Archives Mensuelles: novembre 2011

Prix Renaudot des Lycéens !

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Haaa mes amis,

Voilà un bail, comme on dit, qu’on ne s’est plus lu. Je vais vous épargner mes journées de 32h. Aujourd’hui, en cette fin du monde postposée au siècle prochain (ou à 23h11, nous verrons bien), je n’ai pas envie de me plaindre.

Vous vous dites sûrement, en lisant mon titre : « ça y est, son talent est enfin reconnu, et ce, par un public des plus exigeants : les ados, nom d’un mucus (ma fille est en train de regarder « La princesse et la grenouille », pendant que je rédige, ça m’inspire) ».

En effet, si j’ai loupé le Goncourt et le prix Fnac, je n’ai pas non plus remporté le plébicite des lycéens. Faudrait que j’aie publié pour ça, et encore ! Non, non, toujours silence radio des éditions Quadrature. Mais je vis puisque l’espoir fait vivre.

En attendant, je vous fais part d’une petite lecture d’actualité : Rien ne s’oppose à la nuit, Delphine de Vigan, un roman sélectionné pour le Goncourt (depuis éjecté de la seconde sélection mais primé par la Fnac et par les lycéens du Renaudot, d’où le titre).

Selon moi, en ouvrant l’oeuvre (hmmm l’allitération assonantique…), je me disais qu’une autobiographie sur les rapports conflictuels entre une écrivain et sa mère bipolaire, suicidaire et cancéreuse n’intéressaient probablement personne. D’office, je ne voulais pas être touchée, ni pleurer, surtout pas aimer ce roman impudique, cette autofiction narcissique et nombriliste.

Et merde !

Je me suis fait avoir.

Comment rester insensible à cette quête intérieure bercée par la mort et la violence ? Dit comme ça, on fuirait d’emblée ce roman dépressif. Il ne l’est pas, ni indécent d’ailleurs même si l’auteur ne recule devant aucune vérité. L’humour et la lumière percent de temps en temps la nuit profonde du récit.

Mais bien plus que l’histoire de sa mère, de son enfance à son suicide, Rien ne s’oppose à la nuit est l’autobiographie de Delphine de Vigan elle-même. Toutes les douleurs destructrices de sa mère sont perçues à travers le prisme du regard de sa fille. La focalisation est bien interne et l’auteur tente de décrire sa propre compréhension de la détresse, plutôt que la détresse elle-même.

On peut toujours se dire ici : « Oui mais quel intérêt pour le lecteur d’assister à cette autopsie mentale et familiale ? ». On pourrait craindre le Delarue littéraire. Je n’ai pas résolu cette question, en effet. Ce qui m’a bouleversée, c’est l’intérêt porté à l’écriture salvatrice, vitale, déferlante. J’ai aimé ce rapport à la littérature nécessaire pour comprendre la ligne d’une vie. La démarche est passionnante pour quelqu’un qui écrit, comme moi. L’est-elle  pour un « simple » lecteur ?

En tout cas, ce n’est pas du Marc Levy, c’est toujours ça de pris.

Rien ne s’oppose à la nuit, Delphine de Vigan, Ed. JC Lattès, 2011, 436 pages, 19 €.

Rien ne s'oppose à la nuit

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