Archives Mensuelles: août 2011

Critiquer Marc Levy, ha c’est facile hein ça !

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Samedi, c’est Marc Levy

Ha quel dilemme ! Ce week-end, j’ai hésité longtemps entre lire un bon vieux Marc Lévy (pas le dernier, mais l’avant avant antépénultième) ou revoir en DVD Avatar. Entre James Cameron qui assassine Disney en violant Pocahontas dans le champignon du Grand Schtroumpf et Marc Levy qui assassine Barbara Cartland en violant Hugh Grant sur le canapé rouge de Drucker, mon cœur a balancé.

Soudain, j’ai tranché et j’ai choisi Marc Levy (ne m’asticotez pas, il n’y a pas d’accent à Levy). Tiens, ça me rappelle Sandra Kim, la seule gagnante belge de l’eurovision. Si je ne m’abuse, elle a remporté le grand trophée de la chanson avec « J’aime LE vie ». Si, si, je vous invite à vérifier ici, à 34 secondes.

Ha, elle chante bien « J’aime LE vie », je ne suis pas folle ?

Oui mais lequel ?

Que bref, j’ai donc une heure à perdre avec un Marc Levy, et là, je me retrouve devant un paradoxe existentiel : lequel choisir ? Surtout que le temps que je me décide, il va sûrement en écrire 4.

De plus, que dire de neuf et de méchant sans paraître communautaire et prétentieuse ? Ceci dit, Marc Levy n’est pas une petite chose fragile, les yeux embués de larmes et surtout, il ne lira probablement jamais mon post. Alors, lâchons-nous ! Marc, prépare-toi à mourir, même si tu as déjà été assassiné cent fois et que c’est tellement facile de critiquer celui dont on aimerait avoir la vie  (j’ai vraiment dit ça ?)

Alors, soyons honnête tout de suite, je ne suis pas au fait de l’actualité. Je n’ai pas lu L’étrange voyage de Monsieur Daldry. Dépenser 21€ pour le plaisir de démonter un sous-Alchimiste à Génoa City où, j’en suis sûre, l’héroïne qui court le monde comprendra à la fin que l’homme de sa vie est son voisin de palier, faut pas déconner. Je me suis donc contentée d’un bon petit Pocket à 8€ (pas donné tout de même) : Toutes ces choses qu’on ne s’est pas dites.

Haaaa les titres de Marc Levy

C’est tout un poème. Lisez-les d’une traite avec tout le talent qui vous caractérise et vous avez presqu’un sonnet parfait.

Je vous les donne, comme ça, c’est cadeau. N’ayez crainte, il n’a publié que douze romans, ça va aller vite. Lancez-vous, à voix haute, avec interprétation :

  • Le Premier Jour
  • La Première Nuit
  • L’étrange voyage de Monsieur Daldry
  • Le voleur d’ombres
  • Toutes ces choses qu’on ne s’est pas dites
  • Mes amis, mes amours
  • Les Enfants de la liberté
  • Vous revoir…
  • La Prochaine fois
  • Sept jours pour une éternité
  • Où es-tu ?
  • Et si c’était vrai…

Synopsis ou comment on regrette de n’avoir que bac +4 pour comprendre l’intrigue

Quand on lit un roman de l’ex-architecte infographiste (non, non, il n’y a pas de bug dans sa biographie), on se plonge sans retenue dans un film de Jennifer Aniston qui jouerait la sœur jumelle de Julia Roberts au mariage de Meg Ryan. D’ailleurs, l’héroïne du récit qui nous occupe aujourd’hui s’appelle … Julia ! Bingo.

Elle prépare son mariage. Les premières pages s’ouvrent donc sur la scène où Julia… à votre avis, qu’est-elle en train de faire ? Elle essaie sa robe de mariée, pardi. Re-bingo.

Son meilleur ami l’aide dans cette tâche pseudo-romantique. Quelle est la caractéristique principale d’un meilleur ami qui a une vision très précise du dernier cri en matière de mode matrimoniale ? Allez, je vous mets sur la voie : il appelle sa vieille copine « ma chérie ». Il est…, il est… ? Gay ! Re-re-bingo.

Donc, son meilleur ami, Stanley, est gay et a du goût vestimentaire. Il ne tient pas une boutique de fringues, mais un magasin de … ? De… ? D’antiquités ! Sans blaaaaaaaaague.

Et bien sûr, Stanley, homme raffiné, surtout pas efféminé (ne tombons pas dans les clichés) a vécu un drame dans sa vie. Lequel ? Hein, hein ? Il a perdu l’amour de sa vie, mort d’une terrible maladie contemporaine qui ne touche pas que les gays, sauf que ça, Marc Lévy l’a occulté. Alors, alors, la terrible maladie ? Ouiiiiiiii, le sida !

Est-ce possible de réunir autant de poncifs psychologiques dans un seul personnage ? Et oui, Marc Levy l’a fait. Marc Levy n’a peur de rien. Je suis sûre qu’il a déjà contacté Rupert Everett pour l’adaptation cinématographique.

Revenons-en au résumé de l’histoire. Accrochez-vous, ça se corse. ATTENTION SPOILER (hahahaha, qu’est-ce que je me fais rire).

Le père de la jeune fille meurt et l’enterrement a lieu le jour du mariage, qui est donc annulé. Après les funérailles, Julia reçoit une caisse étrange de laquelle surgit le clone robotisé de son père pour lui offrir six jours de rab’ sur une vie d’absence. Après quelques dialogues de toute beauté, Julia accepte cette invraisemblance James Cameronnienne et parcourt le monde avec ce père détesté sur les traces de son premier amour. Tomas, disparu à Kaboul lors d’un grand reportage sous les bombes, Tomas qui, en fait, n’est peut-être pas si mort que ça.

Ouh, le sens du suspense. Vous êtes tous pendus à mon clavier : Julia va-t-elle retrouver son premier amour et retomber dans ses bras comme vingt ans auparavant lors de la chute du mur de Berlin (si, il a osé) ? Va-t-elle se rendre compte qu’elle s’engageait dans une voie de garage avec le pauvre fiancé, Adam, fade mais si compréhensif ? La première intuition que vous avez eue lors de l’ouverture de la caisse et des premières explications sur la mécanique compliquée du clone éphémère du père décédé va-t-elle trouver sa confirmation à la fin du roman, à savoir que le père , rongé par le remords d’avoir caché une lettre de Tomas, alors que le monde entier le croyait explosé sur une mine en Afghanistan n’est pas vraiment mort lui non plus et a joué la comédie du robot pour envoyer sa fille réparer sa vie perdue?

Et bien oui, contre toute attente, l’amour triomphe de tous les obstacles et Carrie Ingalls peut tomber paisiblement dans sa prairie fleurie : les gentils gagnent toujours à la fin. Même s’il n’y a pas de vrais méchants chez Marc Levy. James Cameron les avaient déjà recrutés pour Avatar et ils se sont bien fait niquer en 3D par les très très gentils écolos ethniques extraterrestres hurlant «Youyouyouyouyou ».

Moi je dis, à quand un roman de Marc Levy adapté à l’écran par James Cameron ?

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Inviter de nouveaux lecteurs sur son blog

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Les copains, c’et cool, ils viennent voir votre blog, traînent un peu, boivent un verre, laissent un com de temps en temps, envoient un mail surtout. Mais il y a aussi tous les autres, les inconnus, qui ignorent encore votre immense talent d’écrivain maudit ou de testeuse du réel. Pour les inviter, il faut « booster » son blog. Allez, hop, j’essaye.

Pour les blogueurs que ça intéresse, RDV sur http://www.boosterblog.com

Petite leçon de linguistique ascensionnelle

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 Amis bloguistes et bloguiennes,

Je dois vous faire un aveu. Je suis à sec : plus rien de poétiquement valable ne sort de ma plume. Je pense alimenter prochainement les colonnes de Ma vie d’écrivain maudit, en espérant ne pas tomber dans un coma éthylique, assaillie violemment par ma flasque de Mazarelli.

Par contre, je me sens en verve olympique pour tester à tout va. Me voici donc en pleine recherche linguistique. Mon article portera sur les locutions idiomatiques, voire idiotes, les proverbes inversés et les maximes sans fondement. J’ai essayé pour vous les expressions populaires inconséquentes.

A la guerre comme à la guerre

Commençons sans plus attendre par le thème même de ce paragraphe, comme son titre l’indique subtilement : « à la guerre comme à la guerre ».

Dites, franchement, qu’est-ce que ça signifie cette expression, allez ? À la guerre… évidemment que c’est comme à la guerre. A la guerre, ce n’est pas comme dans … les pissotières avant une heure du matin (référence à  Pierre Louÿs qui a bien connu … les pissotières). Vous voyez ce que je veux dire, quoi.

Cette expression est ce qu’on appelle un « pléonasme », c’est-à-dire une répétition de ce qui a été énoncé.

Illustrations

Dans la famille « redondances inutiles », nous avons :

–          Appelons un chat un chat.

–          Je l’ai vu de mes yeux, voire « je l’ai vu de mes yeux vus ».

Je vous épargnerai le commentaire salace du style : « Tu veux le voir d’où, de ton … ? ». Non, non, non, évitons toute vulgarité dans cette rubrique, nos bloguiens sont distingués, nos bloguistes sont bath. Passons plutôt à la plus célèbre répétition tautologique animée : « J’suis la carte, J’suis la carte, J’suis la carte, J’suis la carte, J’suis la carte, J’suis la carte, J’suis la caaaaaaaaaaarte ».

 Explication

Cette auto-définition multiple a son sens évidemment. Elle permet l’identification indubitable du feuillet sautillant hors du sac à dos de Dora l’exploratrice. Mais quelle pédagogie ! Merci, messieurs les scénaristes et autres dialoguistes invétérés, « nous n’y serions jamais arrivés sans vous ».  

Notons au passage que dans la même série, au cas où il nous aurait échappé que le renard masqué s’apprête à tout moment à voler le doudou couineur de Babouche ou le ruban adhésif à paillettes (oui Dora ne dit jamais « papier collant » ou « scotch », elle hurle « ruban adhésif », « ruban adhésif », « ruban adhésif » pendant tout l’épisode où Totor se trouve dans un ballon dirigeable qui est en train de se dégonfler et … heuuuu, je vous jure que je ne suis pas fan). BREF, Chipeur, le renard donc, a droit aussi à son pléonasme patronymique, accompagné d’un formule identificatoire de ses activités illégales : « Chipeur, arrête de chiper, Chipeur, arrête de chiper, Chipeur, arrête de chiper ».

Applaudissons la manœuvre didactique.

Mais revenons à nos moutons.

Tiens, en voilà une expression qu’elle est belle. Celle-ci a une étymologie culturelle, directement héritée du Moyen-Âge, depuis La Farce de Maître Pathelin. Je n’en parlerai donc pas ici. On ne va tout même pas faire de l’érudition sur mon blog, quelle horreur !

Un peu de sociologie, que diable !

Ceci dit, en parfaite dialectologue que je suis, je me suis penchée sur les formules sociales.

Au cœur de notre quotidien, certaines locutions nous permettent de maintenir des liens verbaux absolument superficiels avec la population qui nous entoure. Par exemple, au détour d’un trottoir, lors d’un rencontre inopportune entre deux ménagères de moins de 50 ans ou dans le couloir de la DRH qui mène aussi à la machine à café,  nous pouvons entendre ceci :

–          Bonjour, ça va ?

–          Ça va. Et toi, ça va ?

–          Ça va, ça va, et toi ?

–          Ça va.

Mais que se passe-t-il si l’un des deux protagonistes répond : « Non ça ne va pas » ?  Malaise ? Compassion ? Lueur d’intérêt ?

Absolument pas ! Tout le monde se fiche de la réponse. Personne ne s’attend à une vraie réplique. Chacun est déjà au bout de son chemin. C’est horrible la vie, oui.

Le bon sens populaire.

Parfois, un espoir relationnel surgit quand on a tout perdu.

C’est le cinquième jour du mois et vous êtes déjà en négatif ?

Votre patron vous a habilement suggéré que vous étiez une sous-merde ?

Votre conjoint(e) (votre chat en fait) n’est pas rentré depuis 13 jours ?

Il n’y a plus de mazarelli dans le frigo ?

Vous êtes au bout du rouleau ?

Heureusement, Nadine et Georgette sont là, prêtes à relever le défi de vous sortir du marasme psychologique où vous êtes plongé :

GEORGETTE : Bah, tant qu’on a la santé, Madame…

NADINE : C’est le principal.

Aaaah, le bon sens populaire…

Truculences (inter)nationales

Dans le genre populaire, mon expression favorite est celle qui marque si finement, si élégamment, l’étonnement louviérois, le borain, le montois aussi, voire le carolo. Ami français, prends note, ceci est un petit bijou wallon du meilleur cru. Attention, prêts, partez :

–          Min ouais ? T’inwane ?

Traînez un peu sur le –wane, en accentuant le côté guttural du a.

Quelle poésie, quelle truculence. Même les allemands nous envient cette cocasserie drolatique. Et pourtant, nous sommes loin d’égaler la gaillardise pittoresque du plus beau représentant outre-rhénan dont je suis la plus proche parente. Ceux qui me sont fidèles savent très bien de quel père biologique caché je parle. Je veux bien sûr évoquer le burlesque et tant regretté Derrick et son célèbre :

–          Vite, Harry, enfile ton paletot, nous sortons. Un crime a été commis à la Bundestrasse.

Recensement linguistique inédit.

Sans transition, je voudrais vous faire partager une toute nouvelle découverte locutive. Chaque jeudi soir, je prends des cours de cuisine au CEFOR de Namur. C’est là que j’ai appris qu’un beignet de fromage mal pané pouvait, prise de note SVP , « chier dans la friture ».

Depuis, j’ai adopté l’idiome pour toute situation conflictuelle génératrice de mauvaise humeur.

Exemples :

MOI : Chéri, tu pourrais juste mettre ton bol de frosties usagé DANS le lave-vaisselle, plutôt que SUR le lave-vaisselle ? Tu sais, ça ne demande pas un effort surhumain : tu ouvres le lave-vaisselle … 

LUI : Ouais, ça va, ça va.

MOI : Oh, tu me chies dans la friture à la fin !

Oui, je sais, c’est un peu disproportionné comme réaction, mais je suis assez soupe-au-lait sur le sujet vaisselle. Laissons donc de côté les querelles domestiques et gardons notre entrain.

Petite leçon de dialogue courant.

Pour terminer, en bonne copine des situations extrêmes, je vais vous dicter une série d’expressions à replacer habilement dans la conversation, sans en avoir l’air.

BIC-FEUILLE-DICTEE

1)      Si vous êtes un ado post-boutonneux, néanmoins pré-dépucelé, en rébellion contre vos parents qui ne comprennent rien à vos revendications existentielles néo-artistiques, osez le « Oh ça va, excuse-moi d’exister ».  Claque dans la tronche assurée, hmmm, ça fait du bien quand ça fait mal.

2)      Le « du tout du tout »

Si vous êtes hôtesse à la caisse centrale du Carrefour, à la personne qui vous demande : « Dans quel rayon puis-je trouver une aléseuse portative avec rechargement automatique ? », vous répondez : « On n’a pas ça ici, Monsieur ». Systématiquement, le client enchaînera : « Du tout, du tout ? ». Poliment, réutilisez la même locution négative : « Du tout, du tout », plutôt qu’un agressif « Si, Duschmol, j’en ai 24 tonnes, des aléseuses portatives avec rechargement automatique, mais ta face ne me revient pas. Du tout, du tout ! »

Le « du tout du tout », expression d’insistance inutile volontairement redondante.

3)      A votre copain qui s’est empalé sur le taille-haie alors que vous vous retourniez pour lui dire bonjour, tentez le « Mais tu fibrilles, préparez-moi une voie centrale, 10ml de morphine et une ampoule de lidocaïne. Si la trémulation est trop rapide, je lui injecte de l’hématropine ».

Aaaah, une bonne petite expression médicale de derrière les fagots, ça fait toujours plaisir et vous avez l’air intelligent pour une fois.

Bien sûr, j’aurais pu terminer par une analyse de la plus célèbre réplique de l’histoire des salles obscures, empruntée au monument de l’horreur cinématographique, « L’exorciste », qui commence par « Ta mère » et finit par « en enfer ». Mais non, ne cédons pas à la facilité et au racolage honteux.

Je vous quitterai donc avec la locution qui fait désormais ma renommée planétaire :

A bientôt et à dada.

  Merci à Robert, pour son incroyable disponibilité en cette haute saison des aléseuses portatives.

Honteux copinage

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Au détour d’un forum, j’ai fait la connaissance de Christine Muller, alias Poil de plume, auteur acerbe, drôle et impitoyable. Jeune auteur de moins de quinze ans qui écrit un roman de vampire avec des fautes d’AUrthographes mais c’est pas grave parce tu as du talent c’est vrai ta cousine elle adore ton premier chapitre, ne croise pas la route de Christine sur un forum ou tu risques de finir avec une plume d’argent plantée dans le cœur.

Bref, je suis encore en vie. D’échanges en commentaires, de conseils avisés en messages, un personnage virevoltant s’est dessiné dans mon écran. Et voilà que Poil de plume me dévoile en exclu la couverture de son prochain roman.

DONC, pour faire plaisir à qui ça fera plaisir (auteur, lecteurs, compagnons de forum), je partage. La voici, la voilà :

 Cliquez pour agrandir

Le roman paraît le 11 octobre chez Le Verger. Je ne doute pas que l’humour et le hors d’haleine seront au rendez-vous.

Où sont les femmes ?

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Bon autant vous le dire tout de suite, je ne sais pas où sont les femmes. Et je m’en fous. Moi ce que j’aimerais bien savoir c’est : « où sont mes deuxièmes chaussettes ? ». C’est vrai, non ? C’est quoi cette manie de la deuxième chaussette qui se fait la malle (à linge) toute seule abandonnant à son triste sort sa moitié, obligée, elle, de se taper un tour de lessiveuse en solitaire ? Et c’est d’autant plus flagrant pour moi que j’ai une fille de six ans.

Ma fille, elle a des chaussettes roses unies, des mauves à petits pois, des rayées rouge et orange, des chaussettes avec Hello Kitty qui sourit, avec Hello Kitty qui a des lunettes de soleil, avec des toutes petites Hello Kitty plein partout, ou avec une grosse Hello Kitty sur la cheville, et je vous épargne l’inventaire des chaussettes princesses ! Bref, j’ai toute une panoplie de chaussettes inassortables avec d’autres. Elles vont par paire. Et ne leur en demandez pas plus. Si vous en perdez une, l’autre est veuve et il est hors de question de camoufler la chaussette « Hello Kitty tout plein partout » avec la chaussette bleue à fleufleur. Si je fais ça, ma fille me renie, me désavoue, me DENONCE à la brigade des STUP (Brigade des Suspects de Tentative d’Union libre des Pieds).

Alors que les collants, eux, ils restent bien tranquilles dans leur tiroir, tout au fond, deux par deux, reliés par le centre. Bon les collants aussi, ils ont leur trip pour enquiquiner la ménagère : le trou. Vous pouvez avoir 42 collants nouvellement achetés. Il y en a toujours un qui cache son petit trou bien vicieux, celui que vous ne voyez pas en mettant vos bas le matin mais qui vous saute aux yeux une fois sur le parking du boulot. Il est là juste au-dessus du genou. Il fallait plier la jambe pour le voir et maintenant que vous l’avez vu, vous ne pouvez pas vous empêcher de le tripoter, de mettre un doigt dedans, de le trifouiller et de l’agrandir. Haaaaaaaaaaa, c’est un cauchemar.

Vous l’avez compris, chers bloguistes, aujourd’hui j’ai essayé pour vous de résister à l’agression des objets contre la ménagère de moins de 50 ans et accessoirement de 36 ans. Et c’est pas facile !

D’abord, nous les filles, pour combattre le bas qui file, on a des trucs magiques et infaillibles. Pour ne plus entendre cette phrase insoutenable « Meeeerte, j’ai une flèche » : on met du vernis à ongles sur le trou. C’est génial. D’abord ça ne se voit pas du tout, du vernis rouge sur les bas noirs. Ensuite, ça ne colle pas à la peau, ça adhère. L’idéal ce serait de vernir tout le collant. Pas de flottement, pas de frottement. Parfois, nous les femmes, nous aspergeons le trou avec de la laque pour les cheveux. C’est génial, on a l’impression de sortir du coiffeur des jambes. L’inconvénient dans tout ça, c’est que le bas file quand même mais bon, ça c’est un détail.

Vous ai-je déjà parlé de la baleine de soutien-gorge qui s’échappe sournoisement de son bonnet C et qui se plante dans un des trous du tambour de la machine à laver ? Vous avez beau la chercher avec une main fébrile, elle se planque la traîtresse. Mais quand la lessive est lancée, elle se pointe perfidement hors de son tambour et elle attaque vos t-shirts, vos petites jupes en coton, les bas que vous allez mettre demain sans savoir qu’ils sont troués, vos pulls chaussette. Haaaa elle est là la chaussette baladeuse, elle copule avec votre pull pour exciter la baleine. Partouze dans la buanderie !!!!

Excusez-moi, tout ça me rend dingue.

Qui m’expliquera pourquoi la veille je fais le plein de sous-vêtements propres, la vaisselle d’une semaine pendant 4h, le tri dans les jouets de la petite,

Et que soudain, mon homme me dit « ya plus de caleçon »,

soudain, la vaisselle de la semaine est réapparue sale et bravache sur mon plan de travail,

soudain, Kiki, le chien en peluche géant se retrouve sur MON canapé avec un bonnet de piscine sur la tête et des brassards aux pattes,

soudain Barbie fait un concours des chefs avec la dînette de Minnie devant les 3 membres du jury : Kiki Weissmuller, Bélinda la tête à coiffer et le pet shop 1419, TOUT ÇA AU MILIEU DU SALON ???

Qui me dira pourquoi les coins de meuble s’attaquent toujours à mon petit orteil, pourquoi quand je me relève violemment de ma recherche du tire-bouchon dans le tiroir du bas où il est toujours rangé sauf quand j’en ai besoin, les armoires sont ouvertes et se lancent sur mon crâne ?

Qui sait pourquoi la housse de matelas se barre toujours de mon côté et pourquoi je me réveille avec la marque Epéda tatouée à l’envers sur ma joue ? Pourquoi quand je veux sentir le parfum d’un gel douche au supermarché, le savon m’explose à la gueule ? Pourquoi quand je vais dans une pièce … je ne sais plus pourquoi j’y vais ? Pourquoi je garde tous les boutons de rechange accrochés à la doublure des vêtements alors que dans deux semaines ces mêmes vêtements vont se faire attaquer par une baleine dans la boîte à partouze de ma buanderie?

Lecteur, si tu prends l’article en cours de route, tu ne peux pas comprendre cette dernière phrase.

Bref, je crois que ma maison est vivante, les objets sont contre moi. J’ai peur.

Dites…

je crois que mon GSM me regarde.

Quoi ? Qu’est-ce que tu veux ? De l’anti-puce ?

GSM / Puce, humour… ok ! Je vais me retirer, je vais faire une retraite je pense, en pleine campagne. Je mangerai des racines et des graines. J’ai besoin de repos. Deux mois de vacances scolaires, ce n’était pas assez. Je vous dirai dans quelques temps si j’ai rencontré des moines tibétains ou des nains de jardin.

J’y vais.

A bon lecteur, salut et à dada.

Journal d’écriture 2

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Doute….

Ma voici fin prête à envoyer mon manuscrit.

Je l’ai relu, pas de fautes, de belles tournures de phrases, de grandes métaphores, des histoires à couper le souffle (enfin surtout la quatrième…)

Quinze nouvelles sur nos quotidiens cruels, où l’ennui répétitif des jours côtoie l’horreur la plus sordide.

Tous ceux qui les ont lues les trouvent absolument époustouflantes : mes amis, mes parents, mon chéri, ma fille, mon chien…

Enfin… je n’ai pas tant d’amis que ça. Et ils ne se jettent pas par terre devant mon talent camusien de peinture  de la profondeur de la vie et mon sens proustien de la grammaire poétique. C’est possible, des amis pareils ?

Mes parents ? Ne l’ont pas encore lu. De toute façon, tant que je ne passerai pas à Apostrophes, ma mère n’admettra pas que je suis écrivain.

–          Ça n’existe plus, Apostrophes, maman

–          Bouillon de culture, alors ?

–          …

–          Ex-libris ?

–          Pffff.

Mon chéri ? Il adore quand j’écris, que je fais des roulés de cabillaud au gingembre, quand je range la vaisselle propre du lave-vaisselle à l’armoire, quand je change les meubles du salon de place, quand je monte une armoire Ikéa toute seule, … Objectivité sur l’échelle de Richter ? 0,5

Ma fille ? Elle ne sait pas encore lire. Tout est dit.

Mon chien ? Je n’ai pas de chien.

Alors, je doute.

Est-ce que j’ai bien fait de mettre cette nouvelle en premier ? Est-ce que j’ai laissé une faute, une coquille, un message subliminal involontaire (vite, je relis tout pour la 56ème fois). Est-ce que j’en fais assez ? Est-ce que j’en fais trop ?

Je tombe dans un vertige hitchcockien. Vous savez celui où on voit le personnage de haut, les 4 fers en l’air, happé au niveau des fesses par le tourbillon des turpitudes de son esprit dérangé, les yeux révulsés, un cri ininterrompu entre les dents ?

Ben ça, c’est ce que je vis !

Je vais arrêter de me lamenter non ? Je vais imprimer ce putain de manuscrit, le relire une 57ème fois, filer chez Copy print le photocopier en 5 exemplaires, le relier avec une spirale noire (j’aime bien les noires , moi), acheter des grosses grosses enveloppes avec des bubulles et l’envoyer !

Rendez-vous dans 6 mois pour un bilan des affaires : dépression ou champagne ?  Champagne de toute façon, vu que je suis une alcoolique notoire.

Quoi qu’il arrive, donc,

CHAMPAGNE !

P.S. : Je suis sûre que, si j’ai un commentaire, ce sera pour me demander la recette de mes roulés de cabillaud au gingembre. Alors c’est non tout de suite. Secret d’état. Bon, seulement si vous êtes ma mère alors. Sinon, c’est non.

«… née Pélagie D.», Françoise Houdart

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«… née Pélagie D.», Françoise Houdart, Ed. Luce Wilquin, Collection Sméraldine, 1996, 144 p.

Sur son site, Luce Wilquin présente son auteur Françoise Houdart en ces quelques mots : Traductrice de formation, Françoise Houdart a enseigné l’allemand dans l’enseignement supérieur jusqu’au jour où elle a décidé de vivre, sinon de sa plume, du moins avec et par elle, une existence dont elle seule gardera la maîtrise du temps. Neuf romans, tous publiés chez le même éditeur – «La vie, couleur saison», «La part du feu», «Camino», «Quatre variations sur une fugue», «… née Pélagie D.», «Femme entre quatre yeux», «Belle-Montre», «Textes pour la gisante» et «La petite fille aux Walalas» – constituent à ce jour son œuvre en prose. 

«… née Pélagie D.», que je viens de terminer, est une œuvre en prose, certes. Pourtant, c’est bien la poésie qui berce ce court roman d’initiation à soi. Pélagie entreprend le premier voyage de son existence, répondant enfin aux fantasmes qui l’ont maintenue en vie : voir la mer. La mer du Nord, la sienne. Sur le ferry qui la mène en Angleterre, elle rencontre Maximilien, septuagénaire solitaire, à qui elle déballera son histoire « par tronçons », presque malgré elle.

Au fil des confidences se dessine une vieille dame qui marche vers son indépendance, la découverte de soi, à pas fragiles, à mots enthousiastes. On sent le bilan, le retour en arrière, la nécessité de se dire, d’être enfin le seul conteur de son identité. Pélagie a été une de ces nombreuses femmes doucement éteinte par la main du mari à une époque où il ne pouvait en être autrement.

Le sujet d’un autre temps, qui pourrait n’intéresser qu’une génération, touche pourtant le lecteur au plus profond de sa quête personnelle. Peut-on reconquérir sa liberté ? La réponse de Françoise Houdart est oui, bien évidemment. Elle guide son personnage vers l’acquisition ultime du choix. Certains seront déçus par la fin. Moi, je trouve qu’il ne pouvait en être autrement.

Je me suis plu à penser que Maximilien n’existait pas, qu’il n’était que l’oreille nécessaire dans l’esprit de Pélagie, mais quel dommage alors d’effacer les moments d’intimité drôles et vrais entre ces deux « retirés » de la vie.

Avec une parfaite maîtrise du propos, au son d’une poésie ciselée, Françoise Houdart semble nous transmettre une conviction simple, celle que la connaissance de soi passe par l’autre, par le partage de ses solitudes. Au fond, toutes les histoires se ressemblent dans l’absolu et chacune d’elles est unique par ses détails. Les détails font l’humain.

Les premiers mots :

J’ai osé… ! Comme c’est curieux ! Comme c’est étrange de s’entendre prononcer ces mots-là… ! Les entendre dits de sa propre voix… différente pourtant, oui si profondément différente de celle qui m’habite depuis toujours, que je la sens étrangère à moi-même, étrangère à la voix qui me souffle les répliques, celle qui pose des mots sur mes gammes muettes, dans les bulles vides de mes dessins inanimés, mes apnées, mes absences.