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Ma vie d’écrivain maudit Chapitre 3

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Rage et désespoir

Mes propos risquent d’être incohérents ; je n’ai plus toute ma sobriété.

Bien que je n’aie plus de mazarelli dans le frigo, j’ai réussi à noyer mon chagrin. Tant qu’à sombrer dans le pathétique, j’ai cumulé la pochtronnerie (ce mot n’existe pas et je m’en fous), la crise de foie et la reprise de mon léger surpoids : je me suis saoulée aux Mon Chéri. J’adoooooore !

« Mais pourquoiiiiiii ? »,  me direz-vous ? (ne hurlez pas, j’ai mal à la tête).

Ne passons pas par quatre chemins (je n’ai pas le sens de l’orientation), mon recueil de nouvelles a été refusé par Luce Wilquin. Bouhouhou (là je pleure. Je le fais bien, hein ?)

Les raisons de cette injustice ?

Oooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooh, (le bourré a souvent des temps d’arrêt interminables dans sa conversation).

Oooooh, je disais donc, ce n’est pas que mon manuscrit est nul ou qu’il ne correspond pas à la ligne éditoriale, MAIS ! (silence du bourré).

Mais trop de nouvelles tuent la nouvelle, ils n’en lisent plus chez Luce Wilquin. Pour preuve, le mail reçu à l’instant. Extrait, maestro :

                             Chère Madame,

Bon, déjà, ça commence mal. Je suis une mademoiselle.

                             Nous vous remercions pour l’envoi de votre manuscrit.

Mais de rien, mon chéri.

                             Nous devons malheureusement vous dire que des recueils de nouvelles nous parviennent quotidiennement, alors que nous en publions deux ou trois par an seulement. Nous sommes donc contraints de renoncer temporairement  à les prendre en considération, car il n’y a aucune « place » disponible dans notre programme avant deux ans au moins… Désolés!

                             Nous vous adressons nos salutations les meilleures.

Quoi ? On ose me dire non sans m’avoir lu ! Je m’insurge.

Zzzzzzzzzzzzzzzzzzzz. Je cuve un peu et je me calme.

Vous savez ske j’y ai répondu au monsieur des manuscrits de Luce Wilquin :

                             Quel dommage, mon recueil est si bien !

Si si je vous jure, j’ai osé.

Ok, j’ai précisé que je plaisantais (quoique). J’y ai dit aussi au monsieur des manuscrits de Luce Wilquin que je lui enverrai un roman alors.

…………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………. 

Bon ben, il me reste plus qu’à l’écrire.

Pfffffou, faut vraiment que j’arrête les Mon Chéri.

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Journal d’écriture 2

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Doute….

Ma voici fin prête à envoyer mon manuscrit.

Je l’ai relu, pas de fautes, de belles tournures de phrases, de grandes métaphores, des histoires à couper le souffle (enfin surtout la quatrième…)

Quinze nouvelles sur nos quotidiens cruels, où l’ennui répétitif des jours côtoie l’horreur la plus sordide.

Tous ceux qui les ont lues les trouvent absolument époustouflantes : mes amis, mes parents, mon chéri, ma fille, mon chien…

Enfin… je n’ai pas tant d’amis que ça. Et ils ne se jettent pas par terre devant mon talent camusien de peinture  de la profondeur de la vie et mon sens proustien de la grammaire poétique. C’est possible, des amis pareils ?

Mes parents ? Ne l’ont pas encore lu. De toute façon, tant que je ne passerai pas à Apostrophes, ma mère n’admettra pas que je suis écrivain.

–          Ça n’existe plus, Apostrophes, maman

–          Bouillon de culture, alors ?

–          …

–          Ex-libris ?

–          Pffff.

Mon chéri ? Il adore quand j’écris, que je fais des roulés de cabillaud au gingembre, quand je range la vaisselle propre du lave-vaisselle à l’armoire, quand je change les meubles du salon de place, quand je monte une armoire Ikéa toute seule, … Objectivité sur l’échelle de Richter ? 0,5

Ma fille ? Elle ne sait pas encore lire. Tout est dit.

Mon chien ? Je n’ai pas de chien.

Alors, je doute.

Est-ce que j’ai bien fait de mettre cette nouvelle en premier ? Est-ce que j’ai laissé une faute, une coquille, un message subliminal involontaire (vite, je relis tout pour la 56ème fois). Est-ce que j’en fais assez ? Est-ce que j’en fais trop ?

Je tombe dans un vertige hitchcockien. Vous savez celui où on voit le personnage de haut, les 4 fers en l’air, happé au niveau des fesses par le tourbillon des turpitudes de son esprit dérangé, les yeux révulsés, un cri ininterrompu entre les dents ?

Ben ça, c’est ce que je vis !

Je vais arrêter de me lamenter non ? Je vais imprimer ce putain de manuscrit, le relire une 57ème fois, filer chez Copy print le photocopier en 5 exemplaires, le relier avec une spirale noire (j’aime bien les noires , moi), acheter des grosses grosses enveloppes avec des bubulles et l’envoyer !

Rendez-vous dans 6 mois pour un bilan des affaires : dépression ou champagne ?  Champagne de toute façon, vu que je suis une alcoolique notoire.

Quoi qu’il arrive, donc,

CHAMPAGNE !

P.S. : Je suis sûre que, si j’ai un commentaire, ce sera pour me demander la recette de mes roulés de cabillaud au gingembre. Alors c’est non tout de suite. Secret d’état. Bon, seulement si vous êtes ma mère alors. Sinon, c’est non.