Archives Mensuelles: septembre 2011

Ma vie d’écrivain maudit Chapitre 2

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Il y a trois jours, j’alimentais ma catégorie des bonnes nouvelles avec une surprise éditive dans ma boîte aux lettres.

Aujourd’hui, le soufflé est retombé.

Ma mailbox m’a renié.

Comme tout écrivain maudit qui se respecte, j’ai eu droit à ma lettre de refus type :

Madame,

Nous avons bien reçu votre texte et nous vous remercions d’avoir pensé à nos collections pour sa publication éventuelle. Nous ne pourrons cependant pas donner suite à votre proposition, votre texte ne correspond pas à notre politique éditoriale actuelle.

Dans l’attente de vous lire, bla bla bla…

Signé : Madame Pocket Jeunesse.

 

QUOI ? Mon texte ne correspond pas à notre politique éditoriale actuelle. C’est une blague ou quoi ? Que Monsieur Gallimard me jette comme un mouchoir morveux, je le conçois. Que les éditions numériques Walrus me fassent faire un tour de manège gratuit, j’y trouve encore mon compte.

Mais que Pocket Jeunesse trouve que mon texte ne correspond pas à notre politique éditoriale actuelle, j’avoue, je suis vexée.

Je n’en suis pas encore au record d’un certain Maginhard dont l’Apostrophe aux Contemporains de Ma Mort a été refusé 150 fois !!! Pour ceux qui ont une ou deux semaines à tuer, je vous propose de toutes les lire ici.

Moi, c’est différent. Je sens l’artiste raté monter en moi, celui qui vomit les professionnels du livre, celui qui décèle un complot anti-génies fomenté par de sombres étudiants payés à la semaine pour simuler le comité de lecture, qui n’ouvrent même pas votre présssssieux si chèrement relié chez Copy Print, surtout s’il est bon (le préssssssieux, bien sûr).

Je me sens habitée par l’autopyromane  furieux, à la recherche d’un bûcher des vanités pour y sceller définitivement le sort de son œuvre maudite afin de soustraire à l’humanité inculte une création de cette envergure.

Vite mon Mazarelli.

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Maintenant que je suis saoule, je peux être honnête. Mon roman de jeunesse n’est pas une œuvre impérissable. Le pitch vous le confirmera : dans le tome 1, Lisou, petite fille de six ans est initiée à la magie des fées pour sauver les cinq mondes.

Ok, on ne fait pas dans l’originalité : les petites filles sont mignonnes, il y a une méchante sorcière Ténébra qui veut tout péter, les fées ont des baguettes et des paillettes partout, …

Mais enfin, Madame Pocket, peut-on reprocher à une jeune auteur superbe et innovante (biffer les mentions inutiles) que son texte ne correspond pas à notre politique éditoriale actuelle, quand on édite Les chatons magiques, dont l’accroche est tout de même la suivante :

As-tu vu ce chaton angora roux ? Flamme est un chaton magique de sang royal, et son oncle Ébène est très impatient de le retrouver. Flamme est difficile à repérer, car son poil change souvent de couleur, mais tu peux le reconnaître à ses grands yeux vert émeraude et à ses moustaches qui grésillent de magie ! Il est à la recherche d’un ami qui prendra soin de lui. Et s’il te choisissait ?

Je vous laisse méditer.

C’est vrai, vous vous renouvelez rapidement, et peut-être que la politique éditoriale d’hier n’est pas celle d’aujourd’hui. Pour preuve, je vous l’accorde, une nouvelle série annoncée sur le site en ces termes :

ATTENTION, NOUVELLE SÉRIE !

Les Chiots magiques font leur entrée ! L’un d’entre eux est perdu dans le royaume des hommes. Si vous le voyez, prenez soin de lui, il a besoin d’un ami !

 

 

Je m’éloigne peut-être trop de vos collections 6/9. C’est vrai que je me trouve peu de points communs  éditoriaux avec la série Les fées des bijoux dans l’arc-en-ciel magique. Je n’offre pas de papillon.

 

 

Vous plaisantez ou quoi ?

Bah, c’en est fini, fini, de mon expérience des romans féériques pour petites filles. Je vais plutôt écrire une thèse sur le suicide éthylique par transfusion de mazarelli en milieu suburbain.  Je gerberai mon fiel sur tous ces éditeurs ingrats et vous serez maudits, entendez-vous, MAUDIIIIIIIIIIIIIITS.

Elle disparut dans un brouillard épais. On entendit résonner son rire sardonique dans la nuit  glacée. Et on ne la revit plus jamais.

 

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Eloignez les enfants !

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Une fois n’est pas coutume, je suis d’humeur grivoise aujourd’hui, presque malgré moi. En effet, mes talents héréditaires d’enquêtrice chevronnée m’ont amenée sur des chemins polissons inattendus. Eloignez les gamins, les révélations qui sont faites ici risqueraient bien de les désinnocenter à tout jamais.

Un peu de culture, que diable !

Mons 2015 approche à grands pas, mes amis. La petite bourgade hennuyère sera bientôt la capitale culturelle de l’Europe  et les montois ne sont pas peu fiers, au grand dam des liégeois.

Ce qui fait aussi la fierté, la joie et l’éthylomanie des habitants de Mons-en-Belgique, c’est bien sûr le Doudou. Savez-vous, bloguiens français, suisses ou même autochtones, que la ducasse annuelle du Doudou est classée « chef-d’œuvre du patrimoine oral et immatériel de l’Humanité » ? Oufti, disent les liégeois de tout à l’heure. L’apothéose de ces jours de réjouissance est bien évidemment le combat de Saint Georges contre le dragon.

Tout cela se passe en mai ou en juin, huit semaines après Pâques, à la Trinité.

 Voilà, voilà…

Oui, mais bon !

Bien, mais nous sommes en septembre, me direz-vous. Elle s’emmêle les neurones, la Baldac. D’accord, les montois attendent le prochain Doudou dès que le Doudou précédent est terminé, mais bon. On n’est pas tous montois sur le blog.

Alors quoi ?

Et bien, amis bloguiens et bloguistes, je m’interroge. Me voici en plein doute existentialo-sanctuaire. Et l’objet de mes incertitudes demandationnelles, c’est Saint-Georges. Mais bon dieu de saperlipopette de nom de nom d’une pipe en bois ! Mais que diable allait-il faire avant son prochain anniversaire ?

Aujourd’hui, j’ai essayé pour vous de trouver un job à Saint Georges durant le reste de l’année.

En effet, personne n’ignore que Saint Georges reste vacant pendant un an. Mais que fait-il en dehors « del’ ducasse » ?

Parce que les autres, on sait.

Parce que le dragon, on sait. Le dragon, lui, il est occupé toute l’année :

  • Il embête la Belle au bois dormant et son Prince charmant.
  • Il fait le nouvel an chinois.
  • Il tente de croquer Harry Potter.
  • Il dévergonde la Pucelette de Wasmes.

Il est célèbre, le dragon. Il tourne des films : Shrek, les Chevaliers du Zodiaque, l’Histoire sans fin, Dragon Ball… J’en passe et des moins bons.

Et il en va de même pour toutes les figures folkloriques du patrimoine mondial des traditions, us et coutumes culturels et festifs.

Casimir, par exemple. Ha si, ha si, Casimir, je dis oui ! C’est une sorte de dragon, orange certes, mais dragon quand même. Intergalactique certes, mais emblème culturel de bon nombre d’entre nous, post trentenaires. On ne touche pas à Casimir ! D’accord, il est à la retraite, mais c’est une retraite bien méritée. Au boulot chaque jour de l’année, un contrat de travail en béton, il n’avait pas peur des heures supplémentaires, Casimir.

Tandis que Saint Georges, c’est même pas qu’il ferait du noir, le fainéant. Mais qu’est-ce qu’il fout ? Mais qu’est-ce qu’il fout ?

Parce le Père Noël, on sait. En dehors de sa fameuse nuit de labeur :

  • Il emmène les lutins à Paradisio (non, je ne me résous à Pairi Daïsa)
  • Il boit du Coca Cola.
  • Il toilette ses rennes.

Parce Saint Nicolas, on sait :

  • Il fait au moins une messe par semaine.
  • Il toilette sa mitre.
  • Il lustre sa crosse.
  • Il regarde le père Fouettard fouetter.

Le père Fouettard, donc, il fouette. Non pas qu’il pue, non. Père Fouettard fouette de son fouet. Et qu’est-ce qu’il fouette ? La mère Noël, pardi, qui en redemande !

Que fait donc la mère Noël toute l’année hors période pré-distributionnelle, en qualité d’emballeuse de cadeaux en chef ? Elle se fait fouetter par Père Fouettard.

Et elle se fait lustrer par Saint Nicolas.

HA. ÇA NON, ça, je n’ai pas le droit de le dire. C’est le troisième secret de l’Eglise. L’Eglise a trois secrets qu’elle a reçu de Bernadette Soubirou qui elle-même les a confiés au pape qui les a enfermés dans son coffre et nous, on n’a pas le droit de savoir ce qu’ils contiennent. Passons.

Le petit Jésus aussi, il est occupé toute l’année, on ne peut pas le nier ! Il naît au mois de décembre, il meurt début avril, il ressuscite trois jours plus tard, il monte au ciel en mai, il apparaît dans le ciel, dans le Saint-Suaire, sur des parois de grottes suintantes, dans des hamburgers… Bref, il bosse. Il a un planning extrêmement chargé. Il justifie son salaire, lui. Il monterait les marches à Cannes que ça ne m’étonnerait pas.

Tandis que Saint Georges ? Je me répète, mais :

A-Ü-SKIL-EST pendant toute l’année ?

Et bien, j’ai fait mes petites recherches. De mauvaises langues reprocheront au saint chevalier de rien branler de ses journées chômées. Je leur répondrai d’abord qu’ils sont vulgaires. Hééé, poli hein, avec Saint Georges !

Ensuite, je leur dirai : « OK, mais ce n’est pas faute d’avoir essayé ».

D’après mon enquête, Saint Georges s’est fait engager par le célèbre cuisiner étoilé Alain Ducasse en période de fête natale. Il était chargé de gaver les oies, mais comme il les finissait à l’épée, il s’est fait virer.

Il s’est donc fait engager par Franco Dragone, qu’il a aussi tenté de tuer au pistolet.

Après un séjour en prison pour tentative de meurtre, d’où il s’est évadé grâce à la mère Noël qui lui a passé un cheval en cachette pendant un parloir, il a fait un casse… ting, un casting. Croyant faire de la figuration dans une pub pour les choco-princes, il s’est retrouvé, je vous le donne en mille, vedette de films particuliers pour adultes montois, sous le pseudonyme de Giant Doudou.

 Voici quelques titres de ses œuvres, pour les aficionados, ceux qui connaissent le folklore doudoutois. Pour les autres, il faudra se taper le site de la ducasse : ici.

J’ai quelques cassettes à la maison, s’il y a des collectionneurs. J’ai l’intention de les vendre sur eBay ou d’en faire un musée, j’hésite. Alors, vous êtes prêts ? Prise de notes :

  • Wo-ho-ho, joli poupé-poupé-poupé.
  • Déshabille-toi, mon car d’or est en train de monter.
  • Si tu me montres tes doudounes, moi je te montre mon dragon.
  • Touche-moi la mitre que je te lustre la crosse… HA NON ! …

Ça c’est le deuxième secret de l’Eglise. Le film libertin de Saint Nicolas avec la mère Noël. L’Eglise a trois secrets, qu’elle a reçu de Bernadette Chirac … enfin bref, je m’embrouille. Faites comme si je n’avais rien dit.

Après être tombé au plus bas de la déchéance pathético-bipolaire, Saint Georges a relevé la tête et a raccroché ses bas résilles. Il s’est dit : « tant que l’biète er-reviendra, je serai là ! Je l’tuerai chaque année, dussé-je inviter Afida Turner au concert gratuit du vendredi de la Ducasse.

Je ne m’étendrai pas sur Afida Turner, parce que j’ai un colocataire tuberculeux qui en est fan. Lisant mon article par-dessus mon épaule, il vient d’enlever son T-shirt et il se pince les tétons.

Je vous laisse, cher lecteurs adorés, je vais aller le calmer.

A bientôt et à dada.

 

  Quel bout-en-train, ce Saint Georges !

En voilà une nouvelle qu’elle est bonne !

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Ha ben ça alors. Ou j’ai rien compris, ou la Police de Liège est une petite coquine.

Hier après-midi, je rentre chez moi, éreintée par une journée de dur labeur (retrouver les collègues, accueillir les élèves, papoter avec les collègues, acheter un sandwich, pouh ! Je suis crevée).

Bref, j’atteins tant bien que mal ma boîte aux lettres et là, oh surprise, une grosse enveloppe de la Police de Liège.

Qu’est-ce que j’ai encore fait ? que je me dis, pessimiste.

Mais rien, mes amis, rien! Ou plutôt, rien d’illégal. Quelque chose de culturel même. J’en ai déjà parlé  sur ce blog, mais j’ignorais que le produit de mon imagination lubrique allait trouver sa (petite) place dans une édition chez Luce Wilquin, dame Wilquin, maîtresse Wilquin !

Ma nouvelle « Au suivant » est donc publiée dans le recueil collectif « Strip-tease » suite au concours du même nom organisé par la Police de Liège.

J’ai le droit de me la péter, non, au moins une soirée ? Alleeeez.

Au passage, je note qu’un visiteur de mon blog est repris dans les lauréats. Je cite : Daniel Fattore. Hasard ou Monsieur est plus vif que votre dévouée ? Je pense qu’il est plus vif. D’ailleurs, il a déjà publié un article sur son blog à propos de notre publication commune.

Félications Monsieur Fattore.

En vente dans toutes les bonnes librairies évidemment (même les mauvaises, on s’en fout, après tout, tant que le livre est bon) au prix de 14€.

Parce que je le vaux bien

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Amis bloguistes et bloguiennes,

Une fois n’est pas coutume, ce week-end, je suis allée chez le coiffeur.

Je vous épargnerai mon petit inventaire des coiffures tendance du moment. Moi qui vais chez le coupe-tifs à peu près toutes les années et demi, comment puissè-je être au courant des brushings à la mode 2011 ? Ce serait prétendre à des qualités de modeuse en chignon, macaron, natte, bigoudis, torsade et autre tresse que je n’ai pas. Donc, comme tous les ans et demi, j’achète 4 magazines spécial coiffure pour trouver mon nouveau look. Je passe en revue tous les sites internet experts en cheveux de star pour affiner ma recherche capillaire intensive. Et je sors du professionnel du shampoing avec systématiquement la même coupe : un dégradé sur la longueur, soyons fou, wouw.

Variante 

De temps à autre, j’ose une frange, plus ou moins déviée vers la droite. Une fois, j’ai même essayé la mèche Louise Brooks, genre un peu trop courte au-dessus des sourcils, mais le trop court « je l’ai choisi et je l’assume », pas le trop court « oups, j’ai ripé en voulant ajuster ma frange moi-même ce matin dans ma salle de bain ».

Foie gras

Il se passe toujours un truc étrange avec mes coiffeurs. Oui, j’ai plusieurs coiffeurs, à peu près 1 tous les ans et demi. Je change à chaque fois, quoi. C’est une maladie héréditaire. Ma mère aussi a ce syndrome pathologique. Et encore, chez ma mère, c’est pire. Moi, j’arrive encore à me faire comprendre et à sortir relativement satisfaite de mes coupes. Ma mère, elle, c’est autre chose.

Vous avez déjà vu une oie pourchasser un pauvre poussin innocent égaré sur le territoire de la gallinacée féroce (en fait, l’oie fait partie des anatidés, mais je ne m’appelle pas Wikipédia, je ne connais que les gallinacées en oiseau. Et les rapaces, vu que je suis fan des aigles. Mais ça c’est une autre histoire que je ne manquerai pas de vous relater) ?

Bref, pendant toute mon enfance, j’ai vu ma mère hurlant comme une oie en rut, mêlant les larmes à l’arrachage furieux de cheveux hirsutes, sortant honteusement du dernier élu capillaire et se précipitant dans la voiture de mon père penaud, coupable exécuté sur place pour avoir tenté un innocent « ça ne te plaît pas ? »

Re-bref, revenons-en à nos fourches. Je change souvent de capilliculteur. Je prends toujours rendez-vous quand je ne peux plus supporter la repousse de mes longs cheveux lisses qui me font ressembler à une espèce de madone prête à poser pour Léonard de Vinci. J’exige violemment un dégradé qui se voit et à chaque fois, le coiffeur (ou la coiffeuse, c’est selon) me conseille d’effiler en douceur. « Parce qu’après on regrette, on rebique de partout, on a du mal à rattraper ».

Un rêve éveillé

Ainsi, ça fait à peu près 18 ans que j’ai la même coupe : un dégradé timide sur la longueur. Ceci dit, je suis toujours bien accueillie la première fois (et la dernière en l’occurrence, vu que je change à chaque fois). Je dois vous le dire, je ne peux plus vous le cacher : d’après TOUS mes coiffeurs, j’ai les plus beaux cheveux du monde. Ha vraiment ! J’en ai même un qui m’a avoué avoir toujours rêvé de posséder la même crinière que moi. Je cite : « Des cheveux pareils, c’est mon rêve ». Texto. L’avant-dernière n’en revenait pas : « Je croyais qu’on ne voyait ça que dans les pubs d’Eva Longoria. Mais non, ça existe ». Et oui, j’existe vraiment en vrai. Dingue, non ?

Cependant, la dernière est imbattable. En matière de panégyrique sincère, elle a remporté le parpaing d’or de la flatterie en salon. D’abord, elle me trouvait belle. Très belle. Bon ça, je veux bien lui accorder. Il est vrai que je suis particulièrement sublime, surtout les cheveux mouillés sur une cape en nylon. Moi-même je m’émeus.

Ensuite, elle a eu une révélation. Et moi aussi, par la même occasion : il paraît que j’ai les yeux de Monica Bellucci. C’est vrai que ce qui frappe chez Monica Bellucci, ce sont ses yeux. Je me dis alors : « Elle va sans doute remarquer que j’ai aussi les seins de Momo (elle me les prête de temps en temps) ». Mais non, ma coiffeuse est restée très discrète sur mes attributs mammaires. L’émotion sans doute. Pour l’aider un peu dans son travail d’association flatteuse, j’essaie de faire ma célèbre moue Angelina Jolie, mais je pense qu’elle est distraite. Le téléphone a dû sonner à ce moment-là, je crois.

Oh surprise, une lueur de lucidité passe dans le regard acéré de cette chère dompteuse de ciseaux : elle se penche sur moi et grandiose, elle me murmure : « Tu as des lèvres magnifiques. C’est les tiennes ? » Naïvement, je réponds : « C’est celles de mon papa », vaguement vexée qu’elle ne repère pas ma filiation avec Lara Croft.

Le meilleur reste à venir.

En effet, après 36 ans d’ignorance, persuadée que ma tignasse brune tenait plutôt du long, lisse, effilé, voire plat, j’apprends avec stupéfaction, que j’ai les cheveux bouclés. Je conteste mollement : « Heu, non, j’ai les cheveux lisses depuis toujours ». Elle insiste : « Ha non, ils sont bouclés quand même ».

Elle saisit un flacon mystérieux, m’imprègne la chevelure d’une mixture suspecte et me fait peur en lançant soudain :   » J’ai envie de te les sécher au diffuseur ». Et de fait, après m’avoir forcé à mettre la tête en bas pendant 32 minutes et avoir enfoncé des drôles de pointes chauffantes dans ma chevelure pendouillante, elle m’oblige à me relever d’un coup pour saisir dans le miroir le reflet de ma réincarnation capillaire : je suis bouclée. Le spray spécial frisottis de star n’y est absolument pour rien !!!

Aujourd’hui, j’ai renié ma mère, qui m’a toujours caché que j’ondulais fermement. Après le coup de Derrick … Si ça se trouve, je suis noire et je l’ignore totalement. Depuis, je suis en thérapie. S’apercevoir qu’on vit dans le mensonge depuis si longtemps, ça laisse des traces, vous savez. Mais ça, j’en parlerai une autre fois, quand j’aurai vraiment sombré dans la déchéance de l’écrivain maudit et que j’aurai vendu mon âme en écrivant du Marc Levy.

En attendant ce suicide littéraire, je vous quitte avec mon sempiternel « à bientôt et à dada ».

C’est le jeu, ma pauvre Lucette !

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Amis bloguistes et bloguiennes,

Me revoili, me revoiçou, après une journée d’absence, guillerette et fofollette de vous retrouver, cher public. Dieu que vous m’avez manqué !

Affolement

J’entends déjà d’ici des lecteurs affolés : mais pourquoi ce titre ? Aurait-elle replongé dans l’enfer du jeu de hasard ? S’est-elle remise à dépenser bêtement son argent, durement gagné à la sueur de son bic, s’éreintant sur 42 petites cases noircies d’une croix aléatoire et pourtant décisive ?

Rassurez-vous, amis surfeurs du net, je suis toujours abstinente de la grille. Demain, je reçois mon morpion d’or (pour ceux qui auraient raté un épisode essentiel de ma désintoxication radicale, voir ici). Cependant, une dernière expérimentation ludique et cathodique me tenterait bien. Voilà pourquoi ce soir, j’ai essayé pour vous « l’amour est dans le dîner de la tentation où tout le monde veut prendre sa ferme académy chez les Palawaï Story ».

Vous l’avez compris, le principe de la compétition est à connotation sexuello-amoureuse. Ames prudes, s’abstenir (oui, je sais,  il y a un ^ sur le A, mais mon correcteur remplit son rôle stupide et partial de … correcteur. Je n’ai plus aucune autorité sur lui, il n’en fait qu’à sa tête).

Recette

Tout d’abord, il faut dire que pour entrer dans ce genre de tournoi de l’amour télévisuel, il ne faut surtout pas passer de casting. Moi-même, j’ai été sauvagement recrutée alors que je prenais mon bain de rosée quotidien, dans les jardins du Waux Hall, juste avant de me rendre au travail.

La condition indispensable à ma participation fut que je devais absolument être totalement célibataire. Le fait que je sois en couple avec un enfant n’a d’ailleurs posé aucun problème. Ma candidature a été acceptée immédiatement, malgré mon refus de me rouler nue dans la farine de quinoa lors de l’animation Pina Colada au bord de la piscine.

J’ai donc été sélectionnée d’office : mon charme latin sans doute, ou mes origines suédoises. J’ai foulé le tapis rouge lors de mon entrée dans la ferme academy. Moulée subtilement dans un fourreau pistache, la confusion était telle que nombreux hurlaient : « Diane Krueger » lors de mon passage. On ne peut nier la ressemblance, mes racines allemandes sans doute.

Entrée dans l’antre du loup

Etant la dernière arrivée, j’ai été accueillie avec frénésie par trois lamas, deux tigres du Bengale, une dinde birmane et une autruche.

J’ai vite senti que Kérima la dinde et Mildred l’autruche nourrissaient une certaine jalousie à mon égard, la robe pistache peut-être.

Par contre, Tic et Tac, les tigres, dont le secret était en fait qu’ils étaient des écureuils, ont été adorables avec moi dès les premiers jours.

Je l’avoue, je n’ai jamais accroché avec les trois lamas, Serge, Bernard et Dalaï.

Je suis contente parce que j’ai remporté l’épreuve des poteaux face à Mildred, trahie par son énorme derrière. Après 7h24 d’une immobilité parfaite sur une tige de bambou, Mildred a basculé dans l’eau, poussant un hurlement aigre qui m’a réveillée.

J’ai passé l’examen haut la main et pour la finale, j’ai choisi d’affronter Serge, sachant qu’il était détesté de tous depuis que nous avions découvert qu’il crachait dans le potage de morue aux choux de Bruxelles qu’il s’était vicieusement proposé de nous concocter quotidiennement pour le petit déjeuner.

Victoire

Sans surprise,  j’ai emporté avec brio l’épreuve du choix du public avec 52,6% des voix.

Aujourd’hui, je me retrouve à la tête d’une encyclopédie universelle des communes de France et je remercie Télé MB pour cette expérience hors du commun.

Maintenant que je suis sortie de ces trois jours de coupure totale avec le monde extérieur, après 72 heures d’immersion dans l’univers cruel de la compétition téléréelle de l’extrême, je le dis haut et fort : «  QUE-DU-BONHEUR ».

Je suis prête à réitérer l’expérience pour le plus grand plaisir de nos lecteurs. Je pense d’ailleurs participer prochainement au  » plus grand manège en or pour un champion des chiffres de Jemappes express ».

En attendant un prochain challenge cathodique, je vous dis « à bientôt et à dada ».

  Ouh, il est pas content, Serge !