Ma vie d’écrivain maudit Chapitre 2

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Il y a trois jours, j’alimentais ma catégorie des bonnes nouvelles avec une surprise éditive dans ma boîte aux lettres.

Aujourd’hui, le soufflé est retombé.

Ma mailbox m’a renié.

Comme tout écrivain maudit qui se respecte, j’ai eu droit à ma lettre de refus type :

Madame,

Nous avons bien reçu votre texte et nous vous remercions d’avoir pensé à nos collections pour sa publication éventuelle. Nous ne pourrons cependant pas donner suite à votre proposition, votre texte ne correspond pas à notre politique éditoriale actuelle.

Dans l’attente de vous lire, bla bla bla…

Signé : Madame Pocket Jeunesse.

 

QUOI ? Mon texte ne correspond pas à notre politique éditoriale actuelle. C’est une blague ou quoi ? Que Monsieur Gallimard me jette comme un mouchoir morveux, je le conçois. Que les éditions numériques Walrus me fassent faire un tour de manège gratuit, j’y trouve encore mon compte.

Mais que Pocket Jeunesse trouve que mon texte ne correspond pas à notre politique éditoriale actuelle, j’avoue, je suis vexée.

Je n’en suis pas encore au record d’un certain Maginhard dont l’Apostrophe aux Contemporains de Ma Mort a été refusé 150 fois !!! Pour ceux qui ont une ou deux semaines à tuer, je vous propose de toutes les lire ici.

Moi, c’est différent. Je sens l’artiste raté monter en moi, celui qui vomit les professionnels du livre, celui qui décèle un complot anti-génies fomenté par de sombres étudiants payés à la semaine pour simuler le comité de lecture, qui n’ouvrent même pas votre présssssieux si chèrement relié chez Copy Print, surtout s’il est bon (le préssssssieux, bien sûr).

Je me sens habitée par l’autopyromane  furieux, à la recherche d’un bûcher des vanités pour y sceller définitivement le sort de son œuvre maudite afin de soustraire à l’humanité inculte une création de cette envergure.

Vite mon Mazarelli.

…………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………..

Maintenant que je suis saoule, je peux être honnête. Mon roman de jeunesse n’est pas une œuvre impérissable. Le pitch vous le confirmera : dans le tome 1, Lisou, petite fille de six ans est initiée à la magie des fées pour sauver les cinq mondes.

Ok, on ne fait pas dans l’originalité : les petites filles sont mignonnes, il y a une méchante sorcière Ténébra qui veut tout péter, les fées ont des baguettes et des paillettes partout, …

Mais enfin, Madame Pocket, peut-on reprocher à une jeune auteur superbe et innovante (biffer les mentions inutiles) que son texte ne correspond pas à notre politique éditoriale actuelle, quand on édite Les chatons magiques, dont l’accroche est tout de même la suivante :

As-tu vu ce chaton angora roux ? Flamme est un chaton magique de sang royal, et son oncle Ébène est très impatient de le retrouver. Flamme est difficile à repérer, car son poil change souvent de couleur, mais tu peux le reconnaître à ses grands yeux vert émeraude et à ses moustaches qui grésillent de magie ! Il est à la recherche d’un ami qui prendra soin de lui. Et s’il te choisissait ?

Je vous laisse méditer.

C’est vrai, vous vous renouvelez rapidement, et peut-être que la politique éditoriale d’hier n’est pas celle d’aujourd’hui. Pour preuve, je vous l’accorde, une nouvelle série annoncée sur le site en ces termes :

ATTENTION, NOUVELLE SÉRIE !

Les Chiots magiques font leur entrée ! L’un d’entre eux est perdu dans le royaume des hommes. Si vous le voyez, prenez soin de lui, il a besoin d’un ami !

 

 

Je m’éloigne peut-être trop de vos collections 6/9. C’est vrai que je me trouve peu de points communs  éditoriaux avec la série Les fées des bijoux dans l’arc-en-ciel magique. Je n’offre pas de papillon.

 

 

Vous plaisantez ou quoi ?

Bah, c’en est fini, fini, de mon expérience des romans féériques pour petites filles. Je vais plutôt écrire une thèse sur le suicide éthylique par transfusion de mazarelli en milieu suburbain.  Je gerberai mon fiel sur tous ces éditeurs ingrats et vous serez maudits, entendez-vous, MAUDIIIIIIIIIIIIIITS.

Elle disparut dans un brouillard épais. On entendit résonner son rire sardonique dans la nuit  glacée. Et on ne la revit plus jamais.

 

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  1. Ne fais pas comme moi! Les sirènes de l’auto-éditions te tendent peut-être un zoli exemplaire tout brillant de ton livre à bout de bras, mais tu risques d’y laisser ton envie de trouver un vrai éditeur… et la force promotionnelle qui va avec!
    Courage 🙂

    • C’est une question à soulever, effectivement, l’auto-édition.
      Je ne cherche pas à éditer à tout prix. Il y a beaucoup d’humour et de recul dans mon billet. J’adore les bonnes nouvelles (prix, édition surprise), mais, sans me prendre au sérieux, je me dois d’être honnête. Les refus d’édition font partie de la vie d’un « écrivain » (les guillemets indiquent bien que je ne me sens pas encore de ce statut), j’en ferai toujours part.
      Ceci dit, je suis très loin du suicide annoncé 😉 (mais je sais que tu avais compris).
      Rien à voir : Si je ne fais pas de commentaires sur « La tentation », c’est que je ne l’ai pas encore lu (bouloooooooooooooooot !!). Je n’y manquerai pas (et de lire et de commenter).

  2. Écrire ne tue pas, tu as raison 🙂 Et puis, chacun le vit à sa façon. Moi je dis, tant qu’on a du plaisir…
    Pour « la Tentation », prends ton temps, il y a encore 7 tomes qui t’attendent 😉

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