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Parce que je le vaux bien

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Amis bloguistes et bloguiennes,

Une fois n’est pas coutume, ce week-end, je suis allée chez le coiffeur.

Je vous épargnerai mon petit inventaire des coiffures tendance du moment. Moi qui vais chez le coupe-tifs à peu près toutes les années et demi, comment puissè-je être au courant des brushings à la mode 2011 ? Ce serait prétendre à des qualités de modeuse en chignon, macaron, natte, bigoudis, torsade et autre tresse que je n’ai pas. Donc, comme tous les ans et demi, j’achète 4 magazines spécial coiffure pour trouver mon nouveau look. Je passe en revue tous les sites internet experts en cheveux de star pour affiner ma recherche capillaire intensive. Et je sors du professionnel du shampoing avec systématiquement la même coupe : un dégradé sur la longueur, soyons fou, wouw.

Variante 

De temps à autre, j’ose une frange, plus ou moins déviée vers la droite. Une fois, j’ai même essayé la mèche Louise Brooks, genre un peu trop courte au-dessus des sourcils, mais le trop court « je l’ai choisi et je l’assume », pas le trop court « oups, j’ai ripé en voulant ajuster ma frange moi-même ce matin dans ma salle de bain ».

Foie gras

Il se passe toujours un truc étrange avec mes coiffeurs. Oui, j’ai plusieurs coiffeurs, à peu près 1 tous les ans et demi. Je change à chaque fois, quoi. C’est une maladie héréditaire. Ma mère aussi a ce syndrome pathologique. Et encore, chez ma mère, c’est pire. Moi, j’arrive encore à me faire comprendre et à sortir relativement satisfaite de mes coupes. Ma mère, elle, c’est autre chose.

Vous avez déjà vu une oie pourchasser un pauvre poussin innocent égaré sur le territoire de la gallinacée féroce (en fait, l’oie fait partie des anatidés, mais je ne m’appelle pas Wikipédia, je ne connais que les gallinacées en oiseau. Et les rapaces, vu que je suis fan des aigles. Mais ça c’est une autre histoire que je ne manquerai pas de vous relater) ?

Bref, pendant toute mon enfance, j’ai vu ma mère hurlant comme une oie en rut, mêlant les larmes à l’arrachage furieux de cheveux hirsutes, sortant honteusement du dernier élu capillaire et se précipitant dans la voiture de mon père penaud, coupable exécuté sur place pour avoir tenté un innocent « ça ne te plaît pas ? »

Re-bref, revenons-en à nos fourches. Je change souvent de capilliculteur. Je prends toujours rendez-vous quand je ne peux plus supporter la repousse de mes longs cheveux lisses qui me font ressembler à une espèce de madone prête à poser pour Léonard de Vinci. J’exige violemment un dégradé qui se voit et à chaque fois, le coiffeur (ou la coiffeuse, c’est selon) me conseille d’effiler en douceur. « Parce qu’après on regrette, on rebique de partout, on a du mal à rattraper ».

Un rêve éveillé

Ainsi, ça fait à peu près 18 ans que j’ai la même coupe : un dégradé timide sur la longueur. Ceci dit, je suis toujours bien accueillie la première fois (et la dernière en l’occurrence, vu que je change à chaque fois). Je dois vous le dire, je ne peux plus vous le cacher : d’après TOUS mes coiffeurs, j’ai les plus beaux cheveux du monde. Ha vraiment ! J’en ai même un qui m’a avoué avoir toujours rêvé de posséder la même crinière que moi. Je cite : « Des cheveux pareils, c’est mon rêve ». Texto. L’avant-dernière n’en revenait pas : « Je croyais qu’on ne voyait ça que dans les pubs d’Eva Longoria. Mais non, ça existe ». Et oui, j’existe vraiment en vrai. Dingue, non ?

Cependant, la dernière est imbattable. En matière de panégyrique sincère, elle a remporté le parpaing d’or de la flatterie en salon. D’abord, elle me trouvait belle. Très belle. Bon ça, je veux bien lui accorder. Il est vrai que je suis particulièrement sublime, surtout les cheveux mouillés sur une cape en nylon. Moi-même je m’émeus.

Ensuite, elle a eu une révélation. Et moi aussi, par la même occasion : il paraît que j’ai les yeux de Monica Bellucci. C’est vrai que ce qui frappe chez Monica Bellucci, ce sont ses yeux. Je me dis alors : « Elle va sans doute remarquer que j’ai aussi les seins de Momo (elle me les prête de temps en temps) ». Mais non, ma coiffeuse est restée très discrète sur mes attributs mammaires. L’émotion sans doute. Pour l’aider un peu dans son travail d’association flatteuse, j’essaie de faire ma célèbre moue Angelina Jolie, mais je pense qu’elle est distraite. Le téléphone a dû sonner à ce moment-là, je crois.

Oh surprise, une lueur de lucidité passe dans le regard acéré de cette chère dompteuse de ciseaux : elle se penche sur moi et grandiose, elle me murmure : « Tu as des lèvres magnifiques. C’est les tiennes ? » Naïvement, je réponds : « C’est celles de mon papa », vaguement vexée qu’elle ne repère pas ma filiation avec Lara Croft.

Le meilleur reste à venir.

En effet, après 36 ans d’ignorance, persuadée que ma tignasse brune tenait plutôt du long, lisse, effilé, voire plat, j’apprends avec stupéfaction, que j’ai les cheveux bouclés. Je conteste mollement : « Heu, non, j’ai les cheveux lisses depuis toujours ». Elle insiste : « Ha non, ils sont bouclés quand même ».

Elle saisit un flacon mystérieux, m’imprègne la chevelure d’une mixture suspecte et me fait peur en lançant soudain :   » J’ai envie de te les sécher au diffuseur ». Et de fait, après m’avoir forcé à mettre la tête en bas pendant 32 minutes et avoir enfoncé des drôles de pointes chauffantes dans ma chevelure pendouillante, elle m’oblige à me relever d’un coup pour saisir dans le miroir le reflet de ma réincarnation capillaire : je suis bouclée. Le spray spécial frisottis de star n’y est absolument pour rien !!!

Aujourd’hui, j’ai renié ma mère, qui m’a toujours caché que j’ondulais fermement. Après le coup de Derrick … Si ça se trouve, je suis noire et je l’ignore totalement. Depuis, je suis en thérapie. S’apercevoir qu’on vit dans le mensonge depuis si longtemps, ça laisse des traces, vous savez. Mais ça, j’en parlerai une autre fois, quand j’aurai vraiment sombré dans la déchéance de l’écrivain maudit et que j’aurai vendu mon âme en écrivant du Marc Levy.

En attendant ce suicide littéraire, je vous quitte avec mon sempiternel « à bientôt et à dada ».

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Petite leçon de linguistique ascensionnelle

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 Amis bloguistes et bloguiennes,

Je dois vous faire un aveu. Je suis à sec : plus rien de poétiquement valable ne sort de ma plume. Je pense alimenter prochainement les colonnes de Ma vie d’écrivain maudit, en espérant ne pas tomber dans un coma éthylique, assaillie violemment par ma flasque de Mazarelli.

Par contre, je me sens en verve olympique pour tester à tout va. Me voici donc en pleine recherche linguistique. Mon article portera sur les locutions idiomatiques, voire idiotes, les proverbes inversés et les maximes sans fondement. J’ai essayé pour vous les expressions populaires inconséquentes.

A la guerre comme à la guerre

Commençons sans plus attendre par le thème même de ce paragraphe, comme son titre l’indique subtilement : « à la guerre comme à la guerre ».

Dites, franchement, qu’est-ce que ça signifie cette expression, allez ? À la guerre… évidemment que c’est comme à la guerre. A la guerre, ce n’est pas comme dans … les pissotières avant une heure du matin (référence à  Pierre Louÿs qui a bien connu … les pissotières). Vous voyez ce que je veux dire, quoi.

Cette expression est ce qu’on appelle un « pléonasme », c’est-à-dire une répétition de ce qui a été énoncé.

Illustrations

Dans la famille « redondances inutiles », nous avons :

–          Appelons un chat un chat.

–          Je l’ai vu de mes yeux, voire « je l’ai vu de mes yeux vus ».

Je vous épargnerai le commentaire salace du style : « Tu veux le voir d’où, de ton … ? ». Non, non, non, évitons toute vulgarité dans cette rubrique, nos bloguiens sont distingués, nos bloguistes sont bath. Passons plutôt à la plus célèbre répétition tautologique animée : « J’suis la carte, J’suis la carte, J’suis la carte, J’suis la carte, J’suis la carte, J’suis la carte, J’suis la caaaaaaaaaaarte ».

 Explication

Cette auto-définition multiple a son sens évidemment. Elle permet l’identification indubitable du feuillet sautillant hors du sac à dos de Dora l’exploratrice. Mais quelle pédagogie ! Merci, messieurs les scénaristes et autres dialoguistes invétérés, « nous n’y serions jamais arrivés sans vous ».  

Notons au passage que dans la même série, au cas où il nous aurait échappé que le renard masqué s’apprête à tout moment à voler le doudou couineur de Babouche ou le ruban adhésif à paillettes (oui Dora ne dit jamais « papier collant » ou « scotch », elle hurle « ruban adhésif », « ruban adhésif », « ruban adhésif » pendant tout l’épisode où Totor se trouve dans un ballon dirigeable qui est en train de se dégonfler et … heuuuu, je vous jure que je ne suis pas fan). BREF, Chipeur, le renard donc, a droit aussi à son pléonasme patronymique, accompagné d’un formule identificatoire de ses activités illégales : « Chipeur, arrête de chiper, Chipeur, arrête de chiper, Chipeur, arrête de chiper ».

Applaudissons la manœuvre didactique.

Mais revenons à nos moutons.

Tiens, en voilà une expression qu’elle est belle. Celle-ci a une étymologie culturelle, directement héritée du Moyen-Âge, depuis La Farce de Maître Pathelin. Je n’en parlerai donc pas ici. On ne va tout même pas faire de l’érudition sur mon blog, quelle horreur !

Un peu de sociologie, que diable !

Ceci dit, en parfaite dialectologue que je suis, je me suis penchée sur les formules sociales.

Au cœur de notre quotidien, certaines locutions nous permettent de maintenir des liens verbaux absolument superficiels avec la population qui nous entoure. Par exemple, au détour d’un trottoir, lors d’un rencontre inopportune entre deux ménagères de moins de 50 ans ou dans le couloir de la DRH qui mène aussi à la machine à café,  nous pouvons entendre ceci :

–          Bonjour, ça va ?

–          Ça va. Et toi, ça va ?

–          Ça va, ça va, et toi ?

–          Ça va.

Mais que se passe-t-il si l’un des deux protagonistes répond : « Non ça ne va pas » ?  Malaise ? Compassion ? Lueur d’intérêt ?

Absolument pas ! Tout le monde se fiche de la réponse. Personne ne s’attend à une vraie réplique. Chacun est déjà au bout de son chemin. C’est horrible la vie, oui.

Le bon sens populaire.

Parfois, un espoir relationnel surgit quand on a tout perdu.

C’est le cinquième jour du mois et vous êtes déjà en négatif ?

Votre patron vous a habilement suggéré que vous étiez une sous-merde ?

Votre conjoint(e) (votre chat en fait) n’est pas rentré depuis 13 jours ?

Il n’y a plus de mazarelli dans le frigo ?

Vous êtes au bout du rouleau ?

Heureusement, Nadine et Georgette sont là, prêtes à relever le défi de vous sortir du marasme psychologique où vous êtes plongé :

GEORGETTE : Bah, tant qu’on a la santé, Madame…

NADINE : C’est le principal.

Aaaah, le bon sens populaire…

Truculences (inter)nationales

Dans le genre populaire, mon expression favorite est celle qui marque si finement, si élégamment, l’étonnement louviérois, le borain, le montois aussi, voire le carolo. Ami français, prends note, ceci est un petit bijou wallon du meilleur cru. Attention, prêts, partez :

–          Min ouais ? T’inwane ?

Traînez un peu sur le –wane, en accentuant le côté guttural du a.

Quelle poésie, quelle truculence. Même les allemands nous envient cette cocasserie drolatique. Et pourtant, nous sommes loin d’égaler la gaillardise pittoresque du plus beau représentant outre-rhénan dont je suis la plus proche parente. Ceux qui me sont fidèles savent très bien de quel père biologique caché je parle. Je veux bien sûr évoquer le burlesque et tant regretté Derrick et son célèbre :

–          Vite, Harry, enfile ton paletot, nous sortons. Un crime a été commis à la Bundestrasse.

Recensement linguistique inédit.

Sans transition, je voudrais vous faire partager une toute nouvelle découverte locutive. Chaque jeudi soir, je prends des cours de cuisine au CEFOR de Namur. C’est là que j’ai appris qu’un beignet de fromage mal pané pouvait, prise de note SVP , « chier dans la friture ».

Depuis, j’ai adopté l’idiome pour toute situation conflictuelle génératrice de mauvaise humeur.

Exemples :

MOI : Chéri, tu pourrais juste mettre ton bol de frosties usagé DANS le lave-vaisselle, plutôt que SUR le lave-vaisselle ? Tu sais, ça ne demande pas un effort surhumain : tu ouvres le lave-vaisselle … 

LUI : Ouais, ça va, ça va.

MOI : Oh, tu me chies dans la friture à la fin !

Oui, je sais, c’est un peu disproportionné comme réaction, mais je suis assez soupe-au-lait sur le sujet vaisselle. Laissons donc de côté les querelles domestiques et gardons notre entrain.

Petite leçon de dialogue courant.

Pour terminer, en bonne copine des situations extrêmes, je vais vous dicter une série d’expressions à replacer habilement dans la conversation, sans en avoir l’air.

BIC-FEUILLE-DICTEE

1)      Si vous êtes un ado post-boutonneux, néanmoins pré-dépucelé, en rébellion contre vos parents qui ne comprennent rien à vos revendications existentielles néo-artistiques, osez le « Oh ça va, excuse-moi d’exister ».  Claque dans la tronche assurée, hmmm, ça fait du bien quand ça fait mal.

2)      Le « du tout du tout »

Si vous êtes hôtesse à la caisse centrale du Carrefour, à la personne qui vous demande : « Dans quel rayon puis-je trouver une aléseuse portative avec rechargement automatique ? », vous répondez : « On n’a pas ça ici, Monsieur ». Systématiquement, le client enchaînera : « Du tout, du tout ? ». Poliment, réutilisez la même locution négative : « Du tout, du tout », plutôt qu’un agressif « Si, Duschmol, j’en ai 24 tonnes, des aléseuses portatives avec rechargement automatique, mais ta face ne me revient pas. Du tout, du tout ! »

Le « du tout du tout », expression d’insistance inutile volontairement redondante.

3)      A votre copain qui s’est empalé sur le taille-haie alors que vous vous retourniez pour lui dire bonjour, tentez le « Mais tu fibrilles, préparez-moi une voie centrale, 10ml de morphine et une ampoule de lidocaïne. Si la trémulation est trop rapide, je lui injecte de l’hématropine ».

Aaaah, une bonne petite expression médicale de derrière les fagots, ça fait toujours plaisir et vous avez l’air intelligent pour une fois.

Bien sûr, j’aurais pu terminer par une analyse de la plus célèbre réplique de l’histoire des salles obscures, empruntée au monument de l’horreur cinématographique, « L’exorciste », qui commence par « Ta mère » et finit par « en enfer ». Mais non, ne cédons pas à la facilité et au racolage honteux.

Je vous quitterai donc avec la locution qui fait désormais ma renommée planétaire :

A bientôt et à dada.

  Merci à Robert, pour son incroyable disponibilité en cette haute saison des aléseuses portatives.

Secret de famille

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Pour cette première bloguienne de J’ai essayé pour vous, je m’attaque à un thème éculé et éprouvé à plus va.

Quelle drôle d’expression « à plus va ». Si le Monsieur à droite (voir un article précédent) possède une étymologie complète, qu’il me contacte au plus vite, je n’en ai trouvé aucune sur Google.

Ha oui, mon sujet. Excusez-moi, j’ai une petite tendance à la digression. Alors, mon sujet traite d’un personnage hautement renommé, moqué et néanmoins chéri par des milliards d’adeptes du polar pour touristes de maison de retraite. Je propose cependant une expérimentation inédite, eu égard à mon angle d’analyse absolument personnel (vous allez comprendre). Aujourd’hui, j’ai essayé pour vous de regarder un épisode de Derrick.

Bon, pour rappel, pour ceux qui habiteraient en Alaska du Nord-Est (bienvenus sur mon blog, alaskaïtes) et qui ignoreraient encore l’existence du célébrissime inspecteur, Derrick est une espèce de télépersonnage, allemand de son état (l’Allemagne, bien sûr), toujours accompagné de son non moins célèbre acolyte Harry Klein. On ne parle pas assez de Harry Klein… D’ailleurs je n’en parlerai pas.

La série comprend, tenez-vous bien, 281 épisodes répartis en 25 saisons. Voilà pour la partie informative.

Narratologie

Passons maintenant au contenu émotionnel.

La majorité des meurtres et autres complots sordides se passent essentiellement à la Bundestrasse de Munich. L’univers de Derrick est peuplé de prostituées étranglées, de SDF alcooliques pédophiles, de chômeurs suicidaires cul-de-jatte, de riches industriels adeptes de gang bang et de dealers proxénètes professeurs de danse cubaine. Oui je sais c’est horrible.

Pourtant, si comme moi, vous devenez complètement derrickomaniaque, voire derrickomane, addicted to Derrick, BREF, si vous tombez par hasard sur un épisode de Derrick lors d’une après-midi de désœuvrement devant le programme de France 2 (ou France 3, ça varie), vous bannirez à tout jamais de votre vocabulaire la liste de mots suivants : virevoltant, tourbillonnant, étourdissant, impétueux, frénétique, bouillonnant, désopilant, cocasse, pétillant, ébouriffant, bondissant, esbaudifiant.

En effet, sachez qu’en Rhénanie occidentale, un épisode de Derrick est prescrit toutes les heures comme alternative homéopathique aux benzodiazépines.

Je peux en témoigner personnellement. Lors de ma grossesse en 2004-2005-2006, j’ai littéralement ingurgité l’intégrale des 25 saisons de l’inspecteur Derrick. Et bien je n’ai jamais vu un seul épisode en entier ! Je ne connais aucun dénouement aux multi-meurtres d’enfants séquestrés par de vieilles dames bi-polaires. Je me suis toujours endormie avant la fin. TOUJOURS. Et tout ce que je dis est vrai (ou pas).

Aaah

Une fois je me suis réveillée.

Derrick enquêtait sur le meurtre d’une jeune étudiante en dramaturgie, obligée de vendre ses charmes à un boucher amateur de photos pornos. Choquée, au bord de la nausée (à moins que ce ne soit les effets de la grossesse intra-utérine ?), j’ai rampé laborieusement sur le dos vers ma télécommande, j’ai réussi – J’AI REUSSI – à zapper sur une autre chaîne, et là, j’ai cru tomber dans un cauchemar hallucinatoire, dans une réalité alternative : sur la Une (première chaîne nationale belge francophone), le même épisode, avec la même étudiante obligée de vendre ses mêmes charmes au même boucher amateur de mêmes photos pornos se déroulait sous mes yeux ébahis.

J’ai crié.

Problème

Derrick est pour moi une énigme, une antithèse psychologique, un oxymore affectif, un dilemme thérapeutique. J’oscille sans cesse entre une vénération abjecte teintée de désir bigleux et la tentation abyssale d’un sommeil hypnotique mêlée de répulsion phobique.

Résolution

Tout cela a une explication bien sûr, que je compte vous donner ce soir (ou ce matin, ou… tout dépend de l’heure à laquelle vous lisez cet article). Ainsi, je serai enfin libérée du terrifiant secret de famille que je pense avoir mis à jour depuis peu.

Allez, je me lance : je soupçonne ma mère, ma propre mère, la chair de sa chair (ben oui, est-ce qu’on peut dire la chair de « ma » chair en parlant de sa mère, c’est ambigu), d’avoir entretenu une relation passionnée avec l’interprète du cultissime inspecteur.

Je suis la fille cachée de Horst Tappert.

Excusez-moi. Il m’est maintenant très difficile de poursuivre. D’autant que la rencontre avec le mi-auteur de mes jours n’aura jamais lieu. Papa nous a quittés…

J’espère que vous ne me tiendrez pas rigueur de cet intermède émotionnel peu professionnel. C’est ce qui fait aussi mon charme : ma sensibilité et ma fraîcheur.

SI, JE SUIS FRAÎCHE !

Rendez-vous … le mois prochain (on va dire que c’est un billet mensuel pour l’instant) pour une nouvelle vérification en milieu donné.

A bon lecteur, salut et à dada.