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Ma vie d’écrivain maudit Chapitre 5

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Ma vie d’écrivain maudit : the end.

Ha mes amis, me voici enfin de retour. Oui, je sais, ce fut long et douloureux, telle une grossesse littéraire indésirée. Vous vous demandiez où diable j’avais bien pu m’envoler, si ma passion dévastatrice pour le mazarelli ou les Mon Chéri avait eu raison de mon âme, si mon suicide au tiramisu avait fait son œuvre.

Foule en délire

Hé bien non, je suis en vie. Ne hurlez pas, je vous prie, Madame, vous vous donnez en spectacle. MONSIEUR, rhabillez-vous s’il vous plait, nous ne sommes pas sur … hmmm, tournez-vous un peu pour voir. Mais c’est que vous êtes croquignolet… Heuuu, je m’égare. Fans en délire, je vous ai manqué, je le sais. Vos témoignages désespérés me sont parvenus et ont su toucher mon cœur. J’en ai dénombré au moins 2, dont celui de mon éditeur.

« Mais qu’entends-je, qu’entends-je ? Elle a dit mon éditeur ? »

OOOUUUUUIIIII, chers bloguistes zé bloguiens, la malédiction est enfin levée : mon recueil de nouvelles a trouvé acquéreur. L’extraordinaire et talentueuse maison d’édition Quadrature a accepté mon « projet » et me voici publiable en 2013, voire fin 2012.

Certains me diront de ne pas crier victoire, ni de vendre la peau de l’ours avant de l’avoir anesthésié (aucun animal n’a été maltraité dans cette rubrique) vu que 2012 a plus de chance de voir la fin du monde par explosion volcanique teuton que la parution de mon œuvre.

VIIIIIICCCCCCTOOOOOOOOOOOOOOIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIRRRRRRRRRRREEEE !!!!

Je crie si je veux, Monsieur.

Diète

En attendant, mon foie est en suspens. Après une overdose sylvestrienne à la méthode champenoise  à laquelle personne ne peut échapper, j’entre en cure comme en littérature. En effet, je compte bien me la péter en novembre 2012 dans tous les salons et autres rencontres littéraires, ce qui signifie que mon objectif principal dans les semaines à venir est de perdre 20 kilos.

Oui, je sais, en tant qu’auteur, je devrais avoir d’autres priorités, comme (je cite MON éditeur. Je dirais même plus MES éditeurs, puisqu’ils sont 8, dont 2 rien que pour moi, je vous expliquerai ça une autre fois, là, on parle de moi si vous voulez bien) revoir la structure générale du recueil, modifier la première nouvelle qui n’est pas du niveau exceptionnel de la seconde (enfin, exceptionnel, je l’ai ajouté, mais ils l’ont pensé tellement fort que je me permets), trouver un autre titre.

Quoi mon titre ?

Bon, d’accord, il y a plus réjouissant comme entrée en matière. Si vous ne vous suicidez pas après l’avoir lu, c’est que vous êtes déjà mort. Je cite,  « Le manège immuable des amertumes ». Cher public fidèle et assidu, je lance donc un appel aux propositions. Qui trouvera un titre moins dangereux pour la santé mentale de mes futurs lecteurs ?  Trois mots sont interdits : corde, anxiolytiques et crémation. Je le conçois, ça va être dur mais je sais que vous pouvez y arriver.

J’ai déjà demandé son avis à la maison d’édition parisienne « Le dilettante » qui m’a gratifiée, souvenez-vous, d’une lettre de refus insultante à souhait. Ils m’ont fait les propositions suivantes :

«  Laissez-nous tranquilles, Mademoiselle, nous ne sommes pas conseillers en marketing littéraire ». Mais je le trouve un peu long comme titre, non ?

Ensuite, ils ont suggéré à ma cinquième demande :

«  Allez-vous faire foutre avec vos nouvelles à la con, nous ne publions pas de belges bipolaires ». Mais j’ai trouvé que ça irait mieux à un roman d’Amélie Nothomb qu’à mon recueil.

Enfin, leur dernière proposition me semble la meilleure mais j’aimerais avoir l’avis de mes bloguistes. Que pensez-vous de :

«  Convocation au Tribunal Pénal de la préfecture de Paris XVème pour harcèlement moral par voie épistolaire ». J’aime assez. En tout cas, merci le Dilettante pour ces encouragements à vaincre enfin la malédiction de l’écrivain qui m’a tant brimée cette année.

Bref, ma vie d’écrivain maudit s’arrête ici.

 

 Toi, t’es mort.

Ma vie d’écrivain maudit Chapitre 4

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TOC (traque obsessionnelle compulsive)

Haaaa les lettres de refus du Dilettante. Elles sont célèbres dans le monde des romanciers de tiroir (ceux qui ont un roman dans le tiroir, qui y reste, faute de trouver une maison d’édition).  Il suffit de traîner sur quelques blogs ou sur les forums littéraires pour s’en rendre compte.

Ça y est, j’ai la mienne et je n’en suis pas peu fière.

Moi je suis une demi-nouvelliste de tiroir : de nombreuses nouvelles primées et éditées (heuu, trois en fait), un recueil dans le no man’s land postal des tentatives éditoriales.

Pour faire le point, j’ai osé une première salve de 5. Deux éditeurs m’ont répondu (Luce Wilquin et le Dilettante) après un mois d’attente fébrile :

6h27, après 3 abattages du rappel des 9 minutes sur mon réveil : rien dans ma boîte aux lettres. Trop tôt, le facteur dort encore.

6h40 : Mon téléphone est à 98 % de batterie. Ok

6h42 : rien sur yahoo.fr, rien sur gmail, rien sur gandimail, ….

7h : Boîte aux lettres

7h20 : meeeeeeeeeeerde, mon téléphone est sur silencieux… Han non, il sonne. C’est qui  c’est qui ? Ma mère ! Elle veut savoir si je passe manger de la ratatouille ce soir. C’est une blague ?

7h24 : faut que je parte

Vous multipliez l’espace-temps entre 6h27 et 7H24 par 10 et vous avez un aperçu plus ou moins réel d’une journée d’écrivain de tiroir.

NON !

Luce Wilquin, c’est fait, j’ai déjà déversé mon désespoir ivrognesque.

Le Dilettante mérite un article à lui tout seul, voire un blog, voire un roman.  Tout d’abord, présentons cette maison d’édition qui se revendique anarchiste. C’est d’abord une librairie parisienne où l’éditeur-libraire cuve sa mononucléose derrière le comptoir. Traduisez : quand j’ai déposé mon « projet » (on ne dit pas « manuscrit », mais projet) en mains propres, Monsieur  Dominique Gaultier dormait à côté de sa caisse. C’est vrai, lire 15 manuscrits projets par jour, ça épuise.

 En visant le Dilettante, j’ai eu un doute. Je savais que la maison était acerbe, réputée méchante envers les « wannabee » (ceux qui veulent être et qui ne sont pas encore… et qui ne seront peut-être jamais). On dit souvent que ce sont les stagiaires qui se chargent d’assassiner l’auteur amateur, histoire qu’il ne recommence pas ses conneries. Panpan cucu sur le chiwawa !

Mais en bon écrivain prétentieux, plein d’espoir et de naïveté, on se dit qu’on n’est pas comme les autres, qu’on a peut-être une petite chance.

Haaaaaa

Haaaa la petite chance. Comme si tous les aspirants en littérature ne croyaient pas l’avoir, cette petite chance, moi la première.

Comme promis, la réponse est arrivée vite et bien : moins d’un mois. Je vous la livre à sec (enfin, je sens que je vais m’imbiber très vite. Aujourd’hui, soyons fous, je me saoule au tiramisu).

                   M.lle,

                   Nous avons lu votre manuscrit, qui n’a malheureusement pas retenu notre attention.

                   «  Les nouvelles offrent trop souvent les mêmes types de personnages décadents.  Une prose bien triste. Vous gagneriez en substance à porter un regard, non pas moins noire, mais plus large sur le monde environnant »

                   Nous vous proposons de vous le réexpédier par voie postale à réception de la somme de 10 euros blablabla…

Signé Le service des manuscrits Hélène Voisin.

Vous vous dites : « elle a fait une faute, Isa, faut pas de E à noir ! ».

La faute est dans le texte !!! Ça c’est une vengeance basse et puérile : traquer la faute d’orthographe. ET IL Y EN A UNE, HELENE VOISIN, HA HA HA HA !

Commerce oblige : le courrier est accompagné d’un bon de commande. Véridique ! Comme si une scribouillarde guillotinée avait encore la tête à lire d’autres auteurs publiés, eux ! (Vous voyez que je suis fun, Hélène, je fais des jeux de mots).

Entre guillemets (ceux que j’ai mis plus haut), le texte écrit à la main qui s’insère dans la lettre-type.

Mon cœur balance…

J’hésite : rire ou me suicider.

Rions d’abord : visiblement, Hélène a lu en diagonale. Certes, la plupart des nouvelles sont mélancoliques, cruelles, noires, appelez–les comme vous voulez. Mais pas seulement. On rit beaucoup aussi : ce n’est pas moi qui le dis, ce sont mes lecteurs. Ouiiiiiiiiiiiii, mes lecteurs ne sont pas objectifs (mon chéri, mes copines, …). J’ADORE MES LECTEURS PAS OBJECTIFS. Le premier qui touche à mes lecteurs pas objectifs, je lui envoie une lettre du Dilettante.

Ensuite, pourquoi pas ? C’est tout à fait ma démarche : un petit monde à décrire où se déroulent des tragédies plus grandes que nos cages d’escaliers et qui côtoient parfois la légèreté absurde ou la magie du hasard. Oui j’accepte l’avis de cette pauvre Hélène, pour la moitié de mon recueil (celle qu’elle a lue … à moitié). J’élargirai mon regard dans une autre œuvre, de tiroir ou pas.

J’avance, je tiens compte, je cogite.

En attendant, je vise l’indigestion mascarponienne et le coma éthylique avec mon tiramisu. Puis je me suiciderai. Ou pas.

Le Leitmotive Opus 2 est arrivé !

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Jacques Flament demande à ses auteurs de reproduire le communiqué suivant sans modération et je ne suis pas peu fière de m’exécuter vu que je suis dans les lauréats.

Faites passer !

119 AUTEURS ONT PRIS LE TRAIN EN MARCHE… 
Il était en effet question d’histoires de voies ferrées pour ce nouvel opus du concours de Jacques Flament éditions. 

Le train LEITMOTIVE 2 du 15 septembre 2011 comporte 28 wagons, tous de première classe, autrement appelés nouvelles.
Elles devaient toutes débuter par les phrases suivantes :  « Fatigués de lutter contre les forces d’inertie, nous roulions soudés vers la nuit, subissant l’odeur aigre des corps entremêlés. Le bruit sourd et saccadé de l’acier sur les rails étouffait les soupirs. »
Près d’une moitié des textes publiés traite d’un problème toujours douloureux et bien présent dans la mémoire collective : la déportation. 

248 pages, 28 auteurs aux univers et imaginaire débridés, c’est certes beaucoup de lauréats mais il n’en reste pas moins que 91 textes n’ont pas été publiés, même si nombre d’entre eux méritaient de l’être. Le revers de la médaille pour tout appel à textes, et la règle du jeu inévitable dès lors qu’il s’agit d’un concours soumis à une sélection finale !

Se côtoient dans ce nouveau recueil, présenté en deux parties bien distinctes (afin d’éviter tout amalgame) : une première partie nommée DÉPORTATION avec des textes à caractère résolument mémoriel ; une seconde partie, intitulée VARIATIONS FERROVIAIRES, où des univers différents s’y côtoient, parfois réalistes, futuristes, incitant au voyage, parfois beaucoup plus légers, voire frivoles, l’allusion aux corps entremêlés n’ayant pas laissé insensibles certains des auteurs. 

LEITMOTIVE, Opus 2, 16,90 €, disponible à partir du 15 septembre 2011,
Pour vous procurer l’objet-livre, résultat final de ce deuxième opus, suivez ce lien :


Sachez également que l’opus 1, ayant pour thème la marée, est, quant à lui, toujours disponible au lien suivant :

 

Ma vie d’écrivain maudit Chapitre 2

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Il y a trois jours, j’alimentais ma catégorie des bonnes nouvelles avec une surprise éditive dans ma boîte aux lettres.

Aujourd’hui, le soufflé est retombé.

Ma mailbox m’a renié.

Comme tout écrivain maudit qui se respecte, j’ai eu droit à ma lettre de refus type :

Madame,

Nous avons bien reçu votre texte et nous vous remercions d’avoir pensé à nos collections pour sa publication éventuelle. Nous ne pourrons cependant pas donner suite à votre proposition, votre texte ne correspond pas à notre politique éditoriale actuelle.

Dans l’attente de vous lire, bla bla bla…

Signé : Madame Pocket Jeunesse.

 

QUOI ? Mon texte ne correspond pas à notre politique éditoriale actuelle. C’est une blague ou quoi ? Que Monsieur Gallimard me jette comme un mouchoir morveux, je le conçois. Que les éditions numériques Walrus me fassent faire un tour de manège gratuit, j’y trouve encore mon compte.

Mais que Pocket Jeunesse trouve que mon texte ne correspond pas à notre politique éditoriale actuelle, j’avoue, je suis vexée.

Je n’en suis pas encore au record d’un certain Maginhard dont l’Apostrophe aux Contemporains de Ma Mort a été refusé 150 fois !!! Pour ceux qui ont une ou deux semaines à tuer, je vous propose de toutes les lire ici.

Moi, c’est différent. Je sens l’artiste raté monter en moi, celui qui vomit les professionnels du livre, celui qui décèle un complot anti-génies fomenté par de sombres étudiants payés à la semaine pour simuler le comité de lecture, qui n’ouvrent même pas votre présssssieux si chèrement relié chez Copy Print, surtout s’il est bon (le préssssssieux, bien sûr).

Je me sens habitée par l’autopyromane  furieux, à la recherche d’un bûcher des vanités pour y sceller définitivement le sort de son œuvre maudite afin de soustraire à l’humanité inculte une création de cette envergure.

Vite mon Mazarelli.

…………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………..

Maintenant que je suis saoule, je peux être honnête. Mon roman de jeunesse n’est pas une œuvre impérissable. Le pitch vous le confirmera : dans le tome 1, Lisou, petite fille de six ans est initiée à la magie des fées pour sauver les cinq mondes.

Ok, on ne fait pas dans l’originalité : les petites filles sont mignonnes, il y a une méchante sorcière Ténébra qui veut tout péter, les fées ont des baguettes et des paillettes partout, …

Mais enfin, Madame Pocket, peut-on reprocher à une jeune auteur superbe et innovante (biffer les mentions inutiles) que son texte ne correspond pas à notre politique éditoriale actuelle, quand on édite Les chatons magiques, dont l’accroche est tout de même la suivante :

As-tu vu ce chaton angora roux ? Flamme est un chaton magique de sang royal, et son oncle Ébène est très impatient de le retrouver. Flamme est difficile à repérer, car son poil change souvent de couleur, mais tu peux le reconnaître à ses grands yeux vert émeraude et à ses moustaches qui grésillent de magie ! Il est à la recherche d’un ami qui prendra soin de lui. Et s’il te choisissait ?

Je vous laisse méditer.

C’est vrai, vous vous renouvelez rapidement, et peut-être que la politique éditoriale d’hier n’est pas celle d’aujourd’hui. Pour preuve, je vous l’accorde, une nouvelle série annoncée sur le site en ces termes :

ATTENTION, NOUVELLE SÉRIE !

Les Chiots magiques font leur entrée ! L’un d’entre eux est perdu dans le royaume des hommes. Si vous le voyez, prenez soin de lui, il a besoin d’un ami !

 

 

Je m’éloigne peut-être trop de vos collections 6/9. C’est vrai que je me trouve peu de points communs  éditoriaux avec la série Les fées des bijoux dans l’arc-en-ciel magique. Je n’offre pas de papillon.

 

 

Vous plaisantez ou quoi ?

Bah, c’en est fini, fini, de mon expérience des romans féériques pour petites filles. Je vais plutôt écrire une thèse sur le suicide éthylique par transfusion de mazarelli en milieu suburbain.  Je gerberai mon fiel sur tous ces éditeurs ingrats et vous serez maudits, entendez-vous, MAUDIIIIIIIIIIIIIITS.

Elle disparut dans un brouillard épais. On entendit résonner son rire sardonique dans la nuit  glacée. Et on ne la revit plus jamais.

 

En voilà une nouvelle qu’elle est bonne !

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Ha ben ça alors. Ou j’ai rien compris, ou la Police de Liège est une petite coquine.

Hier après-midi, je rentre chez moi, éreintée par une journée de dur labeur (retrouver les collègues, accueillir les élèves, papoter avec les collègues, acheter un sandwich, pouh ! Je suis crevée).

Bref, j’atteins tant bien que mal ma boîte aux lettres et là, oh surprise, une grosse enveloppe de la Police de Liège.

Qu’est-ce que j’ai encore fait ? que je me dis, pessimiste.

Mais rien, mes amis, rien! Ou plutôt, rien d’illégal. Quelque chose de culturel même. J’en ai déjà parlé  sur ce blog, mais j’ignorais que le produit de mon imagination lubrique allait trouver sa (petite) place dans une édition chez Luce Wilquin, dame Wilquin, maîtresse Wilquin !

Ma nouvelle « Au suivant » est donc publiée dans le recueil collectif « Strip-tease » suite au concours du même nom organisé par la Police de Liège.

J’ai le droit de me la péter, non, au moins une soirée ? Alleeeez.

Au passage, je note qu’un visiteur de mon blog est repris dans les lauréats. Je cite : Daniel Fattore. Hasard ou Monsieur est plus vif que votre dévouée ? Je pense qu’il est plus vif. D’ailleurs, il a déjà publié un article sur son blog à propos de notre publication commune.

Félications Monsieur Fattore.

En vente dans toutes les bonnes librairies évidemment (même les mauvaises, on s’en fout, après tout, tant que le livre est bon) au prix de 14€.

Journal d’écriture 2

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Doute….

Ma voici fin prête à envoyer mon manuscrit.

Je l’ai relu, pas de fautes, de belles tournures de phrases, de grandes métaphores, des histoires à couper le souffle (enfin surtout la quatrième…)

Quinze nouvelles sur nos quotidiens cruels, où l’ennui répétitif des jours côtoie l’horreur la plus sordide.

Tous ceux qui les ont lues les trouvent absolument époustouflantes : mes amis, mes parents, mon chéri, ma fille, mon chien…

Enfin… je n’ai pas tant d’amis que ça. Et ils ne se jettent pas par terre devant mon talent camusien de peinture  de la profondeur de la vie et mon sens proustien de la grammaire poétique. C’est possible, des amis pareils ?

Mes parents ? Ne l’ont pas encore lu. De toute façon, tant que je ne passerai pas à Apostrophes, ma mère n’admettra pas que je suis écrivain.

–          Ça n’existe plus, Apostrophes, maman

–          Bouillon de culture, alors ?

–          …

–          Ex-libris ?

–          Pffff.

Mon chéri ? Il adore quand j’écris, que je fais des roulés de cabillaud au gingembre, quand je range la vaisselle propre du lave-vaisselle à l’armoire, quand je change les meubles du salon de place, quand je monte une armoire Ikéa toute seule, … Objectivité sur l’échelle de Richter ? 0,5

Ma fille ? Elle ne sait pas encore lire. Tout est dit.

Mon chien ? Je n’ai pas de chien.

Alors, je doute.

Est-ce que j’ai bien fait de mettre cette nouvelle en premier ? Est-ce que j’ai laissé une faute, une coquille, un message subliminal involontaire (vite, je relis tout pour la 56ème fois). Est-ce que j’en fais assez ? Est-ce que j’en fais trop ?

Je tombe dans un vertige hitchcockien. Vous savez celui où on voit le personnage de haut, les 4 fers en l’air, happé au niveau des fesses par le tourbillon des turpitudes de son esprit dérangé, les yeux révulsés, un cri ininterrompu entre les dents ?

Ben ça, c’est ce que je vis !

Je vais arrêter de me lamenter non ? Je vais imprimer ce putain de manuscrit, le relire une 57ème fois, filer chez Copy print le photocopier en 5 exemplaires, le relier avec une spirale noire (j’aime bien les noires , moi), acheter des grosses grosses enveloppes avec des bubulles et l’envoyer !

Rendez-vous dans 6 mois pour un bilan des affaires : dépression ou champagne ?  Champagne de toute façon, vu que je suis une alcoolique notoire.

Quoi qu’il arrive, donc,

CHAMPAGNE !

P.S. : Je suis sûre que, si j’ai un commentaire, ce sera pour me demander la recette de mes roulés de cabillaud au gingembre. Alors c’est non tout de suite. Secret d’état. Bon, seulement si vous êtes ma mère alors. Sinon, c’est non.

Les bonnes nouvelles Stade 0

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Quoi ? Pas de prix, pas de publication aujourd’hui ? Le monde de l’édition m’aurait-il oublié ?

Sait-il seulement que j’existe ?

Autant répondre tout de suite, histoire de vous épargner un suspense insoutenable : non.

La réponse est succincte, certes mais tellement vraie (c’est mon côté Camus : atteindre la vérité absolue en une phrase circonspecte).

Pfff.

J’ai un peu peur que mes articles alimentent plus la catégorie Ma vie d’écrivain maudit que Ce que le critique littéraire du Monde pense de moi.

Ma vie d’écrivain maudit Chapitre 1

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Parce que l’écriture c’est mon actu et que je viens de me faire flinguer par une maison d’édition.

Aïe

 J’ai envie de partager ma douleur, mon spleen, ma soul.

Ami lecteur, confident bloguien, sache qu’il y a quelque temps, j’étais une jeune auteure en vogue, hyper branchée et sollicitée. Et oui, en novembre 2010, j’ai publié dans une grande maison d’édition nationale mon œuvre « Passage de mémoire ».

 Enfin… ma nouvelle a été publiée.

Dans un recueil collectif.

Par une asbl liégeoise.

 Oh ça va ! N’empêche que j’ai participé à une impressionnante conférence de presse à propos de mon bouquin.

En fait c’était une rencontre littéraire entre les auteurs du recueil à la librairie de l’asbl.

 Mais il y avait un journaliste du Soir, nom de nom.

Oui, c’était un des auteurs du recueil, mais c’est un détail.

 J’ai signé des autographes, moi Monsieur !

Enfin, on s’est dédicacé mutuellement le recueil.

 Néanmoins, j’ai plein de projets. Je suis en contact avec une maison d’édition parisienne de livres numériques enrichis. Enfin j’étais. Le directeur de collection vient de me conseiller de me tourner vers l’édition papier. Walrus, pour ne pas la citer, est un studio de création et d’édition de livres numériques enrichis. Sa vocation est de, je cite, proposer à ses lecteurs et clients des livres numériques innovants et immersifs, dont le texte est augmenté de contenus multimédia et interactifs. En créant une expérience de lecture nouvelle, Walrus lance l’édition sur des pistes inédites.

 Complètement insipide ce projet, n’est-ce pas ?

 Bref, après m’avoir fait retravailler mon roman pour enfants pendant  trois mois, ils me proposent de le faire éditer chez Gallimard Jeunesse. Enfin, ils me conseillent sagement de leur envoyer. Ils m’envoient à la merte oui !

Baudelaire, Rimbaud et moi

Du coup, je suis devenue un auteur maudit. J’ai les cheveux en batailles, un foulard en soie autour du cou et une redingote noire. J’ai caché une flasque de Mazarelli dans mon sac et je fume l’opium le soir dans un bouge malfamé d’Hautrage-Etat (petit bled perdu au fin fond du Hainaut).

Ressaisissez-vous Josiane

Par contre j’ai une inspiration de dingue. Je suis sur trois créations de grande envergure. D’abord, je compte continuer dans la littérature de jeunesse. En prenant le train hier pour aller me prostituer à la prison de Mons, j’ai eu une idée lumineuse : l’histoire d’un jeune orphelin, souffre-douleur de son oncle et de sa tante, qui découvre qu’en fait il est un sorcier.  Il va vivre des aventures extraordinaires dans sa nouvelle école de sorcier et  combattre un méchant dont-je-n’ai-pas-encore-trouvé-le-nom.

 Ensuite, j’ai une idée de roman pour adultes : l’histoire d’une femme de chambre immigrée qui se fait  violer par un homme d’affaire puissant dans un hôtel new yorkais. Je n’ai pas encore décidé si elle va se faire broyer par la machine judiciaire américaine,  si elle va tomber amoureuse de l’homme d’affaire ou si au final elle deviendra une espèce d’Erin Brockovich guinéenne en faisant condamner à 125 ans de prison l’homme le plus puissant du monde.

 Je pense aussi à un récit d’anticipation : je vous raconte ? Dans un lieu incertain, à  une époque indéterminée, un immense raz-de-marée se met  à envahir la terre, rayant de la carte des villages entiers.  Une centrale nucléaire est touchée, menaçant à tout moment d’exploser. Le monde entier est suspendu aux lèvres de la présentatrice du JT, au moins pendant deux semaines. Mais surgit un événement complètement inattendu qui va bouleverser les spectateurs et leur faire oublier complètement la menace apocalyptique : un mariage princier. On ne pense plus qu’à la couleur du chapeau de la reine mère, au décolleté de la belle-sœur du marié, à la destination de la lune de miel. Si bien qu’on en oublie complètement que les réacteurs sont en fusion et que tout va mal en Centralie Nucléria.

Mais là, j’ai des doutes sur la crédibilité de l’intrigue. Je n’ai pas envie de me faire refouler une nouvelle fois par un éditeur bien intentionné.

Et si je devenais critique littéraire ?

En attendant, je devrais peut-être me contenter de faire la critique des autres auteurs, ceux qui PUBLIENT. Comme cette chère Sue Bentley. Ben oui, vous ne connaissez pas Sue Bentley ? LA célèbre auteure des « Chatons magiques ». Ça c’est de la littérature de jeunesse. Un petit chat qui a des pouvoirs magiques et qui se retrouve loin de chez lui, chez les humains parce que son oncle a pris sa place sur le trône et qu’il veut tuer le petit chaton gentil.

 Demain j’envoie mon tapuscrit à Pocket Jeunesse et s’ils le refusent, je lui explose sa truffe,  au chaton magique, et pas à l’aide d’un repousse-chat électronique (oui, j’ai un repousse-chat électronique dans mon jardin, je vous expliquerai un jour). Je lui envoie des cailloux magiques, je lui fracasse la queue avec ma flasque de Mazarelli. Bon j’arrête là, une demande d’ami vient de m’arriver sur Facebook. Une certaine Brigitte B. J’ai des doutes sur ses intentions « amicales ».

 P.S. : Mon correspondant chez Walrus était Julien Simon, qui, je dois l’avouer, a été exemplaire. Les insultes, les regrets, les tentatives de suicide sont purement humoristiques.

Re-P.S. : Depuis, Monsieur Gallimard a refusé ma saga pour enfants. Frustration …

Re-re-P.S. : Pas de nouvelles de Madame Pocket. Espoir ? Je retire tout ce que j’ai dit sur les chatons magiques.

 

Etat des lieux

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Faisons le point en attendant la suite (voir Les bonnes nouvelles ou Ma vie d’écrivain maudit)

 Novembre 2010

Publication de ma nouvelle Le rêve du marcheur  dans le recueil collectif « Passage de mémoire » aux éditions Territoires de la mémoire.

Disponible en ligne sur le site de l’asbl au prix de 6€ : ici

Thème : Tout est dit dans le titre du recueil. La publication était le fruit d’un concours sur le devoir de mémoire. L’association, très connue en Belgique, se présente en effet comme  un « Centre d’Education à la Résistance et à la Citoyenneté ».  http://www.territoires-memoire.be/

 L’histoire : scènes d’un monde mythologique où les dieux sont en perdition face à l’horreur humaine, entrecoupées par diverses voix des « marcheurs de la mort ». L’idée m’est venue de ce simple constat que toutes les guerres sont marquées par des marches de la mort où l’anonyme crève au bord du chemin.

 Juin 2011

Une lettre me parvient, de la Police. Et merde, je me suis fait avoir comme une schtroumphette (attendez, je vérifie l’orthographe), je disais donc,  je me suis fait avoir comme une schtroumphette schtroumpfette, une bleue quoi (oui je sais c’est nul mais je surfe sur la vague des blockbusters, on est commercial ou on ne l’est pas), je vais raquer pour un excès de vitesse ET mon retard multi-mensuel de contrôle technique.

Police de Liège, ouh, erreur sur la personne, je ne suis plus allée à Liège depuis novembre 2010 (voir plus haut). Oh surprise, j’ai une mention au concours de nouvelle policière de la Police de Liège ! Bonheur…

Thème : Striptease

L’histoire : monologue d’une stripteaseuse.

Titre : Au suivant

Août 2010

Après une attente désespérée (sur une plage de Corse), Jacques Flament m’envoie un mail pour m’annoncer que ma nouvelle Les existences amères a été retenue par le concours Leitmotive. Chaque trimestre, l’éditeur organise un concours dont la contrainte est de commencer sa nouvelle par les deux phrases imposées. Voir le site :

http://www.jacquesflament-editions.com/leitmotive/

L’histoire : elle commence par « Fatigués de lutter contre les forces d’inertie, nous roulions soudés vers la nuit, subissant l’odeur aigre des corps entremêlés. Le bruit sourd et saccadé de l’acier sur les rails étouffait les soupirs. »

Disponible dès le 15 septembre sur le site de l’éditeur au prix de 15€.

PS qui a son importance : Les nouvelles citées ne peuvent être mises en ligne en accord avec les éditeurs ou les organisateurs des concours. D’où la rubrique Défis (voir articles).