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Ma vie d’écrivain maudit Chapitre 6

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Ma vie de ménagère de moins de 50 ans maudite.

Depuis que je suis une écrivain en vogue, ma vie quotidienne a littéralement changé. Littérairement, je devrais dire, hu hu hu (humour d’auteur). En effet, je vais voir des films d’auteur en néerlandais, je donne des stages d’écriture en bibliothèque et je dédicace des livres que je n’ai pas écrits.

Je vais voir des films d’auteur en néerlandais

Je sors à l’instant de la projection de « Tot altijd » au Plaza Art de Mons et godverdomme, qu’est-ce que j’ai « bré* » ! Faut dire que je suis devenue une breyou** quand j’ai accouché. Ça fait 7 ans que j’ai vêlé pourtant. Mais depuis, je suis plus sensible, comme si les vannes s’étaient ouvertes au moment où mon gynéco a saisi le sécateur vaginal et qu’il … Je suis en train de vous raconter mon épisio, là ?  Pardonnez-moi.

Au fait, je vous déconseille vivement de taper « épisiotomie » dans Google pour en vérifier l’orthographe. Vous tombez immédiatement sur une superbe vidéo explicite de la chose et bref, … je vais voir des films d’auteur en néerlandais.

Je donne des stages d’écriture en bibliothèque

Du 2 au 6 avril, de 9h à 12h, à la bibliothèque de Saint-Ghislain. Réservation au 065/76 20 20. A partir de  14 ans.

20 €, ça va quoi ! Vous vous débarrassez de votre ado pendant une semaine et il est en sécurité. Les livres, ça mord pas. Les crayons, ça fait pas grossir. Au pire, il repart avec un rhume de cerveau et vous êtes tranquilles pour la deuxième semaine, il est cloué au lit.

Je dédicace des livres que je n’ai pas écrits

Je donne des ateliers d’écriture en primaire, créés par C. B., une auteur de jeunesse. Ben, c’est cool, les élèves me demandent de dédicacer ses bouquins. Je leur dis : « J’suis pas C. B. ». Ils me disent : « Je sais, ça fait rien, c’est pour ma mère ».

Depuis, je suis insomniaque. J’essaie de résoudre cette équation pseudo-subséquente à ma non-identité primitive. Et je cale. Comprends pas.

Mais je signe.

Ma vie de ménagère de moins de 50 ans maudite.

Depuis que je suis écrivain, je passe plus de temps chez moi. Non seulement je découvre les joies de la solitude créative, m’enfonçant dans les profondeurs intrinsèques de la recherche propre, un ballon de muscat  à la main, le mazarelli ayant disparu des rayons du Colruyt (un autre drame de ma vie de ménagère de moins de 50 ans maudite) mais je vais aussi à la bulle à verre. Il faut dire que j’ai des amis particulièrement spongiques, adeptes de la course en relai 4 fois 2 mètres en rallye-chopes et arrêt au stand de rosé. Comme je ne suis pas particulièrement répétitive (à part avec le mot « particulièrement ») dans mes déplacements au tri de bouteilles, j’accumule. Et SOUDAIN, j’en peux plus, faut que je débarrasse la véranda de ses cadavres.

Me voilà à la bulle à verres. Avec toute l’honnêteté citoyenne qui me caractérise, je sépare les verres blancs des colorés. Et je tombe sur un sirop de sucre de canne à moitié vide. J’hésite. Personne à l’horizon. Je la mettrais dans la bulle que personne ne saurait que c’est moi… Mais non, je conscientise, je tergiverse et je tranche. Je reviens avec mon sirop périmé.

Et là, bardaf, je vous le donne en mille, je pose la bouteille une demi-seconde au milieu du salon pour enlever mon manteau et elle éclate sournoisement sur mon carrelage.

Je suis maudite.

Allez éponger du sirop de sucre de canne qui dégouline lentement mais sûrement. Même l’essuie-tout n’en veut pas.  Evidemment, je suis à court de nettoyant parfumé à la fraîcheur des champs. Me restent… les lingettes pour bébé. A quatre pattes, au milieu du salon, les mains collantes, à récupérer du sirop de sucre de canne réfractaire. NON, CE N’EST PAS EROTIQUE, MONSIEUR. Taisez-vous, ou je reprends l’épisode de l’épisio !

Finalement, je m’en sors bien. Mon salon est propre, les poubelles ne passent que demain, je vais pouvoir me débarrasser de mon crime au plus vite. Je peux peut-être enfin enlever mon manteau…

Et là, bardaf, je vous le redonne en mille : le miroir de l’entrée s’écroule au sol, éclatant en centaines de morceaux, ravivant en moins d’une minute la malédiction qui avait fait ma légende mais dont je m’étais débarrassée en toute impunité avec la lettre d’acceptation de mes nouvelles aux Editions Quadrature, je le rappelle ainsi en passant.

Vous m’excuserez donc, chers bloguistes et bloguiennes, si je noie un chagrin à peine oublié dont la réminiscence vient d’éclater au sol de ma détresse (oui, je sais ça ne veut rien dire, mais c’est joli) dans la consommation excessive d’une omelette norvégienne (inutile de préciser que je me la sers sans glace et sans œuf).

Adieu donc, de nouveau et à jamais (tot altijd en parler belgo-nordique)

* pleuré

** pleurnicheuse

 Zut, j’ai renversé le sucre de canne…

 

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