique de l’exorciste : « Ta mère s… biiiip des biiiiip en enfer »

Happy Halloween un peu à l’avance et … à dada.