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Journal d’écriture 1

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Spleen…

 Je viens de terminer mon recueil et je me sens orpheline. Treize nouvelles sur la solitude et la douleur de l’absence : Le manège immuable des amertumes.

J’y décèle mes thèmes de prédilection : la mère, l’amour, le couple, la violence, la folie, la vie ordinaire, l’ennui…

Je commence déjà à regarder mon œuvre (œuvre dans le sens étymologique du terme bien sûr), mon travail, comme un ovni, un objet lisse qui ne m’appartient plus.

J’y ai mis de moi, de mes fantasmes, de mes muscles aussi (quelle idée de pianoter, l’ordinateur sur les genoux, dans un vieux canapé !), de mes peurs, de mes questionnements.

 J’ai corrigé, relu, relu encore. J’ai montré chaque nouvelle à mon homme. J’ai envoyé l’ensemble à mes amis. Et je me retrouve toute seule avec la fièvre qui m’habite encore, celle qui vous empêche de dormir parce que la plus belle phrase de la littérature de ces trois derniers siècles vient de vous transpercer l’esprit, celle qui vous cloue aussi vite dans le sommeil, épuisé et qui vous nargue le matin parce que votre métaphore proustienne s’est échappée. Perdue la phrase Goncourt !

 J’ai cette sensation-là dans la nuque et la poitrine. J’ai un trop-plein de mots et des émotions à mettre en musique mais j’ai égaré mes échéances. J’ai accouché et je suis en plein post-partum littéraire. Je devrais dire en plein post-scriptum, mais l’expression existe déjà, pour autre chose.

 Voilà ce que je fais, en rédigeant cet article, la première date de mon journal d’écriture : j’écris un post scriptum, pour garder encore un tout petit bout de l’ivresse d’écrire avant la fin, avant de couper le cordon de mon bébé.

J’attendrai les commentaires avisés de ma famille choisie, puis je livrerai cette partie de ma vie aux chemins de la poste.

Allez, j’ose et demain je serai gaie.

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