Rémonkeunojeutèm

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Vous y croyez, vous ? Je n’avais jamais lu « Zazie dans le métro » !

J’ai traîné quelque jours avec la bouille Playmobil de Catherine Demongeot sur mon Folio dans la salle des profs de mon école et surprise, pratiquement tout le monde m’a dit : « Oooooh, Zazie dans le métro, j’ai jamais lu ».

Moi-même, j’étais plutôt Sally Mara. Haaaa ! Sally Mara, double féminin et lubrique de Raymond Queneau,  jeune vierge émoustillée amoureuse de son professeur de français, Monsieur Presle. Elle a bercé mon adolescence  et mes années de déclamation. Je jouais l’ingénue avec un accent anglais plus ou moins raté, mais j’avais mon petit succès quand je pleurnichais le départ de l’enseignant : « Il est pawti ».

Soit.

Je viens de lire « Zazie » et je ne peux m’empêcher de tirer mon chapeau. JE VEUX ÊTRE RAYMOND QUENEAU. J’aurais voulu inventer Trouscaillon, un personnage qui change de nom, de physique, de costume sans que personne, ou presque, ne le reconnaisse.

J’aurais voulu emmener mes lecteurs dans une orgie de poésie, même en ajoutant « mon cul » à chaque réplique.

Je veux adopter un perroquet pérorant un maussade : « Tu parles, tu parles, c’est tout ce que tu sais faire » et qui me mettra en cage.

J’aurais aimé laisser une lectrice maudite dans ce fou rire mélancolique où, quand Marceline devient Marcel, on a quand même un petit pincement au cœur de quitter une enfant qui vieillit.

Tout ça et pas seulement, c’est Raymond Queneau : un poète hyperactif, un satyre oulipien.

Rémonkeuno, mon cul !

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