Archives Mensuelles: septembre 2011

Ma vie d’écrivain maudit Chapitre 4

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TOC (traque obsessionnelle compulsive)

Haaaa les lettres de refus du Dilettante. Elles sont célèbres dans le monde des romanciers de tiroir (ceux qui ont un roman dans le tiroir, qui y reste, faute de trouver une maison d’édition).  Il suffit de traîner sur quelques blogs ou sur les forums littéraires pour s’en rendre compte.

Ça y est, j’ai la mienne et je n’en suis pas peu fière.

Moi je suis une demi-nouvelliste de tiroir : de nombreuses nouvelles primées et éditées (heuu, trois en fait), un recueil dans le no man’s land postal des tentatives éditoriales.

Pour faire le point, j’ai osé une première salve de 5. Deux éditeurs m’ont répondu (Luce Wilquin et le Dilettante) après un mois d’attente fébrile :

6h27, après 3 abattages du rappel des 9 minutes sur mon réveil : rien dans ma boîte aux lettres. Trop tôt, le facteur dort encore.

6h40 : Mon téléphone est à 98 % de batterie. Ok

6h42 : rien sur yahoo.fr, rien sur gmail, rien sur gandimail, ….

7h : Boîte aux lettres

7h20 : meeeeeeeeeeerde, mon téléphone est sur silencieux… Han non, il sonne. C’est qui  c’est qui ? Ma mère ! Elle veut savoir si je passe manger de la ratatouille ce soir. C’est une blague ?

7h24 : faut que je parte

Vous multipliez l’espace-temps entre 6h27 et 7H24 par 10 et vous avez un aperçu plus ou moins réel d’une journée d’écrivain de tiroir.

NON !

Luce Wilquin, c’est fait, j’ai déjà déversé mon désespoir ivrognesque.

Le Dilettante mérite un article à lui tout seul, voire un blog, voire un roman.  Tout d’abord, présentons cette maison d’édition qui se revendique anarchiste. C’est d’abord une librairie parisienne où l’éditeur-libraire cuve sa mononucléose derrière le comptoir. Traduisez : quand j’ai déposé mon « projet » (on ne dit pas « manuscrit », mais projet) en mains propres, Monsieur  Dominique Gaultier dormait à côté de sa caisse. C’est vrai, lire 15 manuscrits projets par jour, ça épuise.

 En visant le Dilettante, j’ai eu un doute. Je savais que la maison était acerbe, réputée méchante envers les « wannabee » (ceux qui veulent être et qui ne sont pas encore… et qui ne seront peut-être jamais). On dit souvent que ce sont les stagiaires qui se chargent d’assassiner l’auteur amateur, histoire qu’il ne recommence pas ses conneries. Panpan cucu sur le chiwawa !

Mais en bon écrivain prétentieux, plein d’espoir et de naïveté, on se dit qu’on n’est pas comme les autres, qu’on a peut-être une petite chance.

Haaaaaa

Haaaa la petite chance. Comme si tous les aspirants en littérature ne croyaient pas l’avoir, cette petite chance, moi la première.

Comme promis, la réponse est arrivée vite et bien : moins d’un mois. Je vous la livre à sec (enfin, je sens que je vais m’imbiber très vite. Aujourd’hui, soyons fous, je me saoule au tiramisu).

                   M.lle,

                   Nous avons lu votre manuscrit, qui n’a malheureusement pas retenu notre attention.

                   «  Les nouvelles offrent trop souvent les mêmes types de personnages décadents.  Une prose bien triste. Vous gagneriez en substance à porter un regard, non pas moins noire, mais plus large sur le monde environnant »

                   Nous vous proposons de vous le réexpédier par voie postale à réception de la somme de 10 euros blablabla…

Signé Le service des manuscrits Hélène Voisin.

Vous vous dites : « elle a fait une faute, Isa, faut pas de E à noir ! ».

La faute est dans le texte !!! Ça c’est une vengeance basse et puérile : traquer la faute d’orthographe. ET IL Y EN A UNE, HELENE VOISIN, HA HA HA HA !

Commerce oblige : le courrier est accompagné d’un bon de commande. Véridique ! Comme si une scribouillarde guillotinée avait encore la tête à lire d’autres auteurs publiés, eux ! (Vous voyez que je suis fun, Hélène, je fais des jeux de mots).

Entre guillemets (ceux que j’ai mis plus haut), le texte écrit à la main qui s’insère dans la lettre-type.

Mon cœur balance…

J’hésite : rire ou me suicider.

Rions d’abord : visiblement, Hélène a lu en diagonale. Certes, la plupart des nouvelles sont mélancoliques, cruelles, noires, appelez–les comme vous voulez. Mais pas seulement. On rit beaucoup aussi : ce n’est pas moi qui le dis, ce sont mes lecteurs. Ouiiiiiiiiiiiii, mes lecteurs ne sont pas objectifs (mon chéri, mes copines, …). J’ADORE MES LECTEURS PAS OBJECTIFS. Le premier qui touche à mes lecteurs pas objectifs, je lui envoie une lettre du Dilettante.

Ensuite, pourquoi pas ? C’est tout à fait ma démarche : un petit monde à décrire où se déroulent des tragédies plus grandes que nos cages d’escaliers et qui côtoient parfois la légèreté absurde ou la magie du hasard. Oui j’accepte l’avis de cette pauvre Hélène, pour la moitié de mon recueil (celle qu’elle a lue … à moitié). J’élargirai mon regard dans une autre œuvre, de tiroir ou pas.

J’avance, je tiens compte, je cogite.

En attendant, je vise l’indigestion mascarponienne et le coma éthylique avec mon tiramisu. Puis je me suiciderai. Ou pas.

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Ma vie d’écrivain maudit Chapitre 3

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Rage et désespoir

Mes propos risquent d’être incohérents ; je n’ai plus toute ma sobriété.

Bien que je n’aie plus de mazarelli dans le frigo, j’ai réussi à noyer mon chagrin. Tant qu’à sombrer dans le pathétique, j’ai cumulé la pochtronnerie (ce mot n’existe pas et je m’en fous), la crise de foie et la reprise de mon léger surpoids : je me suis saoulée aux Mon Chéri. J’adoooooore !

« Mais pourquoiiiiiii ? »,  me direz-vous ? (ne hurlez pas, j’ai mal à la tête).

Ne passons pas par quatre chemins (je n’ai pas le sens de l’orientation), mon recueil de nouvelles a été refusé par Luce Wilquin. Bouhouhou (là je pleure. Je le fais bien, hein ?)

Les raisons de cette injustice ?

Oooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooh, (le bourré a souvent des temps d’arrêt interminables dans sa conversation).

Oooooh, je disais donc, ce n’est pas que mon manuscrit est nul ou qu’il ne correspond pas à la ligne éditoriale, MAIS ! (silence du bourré).

Mais trop de nouvelles tuent la nouvelle, ils n’en lisent plus chez Luce Wilquin. Pour preuve, le mail reçu à l’instant. Extrait, maestro :

                             Chère Madame,

Bon, déjà, ça commence mal. Je suis une mademoiselle.

                             Nous vous remercions pour l’envoi de votre manuscrit.

Mais de rien, mon chéri.

                             Nous devons malheureusement vous dire que des recueils de nouvelles nous parviennent quotidiennement, alors que nous en publions deux ou trois par an seulement. Nous sommes donc contraints de renoncer temporairement  à les prendre en considération, car il n’y a aucune « place » disponible dans notre programme avant deux ans au moins… Désolés!

                             Nous vous adressons nos salutations les meilleures.

Quoi ? On ose me dire non sans m’avoir lu ! Je m’insurge.

Zzzzzzzzzzzzzzzzzzzz. Je cuve un peu et je me calme.

Vous savez ske j’y ai répondu au monsieur des manuscrits de Luce Wilquin :

                             Quel dommage, mon recueil est si bien !

Si si je vous jure, j’ai osé.

Ok, j’ai précisé que je plaisantais (quoique). J’y ai dit aussi au monsieur des manuscrits de Luce Wilquin que je lui enverrai un roman alors.

…………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………. 

Bon ben, il me reste plus qu’à l’écrire.

Pfffffou, faut vraiment que j’arrête les Mon Chéri.

Pourtant, quelqu’un m’a dit …

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Amis bloguistes et bloguiens (ou l’inverse),

Quel plaisir de vous retrouver enfin après 6 jours de silence bloguois. Comment survivre, comment respirer sans ton oeil indulgent et tes clappements de mains, public adoré ? Oh mon lecteur chéri, j’ai envie de te faire un câlin. Gngngngn.

Voilà, pour la tendresse c’est fait.

Oui, hier quelqu’un m’a dit : « Septembre, c’est tendre ».

Hahaha, j’ai envie de dire. Parce que non franchement, on n’a pas idée de trouver septembre tendre. Avec la nuit qui tombe à 4h et les premières gelées, faut pas déconner, moi j’aime personne. Surtout avec l’été pourri qu’on a eu. Juillet j’suis gelée !  Août, il est où ? On peut s’amuser avec tous les mois de l’année, ça ne changera rien. Autant vous faire aveu d’échec tout de suite, j’ai essayé pour vous d’être tendre. Et j’y suis pas arrivée.

La rentrée ?

Bon j’ai bien tenté de sourire avec tous les trucs funs qui arrivent en septembre, genre… la rentrée des classes, les embouteillages de la rentrée, le budget de la rentrée de la ptite, le précompte immobilier à payer, le contrôle technique à refaire trois mois après le précédent vu que j’avais 9 mois de retard avec le dernier.

De retard de contrôle technique, bien sûr. Pas de retard, retard quoi. Je ne suis pas enceinte. 9 mois de retard, je serais en train d’accoucher d’ailleurs. Ha ça non merci, j’ai déjà donné.

La collectivité scolaire ?

J’ai bien essayé d’être tendre avec mes élèves, mais là encore, c’est au-dessus de mes forces. 24 ados en rut qui se retrouvent après deux mois de friche, ça fait du bruit.

–   Putain, t’as fait quoi à tes cheveux, toi, t’es ouf ou quoi ?

–   Je t’emmerde.

–   Eh, les gars, Kévin il m’emmerde. T’as bouffé du requin pendant les vacances, Kévin ? T’as pas peur toi, espèce de bâtard, attends que jte nique à la sortie.

–   Lâche l’affaire, Ayrton, il est roux, c’est pas sa faute.

–   Wesh, wesh, tu pues, sale roux.

–   John, tu veux bien te taire (ça c’est moi).

JOHN : Hé c’est pas moi, ‘dam, c’est Ayrton. Bouffon va. La prof, elle m’engueule à cause de toi.

Ils finissent par s’insulter, mais très vite ça s’arrête. J’ai le calme et je peux enfin travailler. A tous les coups, ça marche : accuser à tort un élève pour qu’il se prenne la tête avec le vrai coupable. Grrrrr, diviser pour mieux régner, c’est ma devise. Prendre un élève pour taper sur un autre, ouaiiiiiiis. Alors, la tendresse là-dedans, vous devinez où je la mets ?

J’suis une dingue, moi, une guerrière. Septembre c’est la guerre oui. Mon Vietnam de l’horreur commence maintenant.

Apocalyse now !

Seule, perdue sur une île cauchemardesque (Mons), je taille dans le tas de la jungle hostile avec ma machette. Oups j’ai tué ma mère, oups, j’ai tué mon père. Oui mais lesquels ? Si vous vous souvenez bien, ma mère a trompé mon père avec Horst Tappert, alias Derrick et je ne vous l’ai pas encore dit, mais ça ne saurait tarder, mon père a fricoté avec notre ancienne voisine : Assamambala Kitayé, une vieille guinéenne infirme.

J’ignore qui je suis, si je suis noire ou bavaroise. J’erre dans un vide spatio-temporel. J’en veux à mes parents, les 4, à mon oncle, à ma sœur, J’AI PAS DE SŒUR !!! J’ai faim !

Le pourquoi du comment

Amis du blog, je suis au régime. Je suis à -4, -4kg, -4 de tension. Ma tension tend vers la tentation : J’veux du chocolat, de la graisse d’oie hydrogénée, des chipitos au reblochon, des fricadelles aux lardons, des nouilles sautées au saindoux… J’ai envie de tout, je suis en hypo-crasses. J’VEUX DES FRIIIIIIIIIITES.

Voilà pourquoi je ne suis plus capable de tendresse, public affolé. Je suis une asséchée du cœur, il n’y a que mon estomac qui parle. Je ne suis pas au régime, je fais un Koh Lanta de la bouffe. Ma Denis Brogniard en jupe, ma diététicienne, elle m’a concocté un programme d’enfer.

Antenne !

Me voici échouée à Mobouk Tinwane.

Je suis dans l’équipe des jaunes, les Tacontétèkaloraï.

On doit tous perdre 27 KG.

Notre cri de guerre : 1 2 3 MAIGRIR.

Bon c’est pas très original, mais ça nous motive.

WOUW, que je suis motivée, moi.

Epreuve de confort : aller délivrer le docteur Dukan, enfermé dans une cage en titane au fond de la lagune, avant qu’il ne se noie. Pour corser la chose, on est attaché à un ballon d’hélium qui nous empêche de plonger.

On a perdu. Dukan est mort. De toute façon, le cadeau de confort, c’était une balance électronique. Pfff !

Epreuve d’immunité : attraper une clé avalée par un iguane pour ouvrir la baraque à frites de la plage.

On a perdu. L’iguane est mort. De toute façon, on n’avait pas le feu pour faire chauffer l’huile de friture.

 

 

 

 

Mais rends la clé, tu vas t’étouffer !

 

J’ai été éliminée au premier conseil. Je crois que mon équipe n’a pas supporté que je termine les 14 kilos de bananes Chiquita qu’on avait trouvés la veille par hasard dans les cageots à côté de la tente.

On m’a proposé de faire le prochain Secret story. Mon secret : « J’avale 14 kilos de bananes en 33 minutes pendant que j’achève un iguane à la machette ».

Personne ne trouvera, d’autant que dans un an, j’aurai 27 kg en moins. Impossible de me reconnaître.

Super, je vais passer sur TF1. Je sens que la tendresse me revient.

Et si je faisais une dépression plutôt ?

En attendant un test expérimentalo-empirique de la thérapie de groupe en solitaire, je vous embrasse tendrement, chers lecteurs et je vous dis :

A bientôt et à dada !  

 

 Rest In Peace…

 

Le Leitmotive Opus 2 est arrivé !

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Jacques Flament demande à ses auteurs de reproduire le communiqué suivant sans modération et je ne suis pas peu fière de m’exécuter vu que je suis dans les lauréats.

Faites passer !

119 AUTEURS ONT PRIS LE TRAIN EN MARCHE… 
Il était en effet question d’histoires de voies ferrées pour ce nouvel opus du concours de Jacques Flament éditions. 

Le train LEITMOTIVE 2 du 15 septembre 2011 comporte 28 wagons, tous de première classe, autrement appelés nouvelles.
Elles devaient toutes débuter par les phrases suivantes :  « Fatigués de lutter contre les forces d’inertie, nous roulions soudés vers la nuit, subissant l’odeur aigre des corps entremêlés. Le bruit sourd et saccadé de l’acier sur les rails étouffait les soupirs. »
Près d’une moitié des textes publiés traite d’un problème toujours douloureux et bien présent dans la mémoire collective : la déportation. 

248 pages, 28 auteurs aux univers et imaginaire débridés, c’est certes beaucoup de lauréats mais il n’en reste pas moins que 91 textes n’ont pas été publiés, même si nombre d’entre eux méritaient de l’être. Le revers de la médaille pour tout appel à textes, et la règle du jeu inévitable dès lors qu’il s’agit d’un concours soumis à une sélection finale !

Se côtoient dans ce nouveau recueil, présenté en deux parties bien distinctes (afin d’éviter tout amalgame) : une première partie nommée DÉPORTATION avec des textes à caractère résolument mémoriel ; une seconde partie, intitulée VARIATIONS FERROVIAIRES, où des univers différents s’y côtoient, parfois réalistes, futuristes, incitant au voyage, parfois beaucoup plus légers, voire frivoles, l’allusion aux corps entremêlés n’ayant pas laissé insensibles certains des auteurs. 

LEITMOTIVE, Opus 2, 16,90 €, disponible à partir du 15 septembre 2011,
Pour vous procurer l’objet-livre, résultat final de ce deuxième opus, suivez ce lien :


Sachez également que l’opus 1, ayant pour thème la marée, est, quant à lui, toujours disponible au lien suivant :

 

Vive la rentrée (et les sorties) !

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Amis bloguistes et bloguiens, bonsoir/jour (à vous de choisir).

Ne trouvez-vous pas qu’il est temps de faire un petit bilan de la rentrée ? Nous voici mi-septembre et le temps où nous devions choisir notre camp entre les juilletistes et les aoutiens semble bien loin.

Comme c’est meuuugnon !

Ooooh, la bonne surprise du jour : la récitation de ma fille, apprise ce matin même : Rap de la rentrée

Un raton m’a fait rater ma rentrée

Il a tooouuuut rongé partout

Une fois je l’attraperai

Je le tondrai ce raton

Il sera raton tondu

Tous les matins et tout nu

Ne juge pas, public affolé. Souviens-toi que tu trempais une souris verte dans l’huile pour en faire un escargot tout chaud avant de la mettre dans ta culotte. Alors si ma fille a envie de tondre un raton tout nu, on dit avec l’accent espagnol (ou allemand, ça marche aussi) : « Oui, ma chérie, exprime ta créativité ».

Bref, ce jour, je me lance une fois de plus dans la tentative expérimentale d’un test observatoire en milieu donné. Et repris. Aujourd’hui, j’ai essayé pour vous les sorties de la rentrée, les petites choses qu’on se dit quand on se retrouve à la machine à café ainsi que les sorties systématiques de trucs et autres engins de septembre.

Bilan

Point de désistement, personne n’a pu échapper à l’éternel retour du célèbre : « Alors, ça a été les vacances ? ».

Vous essayez de lutter contre le cliché stéréotypique du vacancier frustré d’avoir quitté sa tente Quechua, mais c’est plus fort que vous, systématiquement, vous répondez : « Trop court, comme d’habitude ». Quelle originalité !

Vous tentez d’enchaîner avec le compte-rendu de la somptueuse visite que vous avez effectuée au Palazzo Pitti de Florence, majestueux au milieu des jardins du Boboli… Mais déjà, votre interlocuteur ne vous écoute plus, vous sabrant tout net d’un : « Oh moi les vacances, c’est pas visite. On va à la plage et on boit des cocktails toute la journée ». Vous dire ça ou vous jeter à la face : « Tu sors ! », c’est la même chose.

Moi moi moi.

Moi personnellement (profitez-en, je parle rarement de moi, pudeur germanique sans doute). Moi donc, je disais, tout le monde sait très bien que je suis prof. Tout le monde, j’entends les gens que je côtoie, mes amis, mes connaissances, les parents des copines de classe de ma fille, les voisins de mes parents, … tout le monde quoi !

La première chose qu’on me demande lors de la rentrée de la petite, sur le bord de la cour de récré où les parents s’agglutinent pour envoyer un dernier bisou au gamin qui s’en fout comme de sa première couche ou à l’inverse qui s’accroche, morveux, à la jambe de sa mère en pleurs (oui oui, c’est bien la mère qui est en pleurs), … j’en étais où, moi déjà ?

Donc, la première chose qu’on me demande en tant que prof-parent, c’est : « Et toi, ta rentrée, ça a été ? ». J’essaie de me plaindre, comme tout prof qui se respecte (et j’ai beaucoup de respect pour moi-même) : « Pfffff. Qué n’horaire de merte ».

Heuuu, je suis prof de français. Je verbalise plutôt en ces termes : « Diantre, mon planning horairal est absolument catastrophique » et j’enchaîne les doléances : « On m’a refilé les professionnels équitation trois heures d’affilée, j’te dis pas ! Bon, ils sont sympas, mais je dois faire des pauses régulièrement. J’accepte de les accompagner aux écuries, on se balade dans l’hippodrome. Mais, tu sais, c’est la première fois que j’ai des professionnels, je dois refaire tout un cours. Je n’en peux plus »

Là je réalise que deux yeux vides et cernés par le halo de l’épuisement m’observent, incrédules. C’est Rita, la maman de Louanou, infirmière chargée des pauses de nuit dans un home de vieux, de personnes âgées pardon, qui tente de calculer le nombre d’heures que je preste à temps plein en tant que professeur du secondaire supérieur. Vingt, Rita, vingt. Ma voix s’amenuise, je rentre sous terre, voire dans mes petits souliers, je baisse les yeux, puis la tête… et je sors.

Ben, faisons la rentrée littéraire alors !

Mais bien sûr ! Avec plus de 700 romans et 200 essais nouveaux, vous croyez vraiment que j’ai le temps de faire la rentrée littéraire. Prof de français d’accord, nymphomane du livre, non. Faut pas pousser. Auteur inopiné de septembre, tu sors !

Ceci dit, je me suis achetée un bon petit Musso et un Barbara Cartland, histoire de rire un peu dans ce monde intellectuello-culturel et je sens que je vais prendre un plaisir bête et méchant à les flinguer sous peu.

En attendant ces prochaines impressions littéraires, je vous laisse méditer sur la revenance de ma célèbre formule, telle un ricochet du souvenir sur la surface du net :

A bientôt et à dada.

 Et vous, la rentrée, ça a été ?

 

Image : iletaitunehistoire

Rémonkeunojeutèm

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Vous y croyez, vous ? Je n’avais jamais lu « Zazie dans le métro » !

J’ai traîné quelque jours avec la bouille Playmobil de Catherine Demongeot sur mon Folio dans la salle des profs de mon école et surprise, pratiquement tout le monde m’a dit : « Oooooh, Zazie dans le métro, j’ai jamais lu ».

Moi-même, j’étais plutôt Sally Mara. Haaaa ! Sally Mara, double féminin et lubrique de Raymond Queneau,  jeune vierge émoustillée amoureuse de son professeur de français, Monsieur Presle. Elle a bercé mon adolescence  et mes années de déclamation. Je jouais l’ingénue avec un accent anglais plus ou moins raté, mais j’avais mon petit succès quand je pleurnichais le départ de l’enseignant : « Il est pawti ».

Soit.

Je viens de lire « Zazie » et je ne peux m’empêcher de tirer mon chapeau. JE VEUX ÊTRE RAYMOND QUENEAU. J’aurais voulu inventer Trouscaillon, un personnage qui change de nom, de physique, de costume sans que personne, ou presque, ne le reconnaisse.

J’aurais voulu emmener mes lecteurs dans une orgie de poésie, même en ajoutant « mon cul » à chaque réplique.

Je veux adopter un perroquet pérorant un maussade : « Tu parles, tu parles, c’est tout ce que tu sais faire » et qui me mettra en cage.

J’aurais aimé laisser une lectrice maudite dans ce fou rire mélancolique où, quand Marceline devient Marcel, on a quand même un petit pincement au cœur de quitter une enfant qui vieillit.

Tout ça et pas seulement, c’est Raymond Queneau : un poète hyperactif, un satyre oulipien.

Rémonkeuno, mon cul !