Prix Renaudot des Lycéens !

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Haaa mes amis,

Voilà un bail, comme on dit, qu’on ne s’est plus lu. Je vais vous épargner mes journées de 32h. Aujourd’hui, en cette fin du monde postposée au siècle prochain (ou à 23h11, nous verrons bien), je n’ai pas envie de me plaindre.

Vous vous dites sûrement, en lisant mon titre : « ça y est, son talent est enfin reconnu, et ce, par un public des plus exigeants : les ados, nom d’un mucus (ma fille est en train de regarder « La princesse et la grenouille », pendant que je rédige, ça m’inspire) ».

En effet, si j’ai loupé le Goncourt et le prix Fnac, je n’ai pas non plus remporté le plébicite des lycéens. Faudrait que j’aie publié pour ça, et encore ! Non, non, toujours silence radio des éditions Quadrature. Mais je vis puisque l’espoir fait vivre.

En attendant, je vous fais part d’une petite lecture d’actualité : Rien ne s’oppose à la nuit, Delphine de Vigan, un roman sélectionné pour le Goncourt (depuis éjecté de la seconde sélection mais primé par la Fnac et par les lycéens du Renaudot, d’où le titre).

Selon moi, en ouvrant l’oeuvre (hmmm l’allitération assonantique…), je me disais qu’une autobiographie sur les rapports conflictuels entre une écrivain et sa mère bipolaire, suicidaire et cancéreuse n’intéressaient probablement personne. D’office, je ne voulais pas être touchée, ni pleurer, surtout pas aimer ce roman impudique, cette autofiction narcissique et nombriliste.

Et merde !

Je me suis fait avoir.

Comment rester insensible à cette quête intérieure bercée par la mort et la violence ? Dit comme ça, on fuirait d’emblée ce roman dépressif. Il ne l’est pas, ni indécent d’ailleurs même si l’auteur ne recule devant aucune vérité. L’humour et la lumière percent de temps en temps la nuit profonde du récit.

Mais bien plus que l’histoire de sa mère, de son enfance à son suicide, Rien ne s’oppose à la nuit est l’autobiographie de Delphine de Vigan elle-même. Toutes les douleurs destructrices de sa mère sont perçues à travers le prisme du regard de sa fille. La focalisation est bien interne et l’auteur tente de décrire sa propre compréhension de la détresse, plutôt que la détresse elle-même.

On peut toujours se dire ici : « Oui mais quel intérêt pour le lecteur d’assister à cette autopsie mentale et familiale ? ». On pourrait craindre le Delarue littéraire. Je n’ai pas résolu cette question, en effet. Ce qui m’a bouleversée, c’est l’intérêt porté à l’écriture salvatrice, vitale, déferlante. J’ai aimé ce rapport à la littérature nécessaire pour comprendre la ligne d’une vie. La démarche est passionnante pour quelqu’un qui écrit, comme moi. L’est-elle  pour un « simple » lecteur ?

En tout cas, ce n’est pas du Marc Levy, c’est toujours ça de pris.

Rien ne s’oppose à la nuit, Delphine de Vigan, Ed. JC Lattès, 2011, 436 pages, 19 €.

Rien ne s'oppose à la nuit

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Blog blog blog blog …

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Ha mes amis, mais que vous m’avez manqué !

L’année s’est accélérée d’un coup, entre mes cours, mes ateliers d’écriture et la recherche inopinée d’une nouvelle voiture … d’occasion, suite à la défection de la précédente. Je profite d’une demi-heure de répit pendant la cuisson de mon célèbre moelleux au chocolat sans farine (une tuerie culinaire dont je suis seule à détenir le secret).

Petite impression littéraire de derrière les fagots.

A l’heure où je me fourvoie moi-même sur un blog (pour rappel : isabellebaldacchino.wordpress.com. Ha mais vous le savez, puisque vous y êtes), au moment où j’étale publiquement mon alcoolisme événementiel (une lettre de refus de maison d’édition et hop, une cuite au Mon Chéri), bref à l’instant où je suis particulièrement concernée par la chose, voilà que je tombe sur un roman de jeunesse intitulé : « Blog ». J’hallucine devant cette mise en abyme virtuelle. Waouaw, on parle de moi.

Ou pas.

Le héros de Jean-Philippe Blondel (l’auteur, si vous suivez bien) est un jeune adolescent qui tient un blog intime. Nous différons donc  par le sexe et  le sujet. En ce qui concerne l’âge, les divergences sont infimes. Je suis une fleur de printemps, tout le monde le sait.

Résumé apéritif (5 points)

Le narrateur est un ado de 15 ans.

Aïe, déjà je me dis : « ça va pas le faire », comme disent les jeunes. Effectivement, ça commence mal : le narrateur étale sa mauvaise humeur sur deux chapitres. « Ouh lala que je suis très fâché, mon papa a lu mon blog. C’est pas bien et gnagnagna, il m’a violé ». Oups le mot est lâché : viol virtuel. Je me dis : ça va me brouter si on tourne en boucle autour d’un crime qui n’en est pas un, même si je comprends qu’être lu par son parent alors qu’on ne lui a rien demandé  peut mener à une colère extrême (maman, si tu nous écoutes…).

 Le jeune homme décide alors de ne plus adresser la parole à son père, ce qui flingue à bout portant toute l’atmosphère familiale.

Et puis un soir, une caisse apparaît devant la porte du narrateur, avec un cutter. On se doute évidemment de qui ça vient et ce qui s’y trouve. La question, c’est : « ouvrir ou pas ? ». Et si c’était la boîte de Pandore ?

Il finira par l’ouvrir. Evidemment.

Avis personnel (5 points, 1 point par argument)

Et là c’est la surprise. Alors qu’on s’attend à une caricature du langage djeuns ou à une critique des dérives du net, on se retrouve embarqué dans un roman d’apprentissage. Un ado, à l’aube de sa vie d’adulte, qui s’interroge sur la filiation, l’intimité, le secret.

J’en ai retenu un roman très touchant, nuancé, dont le message, s’il y en a un, est que la communication est la clé des rapports humains, qu’il faut s’ouvrir à l’autre pour se connaître soi-même, que la rupture est salvatrice, mais que la réconciliation est nécessaire.

Le blog, en fait, est un sujet secondaire ; ce sont surtout la confidence, la confiance et la parole les véritables sujets du roman.

Donc, avis positif pour « Blog », de Jean-Philippe Blondel, aux éditions Actes Sud Junior.

Rien à voir

Ceci étant dit, j’en profite pour vous faire part d’une découverte récente.

Sur mon blog wordpress, je peux voir les recherches Google des internautes qui ont mené à mon blog. Par exemple, si vous tapez « J’ai essayé pour vous » ou mon nom complet sur Google, vous risquez d’atterrir chez moi.

Jusque là, rien d’étonnant. Mais d’autres prospections internautaires sont plus étranges.

Voici un petit inventaire étonnant et non exhaustif de ces recherches (avec les fautes dans le texte) :

  • Derrick (jusque là, rien d’anormal)
  • blog secret de famille
  • la carte d’identité de babouche et dora
  • grosses femmes nue
  • fanny jandrain poitrine
  • bonnet a poil
  • la poitrine de fanny jandrain
  • cest quoi les impressions littéraires?
  • cefor cuisine
  • fetichiste foulard
  • lettre de refus de pocket jeunesse
  • un raton m’a fait rater ma rentrée
  • monia houdart rendez vous  
  • récits fouet seins
  • j’arrete jouer euromillions
  • baleine de soutien gorge
  • fourreau dans plot beton pour poteau
  • gang bang 2011 mons
  • fée arc en ciel magique
  • collants agression
  • mons chiot a donner
  • controle technique 9 mois de retard
  • taille haie carrefour avis
  • jambes écartées d’isabelle
  • isabelle strip teaseuse
  • la cape de coiffure en nylon chez la coiffeuse  

Je vous laisse méditer sur tout ça, vous qui voguez sur mes articles par consentement volontaire.

Bip bip, bip bip, ha ! mon gateau est cuit. A bientôt pour de nouvelles aventures. 

 

 

Mais quelle horreur !

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Amis bloguistes et bloguiennes,

Nous voici un pied dans le mois d’octobre et le soleil nous colle, cet avorton, alors qu’il ne nous a pas donné de nouvelles pendant tout l’été. Moi, je vous dis, je lui fais un peu la gueule, genre je me sers un café et je ne lui demande pas s’il en veut un.

Bon, j’avoue,  aujourd’hui,  je me réconcilie avec lui. Faudrait pas qu’il prenne la mouche et qu’il nous refasse le coup pourri de Juillet.

Radio Gaga

Hier, alors que j’avais mis la clim à fond dans la Nissan Note de mon papa (oui parce que ma Toyota a rendu l’âme au niveau de la roue avant droite et comme elle est archi rouillée de l’intérieur, impossible de rempl… Vous vous en fichez ? OK d’accord, je passe mon chemin).

Hier donc, je ramenais sa voiture à mon père qui me l’avait prêtée, vu que ma Toy… BREF, j’écoutais Bel RTL, parce mon père, il a bloqué le radio-CD sur Bel RTL et il ne sait pas comment… Je parle beaucoup de ma vie privée, non ?

Je suis tombée par hasard sur le pauvre Thomas Van Hamme, ex-poulain de la RTBF et nouvellement passé à la concurrence sur RTL, en reportage dans les allées de Disneyland Paris. En effet, le célèbre parc à princesses entame son marathon de 31 jours sur les traces de ce satané Halloween. Et de décrire la parade des méchants, et d’interroger les gniards sur leur sorcière préférée. Paaaaaauvre pauvre  pauvre Thomas Van Hamme, je disais donc. Je persiste et signe.

Par solidarité avec lui, je me suis improvisée une mission d’empathie expérimentale : « J’ai essayé pour vous guide au musée des horreurs ».

Salle 1

Et des monstruosités sur terre, il y en a ! A commencer par la panoplie obligatoire de toute déco qui se respecte en temps de festivités potironnes.

Le comble du mauvais goût, c’est de d’habiller toute sa façade en orange et noir. Et qu’on ne me dise pas que c’est pour les enfants. Ma fille ne fait pas de dépression annuelle si j’oublie par inadvertance de parsemer des squelettes cliquetants, des araignées dans leur toile, des potirons pourris, des sorcières poussiéreuses et des fantômes grimaçants dans l’allée du garage. Et le fait qu’elle soit exceptionnelle n’y est absolument pour rien.

Hasta siempre !

JE REFUSE de céder à cette dictature de la laideur. Ceux qui s’y sont soumis, ce sont les mêmes qui pendent le père Noël à leur balcon. Vous savez, ce machin informe, rouge et blanc, gorgé de pluie qui tente vainement de rentrer par effraction un éternel 24 décembre.

Père Noël / chauve-souris, même combat : beuheuaaargh (bruit de vomi).

Sujet tabou

Mais enfin, passons sans transition à la salle 2 de mon musée imaginaire de l’horreur.

A votre droite, la biosphère de Saint-Ghislain, petite ville coquette de Wallonie hennuyère. Je vous invite à faire une recherche internet sur l’objet : OMERTA ! Que ce soit sur le site officiel de la ville ou sur « internationale_sculpture_du_monde.com », point de trace de ce que tout le monde dans la région  appelle (et pardonnez-moi d’avance cette petite vulgarité) « la couille suspendue de Saint-Ghislain ».

Enfin, suspendue c’est beaucoup dire. Disons que la chose ressemble à un testicule de 2 mètres étiré vers le haut. Est-ce qu’il flotte ? Est-ce qu’il est centrifugé vers la lune ? Mystère…

Même moi, qui ne suis pas pourvue de ces attributs sphériques, chaque fois que je tourne autour (oui, la sculpture est plantée au milieu d’un rond-point près de la gare. On aime bien décorer nos ronds-points en Belgique), chaque fois donc, … j’ai mal.

Loulou, c’est moi

J’aimerais maintenant aborder un sujet délicat : un certain choix capillaire du moment, bien connu de toute Pina qui se respecte, tendance évolutive de la coupe Victoria Beckham. Les médisants évoqueront les putafranges. Souvenez-vous, en 2008, le monde de la mode adhère à une secte bien étrange : les adeptes de la coupe Dora l’exploratrice. A l’époque, notre  copine la plus fashion ressemblait à la fille cachée de Dora et du Playmobil chef de chantier. Vous imaginez ? Dora, seulement vêtue de son sac à dos, ondulant sur la chanson mélodieuse de la carte, devant un playmobil en rut. Aaaahhhhh, quelle horreur ! Aujourd’hui, Dora s’est laissé pousser les cheveux. Restent la frange qui ampute les sourcils et … le dessin animé, bien sûr, une épouvante à lui tout seul. 

Horrific !

Une petite fille de 8 ans, fan d’Anna Wintour, qui traîne dans les bois avec un singe à bottes rouges au lieu d’aller à l’école, qui branle rien de ses journées  qu’à courir après des bulles de savon ! Oui, je suis vulgaire, oui ! Mais cette série est complètement immorale, ça me met hors de moi.

Qui c’est qui fait tout le boulot pendant que la petite se bourre le foie de myrtilles ? Qui ? Qui ? Mais votre enfant bien sûr !

  • « J’ai besoin de ton aide »
  • « Lève les bras et tire. Tire. Tire. »
  • « Allez, rame. Rame. Rame. »

Non mais franchement, c’est de l’exploitation pure et simple, du pédo-esclavage organisé. Et qu’est-ce qu’il récolte l’enfant en guise de salaire ? Un odieux et souriant : « Merci de ton aide, nous n’y serions jamais arrivés sans toi ». HONTEUX !

Et je ne vous parle pas de Chipeur, renard à l’accent vaguement italien, kleptomane de formation (ben tiens !), ni de la carte, le compagnon homosexuel de Sac à dos.

Dès que mon billet est rédigé, j’appelle la protection de l’enfance.

La clé, la clé !

Des horreurs télévisuelles, il y en a à foison. Je ne pouvais rédiger cette chronique sans évoquer un musée de l’étrange à lui tout seul : Fort Boyard. Autant vous le dire tout de suite (et je dis souvent « autant vous le dire tout de suite »), je n’ai jamais rien compris à ce jeu :

Des candidats qui courent dans un château sur pilotis, à la recherche de clés dissimulées sous des rats ou dans une mygale, qui à peine entrés dans une salle de torture, s’entendent hurler : « Sors, SORS, SOOOOOOOOORS », qui ne comprennent rien aux énigmes du père Fouras, qui sont faits prisonniers à leur grand désespoir, puis libérés, puis re-prisonniers mais volontairement, qui au bout du compte échouent à toutes les épreuves, mais qui gagnent toujours à la fin, suite à la résolution d’une énigme insondable digne des plus grandes heures d’un autre jeu mémorable : Pyramide.

–        Alors, vous avez « chiffon », « boudin », « clafoutis ». Vous pensez à quoi ?

–        Blablabla, on pense à « morue », Olivier.

Et les pièces tombent. Toujours.

Là où je décroche vraiment, c’est sur l’intérêt de gagner.

Ils gagnent des boyards ! Ça sert à quoi, les boyards ? A acheter des scorpions en Boyardie, le pays où le premier ministre de la reine Blanche-Neige s’appelle Passe-Partout ?

Parlons-en de Passe-Partout.

Non, rassurez-vous, je ne basculerai pas dans l’humour malsain sur les personnes de petite taille. Ce qui me choque réellement dans Fort Boyard, c’est comment on lui parle, au petit gars. Privé de parole, on lui accorde juste un face caméra, tous doigts levés dès qu’une clé a été décrochée.

Et Olivier Minne s’adresse à lui comme à un gamin de 5 ans pas assez rapide : « Allez, vite vite vite, Passe-Partout, on te passe devant, tu nous rejoins et si tu te perds, demande ton chemin à la carte, hahaha »

Pauvre Passe-Partout…

Inventaire

Je crois qu’il est temps de terminer cet article par toutes les horreurs auxquelles vous avez échappé :

  • Mon accouchement
  • Les bricolages de ma fille pour la fête des mères
  • L’épisode 198 de l’inspecteur Derrick
  • Les rediffusions de la guerre des voisins dans feu « Sans aucun doute »
  • L’assassinat d’un anguille avec objet contondant par Maïté
  • Les knakki balls au coulis de framboise de mon amie cuisiniste Ute
  • La pub pour la lotion contre les mycoses sous les ongles de pieds
  • Et bien sûr, la plus célèbre réplique de l’exorciste : « Ta mère s… biiiip des biiiiip en enfer »

Happy Halloween un peu à l’avance et … à dada.

 

Ma vie d’écrivain maudit Chapitre 4

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TOC (traque obsessionnelle compulsive)

Haaaa les lettres de refus du Dilettante. Elles sont célèbres dans le monde des romanciers de tiroir (ceux qui ont un roman dans le tiroir, qui y reste, faute de trouver une maison d’édition).  Il suffit de traîner sur quelques blogs ou sur les forums littéraires pour s’en rendre compte.

Ça y est, j’ai la mienne et je n’en suis pas peu fière.

Moi je suis une demi-nouvelliste de tiroir : de nombreuses nouvelles primées et éditées (heuu, trois en fait), un recueil dans le no man’s land postal des tentatives éditoriales.

Pour faire le point, j’ai osé une première salve de 5. Deux éditeurs m’ont répondu (Luce Wilquin et le Dilettante) après un mois d’attente fébrile :

6h27, après 3 abattages du rappel des 9 minutes sur mon réveil : rien dans ma boîte aux lettres. Trop tôt, le facteur dort encore.

6h40 : Mon téléphone est à 98 % de batterie. Ok

6h42 : rien sur yahoo.fr, rien sur gmail, rien sur gandimail, ….

7h : Boîte aux lettres

7h20 : meeeeeeeeeeerde, mon téléphone est sur silencieux… Han non, il sonne. C’est qui  c’est qui ? Ma mère ! Elle veut savoir si je passe manger de la ratatouille ce soir. C’est une blague ?

7h24 : faut que je parte

Vous multipliez l’espace-temps entre 6h27 et 7H24 par 10 et vous avez un aperçu plus ou moins réel d’une journée d’écrivain de tiroir.

NON !

Luce Wilquin, c’est fait, j’ai déjà déversé mon désespoir ivrognesque.

Le Dilettante mérite un article à lui tout seul, voire un blog, voire un roman.  Tout d’abord, présentons cette maison d’édition qui se revendique anarchiste. C’est d’abord une librairie parisienne où l’éditeur-libraire cuve sa mononucléose derrière le comptoir. Traduisez : quand j’ai déposé mon « projet » (on ne dit pas « manuscrit », mais projet) en mains propres, Monsieur  Dominique Gaultier dormait à côté de sa caisse. C’est vrai, lire 15 manuscrits projets par jour, ça épuise.

 En visant le Dilettante, j’ai eu un doute. Je savais que la maison était acerbe, réputée méchante envers les « wannabee » (ceux qui veulent être et qui ne sont pas encore… et qui ne seront peut-être jamais). On dit souvent que ce sont les stagiaires qui se chargent d’assassiner l’auteur amateur, histoire qu’il ne recommence pas ses conneries. Panpan cucu sur le chiwawa !

Mais en bon écrivain prétentieux, plein d’espoir et de naïveté, on se dit qu’on n’est pas comme les autres, qu’on a peut-être une petite chance.

Haaaaaa

Haaaa la petite chance. Comme si tous les aspirants en littérature ne croyaient pas l’avoir, cette petite chance, moi la première.

Comme promis, la réponse est arrivée vite et bien : moins d’un mois. Je vous la livre à sec (enfin, je sens que je vais m’imbiber très vite. Aujourd’hui, soyons fous, je me saoule au tiramisu).

                   M.lle,

                   Nous avons lu votre manuscrit, qui n’a malheureusement pas retenu notre attention.

                   «  Les nouvelles offrent trop souvent les mêmes types de personnages décadents.  Une prose bien triste. Vous gagneriez en substance à porter un regard, non pas moins noire, mais plus large sur le monde environnant »

                   Nous vous proposons de vous le réexpédier par voie postale à réception de la somme de 10 euros blablabla…

Signé Le service des manuscrits Hélène Voisin.

Vous vous dites : « elle a fait une faute, Isa, faut pas de E à noir ! ».

La faute est dans le texte !!! Ça c’est une vengeance basse et puérile : traquer la faute d’orthographe. ET IL Y EN A UNE, HELENE VOISIN, HA HA HA HA !

Commerce oblige : le courrier est accompagné d’un bon de commande. Véridique ! Comme si une scribouillarde guillotinée avait encore la tête à lire d’autres auteurs publiés, eux ! (Vous voyez que je suis fun, Hélène, je fais des jeux de mots).

Entre guillemets (ceux que j’ai mis plus haut), le texte écrit à la main qui s’insère dans la lettre-type.

Mon cœur balance…

J’hésite : rire ou me suicider.

Rions d’abord : visiblement, Hélène a lu en diagonale. Certes, la plupart des nouvelles sont mélancoliques, cruelles, noires, appelez–les comme vous voulez. Mais pas seulement. On rit beaucoup aussi : ce n’est pas moi qui le dis, ce sont mes lecteurs. Ouiiiiiiiiiiiii, mes lecteurs ne sont pas objectifs (mon chéri, mes copines, …). J’ADORE MES LECTEURS PAS OBJECTIFS. Le premier qui touche à mes lecteurs pas objectifs, je lui envoie une lettre du Dilettante.

Ensuite, pourquoi pas ? C’est tout à fait ma démarche : un petit monde à décrire où se déroulent des tragédies plus grandes que nos cages d’escaliers et qui côtoient parfois la légèreté absurde ou la magie du hasard. Oui j’accepte l’avis de cette pauvre Hélène, pour la moitié de mon recueil (celle qu’elle a lue … à moitié). J’élargirai mon regard dans une autre œuvre, de tiroir ou pas.

J’avance, je tiens compte, je cogite.

En attendant, je vise l’indigestion mascarponienne et le coma éthylique avec mon tiramisu. Puis je me suiciderai. Ou pas.

Ma vie d’écrivain maudit Chapitre 3

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Rage et désespoir

Mes propos risquent d’être incohérents ; je n’ai plus toute ma sobriété.

Bien que je n’aie plus de mazarelli dans le frigo, j’ai réussi à noyer mon chagrin. Tant qu’à sombrer dans le pathétique, j’ai cumulé la pochtronnerie (ce mot n’existe pas et je m’en fous), la crise de foie et la reprise de mon léger surpoids : je me suis saoulée aux Mon Chéri. J’adoooooore !

« Mais pourquoiiiiiii ? »,  me direz-vous ? (ne hurlez pas, j’ai mal à la tête).

Ne passons pas par quatre chemins (je n’ai pas le sens de l’orientation), mon recueil de nouvelles a été refusé par Luce Wilquin. Bouhouhou (là je pleure. Je le fais bien, hein ?)

Les raisons de cette injustice ?

Oooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooh, (le bourré a souvent des temps d’arrêt interminables dans sa conversation).

Oooooh, je disais donc, ce n’est pas que mon manuscrit est nul ou qu’il ne correspond pas à la ligne éditoriale, MAIS ! (silence du bourré).

Mais trop de nouvelles tuent la nouvelle, ils n’en lisent plus chez Luce Wilquin. Pour preuve, le mail reçu à l’instant. Extrait, maestro :

                             Chère Madame,

Bon, déjà, ça commence mal. Je suis une mademoiselle.

                             Nous vous remercions pour l’envoi de votre manuscrit.

Mais de rien, mon chéri.

                             Nous devons malheureusement vous dire que des recueils de nouvelles nous parviennent quotidiennement, alors que nous en publions deux ou trois par an seulement. Nous sommes donc contraints de renoncer temporairement  à les prendre en considération, car il n’y a aucune « place » disponible dans notre programme avant deux ans au moins… Désolés!

                             Nous vous adressons nos salutations les meilleures.

Quoi ? On ose me dire non sans m’avoir lu ! Je m’insurge.

Zzzzzzzzzzzzzzzzzzzz. Je cuve un peu et je me calme.

Vous savez ske j’y ai répondu au monsieur des manuscrits de Luce Wilquin :

                             Quel dommage, mon recueil est si bien !

Si si je vous jure, j’ai osé.

Ok, j’ai précisé que je plaisantais (quoique). J’y ai dit aussi au monsieur des manuscrits de Luce Wilquin que je lui enverrai un roman alors.

…………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………. 

Bon ben, il me reste plus qu’à l’écrire.

Pfffffou, faut vraiment que j’arrête les Mon Chéri.

Pourtant, quelqu’un m’a dit …

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Amis bloguistes et bloguiens (ou l’inverse),

Quel plaisir de vous retrouver enfin après 6 jours de silence bloguois. Comment survivre, comment respirer sans ton oeil indulgent et tes clappements de mains, public adoré ? Oh mon lecteur chéri, j’ai envie de te faire un câlin. Gngngngn.

Voilà, pour la tendresse c’est fait.

Oui, hier quelqu’un m’a dit : « Septembre, c’est tendre ».

Hahaha, j’ai envie de dire. Parce que non franchement, on n’a pas idée de trouver septembre tendre. Avec la nuit qui tombe à 4h et les premières gelées, faut pas déconner, moi j’aime personne. Surtout avec l’été pourri qu’on a eu. Juillet j’suis gelée !  Août, il est où ? On peut s’amuser avec tous les mois de l’année, ça ne changera rien. Autant vous faire aveu d’échec tout de suite, j’ai essayé pour vous d’être tendre. Et j’y suis pas arrivée.

La rentrée ?

Bon j’ai bien tenté de sourire avec tous les trucs funs qui arrivent en septembre, genre… la rentrée des classes, les embouteillages de la rentrée, le budget de la rentrée de la ptite, le précompte immobilier à payer, le contrôle technique à refaire trois mois après le précédent vu que j’avais 9 mois de retard avec le dernier.

De retard de contrôle technique, bien sûr. Pas de retard, retard quoi. Je ne suis pas enceinte. 9 mois de retard, je serais en train d’accoucher d’ailleurs. Ha ça non merci, j’ai déjà donné.

La collectivité scolaire ?

J’ai bien essayé d’être tendre avec mes élèves, mais là encore, c’est au-dessus de mes forces. 24 ados en rut qui se retrouvent après deux mois de friche, ça fait du bruit.

–   Putain, t’as fait quoi à tes cheveux, toi, t’es ouf ou quoi ?

–   Je t’emmerde.

–   Eh, les gars, Kévin il m’emmerde. T’as bouffé du requin pendant les vacances, Kévin ? T’as pas peur toi, espèce de bâtard, attends que jte nique à la sortie.

–   Lâche l’affaire, Ayrton, il est roux, c’est pas sa faute.

–   Wesh, wesh, tu pues, sale roux.

–   John, tu veux bien te taire (ça c’est moi).

JOHN : Hé c’est pas moi, ‘dam, c’est Ayrton. Bouffon va. La prof, elle m’engueule à cause de toi.

Ils finissent par s’insulter, mais très vite ça s’arrête. J’ai le calme et je peux enfin travailler. A tous les coups, ça marche : accuser à tort un élève pour qu’il se prenne la tête avec le vrai coupable. Grrrrr, diviser pour mieux régner, c’est ma devise. Prendre un élève pour taper sur un autre, ouaiiiiiiis. Alors, la tendresse là-dedans, vous devinez où je la mets ?

J’suis une dingue, moi, une guerrière. Septembre c’est la guerre oui. Mon Vietnam de l’horreur commence maintenant.

Apocalyse now !

Seule, perdue sur une île cauchemardesque (Mons), je taille dans le tas de la jungle hostile avec ma machette. Oups j’ai tué ma mère, oups, j’ai tué mon père. Oui mais lesquels ? Si vous vous souvenez bien, ma mère a trompé mon père avec Horst Tappert, alias Derrick et je ne vous l’ai pas encore dit, mais ça ne saurait tarder, mon père a fricoté avec notre ancienne voisine : Assamambala Kitayé, une vieille guinéenne infirme.

J’ignore qui je suis, si je suis noire ou bavaroise. J’erre dans un vide spatio-temporel. J’en veux à mes parents, les 4, à mon oncle, à ma sœur, J’AI PAS DE SŒUR !!! J’ai faim !

Le pourquoi du comment

Amis du blog, je suis au régime. Je suis à -4, -4kg, -4 de tension. Ma tension tend vers la tentation : J’veux du chocolat, de la graisse d’oie hydrogénée, des chipitos au reblochon, des fricadelles aux lardons, des nouilles sautées au saindoux… J’ai envie de tout, je suis en hypo-crasses. J’VEUX DES FRIIIIIIIIIITES.

Voilà pourquoi je ne suis plus capable de tendresse, public affolé. Je suis une asséchée du cœur, il n’y a que mon estomac qui parle. Je ne suis pas au régime, je fais un Koh Lanta de la bouffe. Ma Denis Brogniard en jupe, ma diététicienne, elle m’a concocté un programme d’enfer.

Antenne !

Me voici échouée à Mobouk Tinwane.

Je suis dans l’équipe des jaunes, les Tacontétèkaloraï.

On doit tous perdre 27 KG.

Notre cri de guerre : 1 2 3 MAIGRIR.

Bon c’est pas très original, mais ça nous motive.

WOUW, que je suis motivée, moi.

Epreuve de confort : aller délivrer le docteur Dukan, enfermé dans une cage en titane au fond de la lagune, avant qu’il ne se noie. Pour corser la chose, on est attaché à un ballon d’hélium qui nous empêche de plonger.

On a perdu. Dukan est mort. De toute façon, le cadeau de confort, c’était une balance électronique. Pfff !

Epreuve d’immunité : attraper une clé avalée par un iguane pour ouvrir la baraque à frites de la plage.

On a perdu. L’iguane est mort. De toute façon, on n’avait pas le feu pour faire chauffer l’huile de friture.

 

 

 

 

Mais rends la clé, tu vas t’étouffer !

 

J’ai été éliminée au premier conseil. Je crois que mon équipe n’a pas supporté que je termine les 14 kilos de bananes Chiquita qu’on avait trouvés la veille par hasard dans les cageots à côté de la tente.

On m’a proposé de faire le prochain Secret story. Mon secret : « J’avale 14 kilos de bananes en 33 minutes pendant que j’achève un iguane à la machette ».

Personne ne trouvera, d’autant que dans un an, j’aurai 27 kg en moins. Impossible de me reconnaître.

Super, je vais passer sur TF1. Je sens que la tendresse me revient.

Et si je faisais une dépression plutôt ?

En attendant un test expérimentalo-empirique de la thérapie de groupe en solitaire, je vous embrasse tendrement, chers lecteurs et je vous dis :

A bientôt et à dada !  

 

 Rest In Peace…