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Ma vie d’écrivain maudit ‘pisode 9

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‘pisode 9

Dites donc, vous, au fond. Je vous entends : « Qu’est-ce qu’il lui arrive encore à cette pauvre fille ? Elle sait même plus écrire correctement. Elle élague ses syllabes. A tous les coups, elle a attrapé la dépression de son éditeur/8 mâle. Ça pourrait se comprendre, avec toutes les galères qu’elle a vécues depuis le début de son entrée en littérature. Et puis, elle n’a pas un physique facile, soyons francs ».

Non mais, ça va aller, oui ?

Tout d’abord, j’écris tout à fait correctement, Monsieur J’oublie-mes-particules-de-la-négation. « Elle sait même plus écrire », on a fait mieux comme linguistique académique (et toc !). Ensuite, la dépression, ce n’est pas contagieux. Mon éditeur/8 mâle va beaucoup mieux depuis que… Ah, permettez, je garde les trois petits points pour plus tard.  Troisième précision : mon physique est très facile. Ce n’est pas parce que je ne suis pas une gourgandine vautrée dans la luxure que je n’ai pas mon petit succès. Pas plus tard que la semaine dernière, j’ai été étroitement convoitée par un certain L. charmé par mon parfum guerlainesque. Bon, il avait 10 ans et il était un peu hyperactif, mais tout de même, je plais encore, Môsieur.

Et les galères, me direz-vous ?

Ben, ça va en fait. Je m’en sors bien pour une maudite. Pour les initiés (et mes amis Facebook), « ‘pisode 9 »  fait référence à la Vebsérie, diffusée chaque semaine dans l’EXTRAORDINAIRISSIME émission sur le monde web, le Vinvinteur. Vinvin, le présentateur, il dit toujours « ‘pisode » à la place de « épisode », ça me fait rire. Bref. Ils m’ont pris un dialogue pour la Vebsérie, ‘pisode 11. C’est ici, à 17’38. Ma tronche sur France 5, on a vu pire, non ? Et vous jugerez par vous-même, cher Monsieur Ingrat, que je ne suis pas amputée de beauté. C’est ici, à 18’39. OUI, C’EST FURTIF, ET ALORS ? Comment ça, j’ai les joues bien remplies ? C’est la télé, Monsieur, ça grossit. Permettez, je fais une petite dépression et je reviens.

Voilà, ça va mieux.

Ça va même beaucoup mieux depuis que… Vous vous souvenez, les trois petits points, la guérison miraculeuse de mon éditeur/8 mâle bipolaire ? Et bien, aujourd’hui, je vous l’annonce officiellement en semi-exclusivité mondiale : mon recueil de nouvelles, « Le manège des amertumes » est en librairies et en vente en ligne depuis le 15 février 2013. (Semi, parce que je l’ai déjà annoncé à la moitié de la terre. Faites le calcul, ça correspond).

Que dire ?

First, I wanna thank my parents without qui I not serais pas là today. Then, thanks to my lover for his patience and his indefectible soutien. Thanks surtout to myself for my talent, for realize my own dreams, for what I am. I love me. Sorry, I am trop émue for continue. There are really angels on this blog !

Les retours

Ma copine du net, Kylie Ravera, a été the first of the world à écrire un article sur mon livre. Il faut dire qu’elle écrit elle-même des romans, une saga mathématico-policière plus précisément. Et drôle. Et tendre. Et bien foutue. Bref, son article est à l’image de son héros, Peter Agor : drôle, sincère et surprenant.

Autre blogueur au nez fin : Jérome Cayla qui m’a fait l’honneur d’un billet tout en compliments dans « Les chroniques de Goliath ». Grrrr, je ronronne de plaisir.

Voilà, c’est tout.

Oh ça va hein !

De toute façon, je ne veux pas être une star. Je tiens à mon statut d’écrivain maudit. Je suis fidèle à mes valeurs, moi Monsieur au fond à droite qui la ramène tout le temps. Vous avez écrit un livre, vous, d’abord ? Vous avez vu la fierté embuée dans les yeux de votre maman allongée sur son lit d’hôpital, vous ? Oooooh, mais ne pleurez pas, Monsieur Aufond. Elle a juste une jambe cassée, rien de grave. Ça lui a même permis de trouver sa vocation, ce petit séjour aux frais de la mutuelle : agent littéraire en milieu hospitalier. TOUT le personnel infirmier et sanitaire est au courant que mon livre est sorti. Je dis bien TOUT le personnel. Pas moyen d’y échapper. Ma mère est un bulldozer de la promo littéraire.

Bon, je récapitule

« Le manège des amertumes », Isabelle Baldacchino, 108 pages, Editions Quadrature.

Le résumé : Des êtres pris dans une dentelle d’araignée s’entrecroisent, se répondent ou s’ignorent en choisissant le trottoir d’en face. Une marche d’escalier, une rue, une cave sont les lieux où ils vivent, où ils passent, où la tragédie côtoie insolemment la légèreté.

Toutes ces nouvelles se suffisent à elles-mêmes, mais l’auteure s’est employée à tisser des liens entre les histoires. Retrouvez-les ou laissez-vous mener jusqu’au dernier texte qui résonnera en vous comme un écho.

L’auteur (moi quoi !) : Née dans le Hainaut, où elle vit toujours, Isabelle Baldacchino est romaniste et comédienne. Ancienne co-gérante d’un resto-théâtre montois, professeur de français, animatrice d’ateliers d’écriture, chroniqueuse radio, elle vit sa vie à cent à l’heure.

En 2010, elle ose enfin confronter sa prose au regard du public. Elle remporte des concours de nouvelles et publie dans des ouvrages collectifs. Elle séduit enfin les Editions Quadrature en 2011 qui retiennent « Le manège des amertumes », une œuvre soutenue par le Fonds National de la Littérature.

Un extrait ? Aaaaaallez : « Oh le comédien ! Oh l’artiste ! Applaudissez, messieurs-dames, l’illusionniste entre en piste. Il est majestueux, il est magnifique : quelle splendeur d’hypocrite, quel perfide. Admirez sa technique, acclamez ses fourberies. Il dit Madame, il pense catin. Quel poète ! »

Disponibilité : commandes en librairies (belges, françaises, suisses, …), www.i6doc.com/quadrature, chez l’éditeur par simple mail (quadraturelib@gmail.com ), sur tous les sites de librairies en ligne.

ISBN : 978-2-930538-30-3 (livre broché) 15€

SBN : 978-2-930538-21-3 (format ePUB) 12€

Et la couvertuuuuuuuuuuuuuuuure :

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Ma vie d’écrivain maudit Chapitre 8

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I’m back !

Sonnez clairons et moquettes, je sors de ma retraite. « Mais où c’est-y qu’elle était ? », vous demandez-vous, hilares, échaudés par la prise intempestive d’une substance illicite. Non, non, ne sombrez  plus dans les dépendances toxicomaniaques, fans en délire, je suis de retour. Inutile de vous oublier dans le désespoir vain. Ne croyez pas les tweets honteux qui ont annoncé ma mort sur les pistes de Megève ou mon exil fiscal en Roumanie occidentale : tout est faux !

Mais où c’est-y qu’elle était ?

Oh, vous me l’avez déjà faite celle-là. Il faudrait penser à vous renouveler. L’usage intempestif de la répétition agrammaticale appauvrit votre texte. C’EST NUL .

Oh pardon, lecteur esseulé en quête d’une aumône baldacchinienne (l’adjectif entre dans le dictionnaire en février 2013). MAIS NON, suis-je bête, c’est MON recueil de nouvelles qui sort le 15 février 2013.

Note bien cette date, lecteur littérairement anémique : le 15 février 2013 le 15 février 2013 le 15 février 2013 le 15 février 2013 le 15 février 2013 le 15 février 2013 le 15 février 2013, je te remets de l’hémoglobine poétique dans les veines.

Mais je m’égare

Donc pardon, cher lecteur, pour cette saillie inattendue. Je perds un peu la tête. Je suis en pleine relecture de mon NNNoeuvre. A la demande de mon éditeur/8 × 2, je corrige mon manuscrit. Oh, quelques virgules à peine. Tu connais mon souci de perfectionnage, mon sens de la précisance et mon talent pour la pointillation.

Editeur/8 × 2 ? Mais qu’est-ce qu’elle raconte ?

Quadrature, c’est… : «  huit personnes aux capacités diverses qui mettent leur amour de la littérature et leur énergie en commun, ça peut déplacer des montagnes et, aussi, créer une maison d’édition… Le nom de Quadrature n’a pas été choisi au hasard… »

C’est beau.

Bref, sur les 8, j’ai deux parrains (des bourreaux, oui… enfin surtout un !), un homme et une femme (non, ils ne sont pas ensemble, rhooooo, quel ragoteur, ce lecteur), qui me chouchoutent (me torturent), me conseillent (m’envoient des parpaings dans la tronche), tentent avec moi d’améliorer mon texte (m’ont bazardé deux nouvelles à la poubelle, comme ça, comme un vulgaire Mon Chéri fondu, m’en ont recommandé cinq, pour n’en retenir qu’une). Pourtant, lecteur adoré et admiratif, tu connais mon souci de perf… Comment ça, je me répète ? Mais tu te prends pour mon éditeur ou quoi ?

Mon éditeur/8  mâle est dépressif

En novembre 2011, Patrick (Patoche pour les intimes, mais je ne suis pas une intime ; je suis obligée de l’appeler Monsieur) me dit, texto : « T’étais suicidaire quand t’as trouvé ton titre ? Hahaha (rire gras et moqueur) »

Pour rappel, je l’avais diffusé sur ce blog même, en vous mettant en garde contre les ponts et les cordes : « Le manège immuable des amertumes ».

Ça va, vous êtes toujours vivants ?

A la quête d’un intitulé fun, accrocheur, combatif et éventuellement vendeur, j’ai demandé conseil au Dilettante (voir ici). Je me suis fait attaquer en justice pour harcèlement. Faut pas les emmerder au Dilettante.

Alors, mon recueil s’est appelé successivement :

  • La charmeuse des lampions
  • Entre mêlés en deux mots
  • Entremêlés en un mot

Puis j’ai suggéré 3724 titres plus parfaits les uns que les autres. Un éditeur/8 femelle a proposé 799 groupes nominaux sans adjectif (parce que mon parrain, il aime pas les adjectifs, notez pour plus tard). Et non, non, non, aime pas, qui disait Patoche, Monsieur.  Veux pas, peux pas, c’est nul !

Puis, pas plus tard qu’hier (il y a trois jours en fait, mais ça sonne mieux avec hier…. Oh, tu ne peux pas comprendre, tu es lecteur, pas écrivain), le vlà qui revient, en tortillant des pieds (enfin, j’imagine, parce qu’on s’envoie surtout des mails) : « Tu sais, finalement, ton premier titre, il est pas si mal… si on enlève l’adjectif ».

!!!

Ha !

Je vous dis qu’il est dépressif. Je suis inquiète. Je vais en parler à mon éditeur/8 femelle. Je vous tiens au courant.

Bref, mon recueil de nouvelles sort le 15 février 2013.

C’est con, on loupe la Saint-Valentin d’une journée. Mais bon, ça ne fait rien. Prenez votre agenda, oui oui, là tout de suite, ouvrez-le à la date adéquate (le 15/02/13 en fait)  et notez en majuscules : « Le manège des amertumes, Isabelle Baldacchino, Editions Quadrature, à acheter absolument à toute ma famille, à mes élèves, à mon comité d’entreprise, à mon syndicat, à mes amis Facebook que j’aime tant… »

Concours

D’ici peu, je crée une page Facebook sur mon « bookin ». Vous m’enverrez la photo de votre agenda avec la note susdite et je tirerai au sort le futur gagnant d’un exemplaire gratuit de mon livre. On fait ça ?

Je fais ce que je veux

Oui, je passe du « tu » au « vous » sans transition. Et alors ? Mon flux de lecteurs est mouvant.

Et non, je n’ai pas répondu à la question «  Mais où c’est-y qu’elle était ? ». J’ai une vie privée, crotte !

PS : Je tiens à rassurer mes lecteurs : aucun auteur n’a été réellement maltraité dans cette chronique. Mes parrains quadraturiens s’appellent Marie et Patrick et ils sont fantastiques. Mais ça reste entre nous.

C’est ce que vous vous direz le 16 FEVRIER 2013, LE MANEGE DES AMERTUMES. NOTEZ ! Faut juste mettre du Tipp Ex sur le « dés ». Oooh, ça se verra pas; ça reste du blanc sur noir.

Ma vie d’écrivain maudit Chapitre 5

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Ma vie d’écrivain maudit : the end.

Ha mes amis, me voici enfin de retour. Oui, je sais, ce fut long et douloureux, telle une grossesse littéraire indésirée. Vous vous demandiez où diable j’avais bien pu m’envoler, si ma passion dévastatrice pour le mazarelli ou les Mon Chéri avait eu raison de mon âme, si mon suicide au tiramisu avait fait son œuvre.

Foule en délire

Hé bien non, je suis en vie. Ne hurlez pas, je vous prie, Madame, vous vous donnez en spectacle. MONSIEUR, rhabillez-vous s’il vous plait, nous ne sommes pas sur … hmmm, tournez-vous un peu pour voir. Mais c’est que vous êtes croquignolet… Heuuu, je m’égare. Fans en délire, je vous ai manqué, je le sais. Vos témoignages désespérés me sont parvenus et ont su toucher mon cœur. J’en ai dénombré au moins 2, dont celui de mon éditeur.

« Mais qu’entends-je, qu’entends-je ? Elle a dit mon éditeur ? »

OOOUUUUUIIIII, chers bloguistes zé bloguiens, la malédiction est enfin levée : mon recueil de nouvelles a trouvé acquéreur. L’extraordinaire et talentueuse maison d’édition Quadrature a accepté mon « projet » et me voici publiable en 2013, voire fin 2012.

Certains me diront de ne pas crier victoire, ni de vendre la peau de l’ours avant de l’avoir anesthésié (aucun animal n’a été maltraité dans cette rubrique) vu que 2012 a plus de chance de voir la fin du monde par explosion volcanique teuton que la parution de mon œuvre.

VIIIIIICCCCCCTOOOOOOOOOOOOOOIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIRRRRRRRRRRREEEE !!!!

Je crie si je veux, Monsieur.

Diète

En attendant, mon foie est en suspens. Après une overdose sylvestrienne à la méthode champenoise  à laquelle personne ne peut échapper, j’entre en cure comme en littérature. En effet, je compte bien me la péter en novembre 2012 dans tous les salons et autres rencontres littéraires, ce qui signifie que mon objectif principal dans les semaines à venir est de perdre 20 kilos.

Oui, je sais, en tant qu’auteur, je devrais avoir d’autres priorités, comme (je cite MON éditeur. Je dirais même plus MES éditeurs, puisqu’ils sont 8, dont 2 rien que pour moi, je vous expliquerai ça une autre fois, là, on parle de moi si vous voulez bien) revoir la structure générale du recueil, modifier la première nouvelle qui n’est pas du niveau exceptionnel de la seconde (enfin, exceptionnel, je l’ai ajouté, mais ils l’ont pensé tellement fort que je me permets), trouver un autre titre.

Quoi mon titre ?

Bon, d’accord, il y a plus réjouissant comme entrée en matière. Si vous ne vous suicidez pas après l’avoir lu, c’est que vous êtes déjà mort. Je cite,  « Le manège immuable des amertumes ». Cher public fidèle et assidu, je lance donc un appel aux propositions. Qui trouvera un titre moins dangereux pour la santé mentale de mes futurs lecteurs ?  Trois mots sont interdits : corde, anxiolytiques et crémation. Je le conçois, ça va être dur mais je sais que vous pouvez y arriver.

J’ai déjà demandé son avis à la maison d’édition parisienne « Le dilettante » qui m’a gratifiée, souvenez-vous, d’une lettre de refus insultante à souhait. Ils m’ont fait les propositions suivantes :

«  Laissez-nous tranquilles, Mademoiselle, nous ne sommes pas conseillers en marketing littéraire ». Mais je le trouve un peu long comme titre, non ?

Ensuite, ils ont suggéré à ma cinquième demande :

«  Allez-vous faire foutre avec vos nouvelles à la con, nous ne publions pas de belges bipolaires ». Mais j’ai trouvé que ça irait mieux à un roman d’Amélie Nothomb qu’à mon recueil.

Enfin, leur dernière proposition me semble la meilleure mais j’aimerais avoir l’avis de mes bloguistes. Que pensez-vous de :

«  Convocation au Tribunal Pénal de la préfecture de Paris XVème pour harcèlement moral par voie épistolaire ». J’aime assez. En tout cas, merci le Dilettante pour ces encouragements à vaincre enfin la malédiction de l’écrivain qui m’a tant brimée cette année.

Bref, ma vie d’écrivain maudit s’arrête ici.

 

 Toi, t’es mort.

Ma vie d’écrivain maudit Chapitre 4

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TOC (traque obsessionnelle compulsive)

Haaaa les lettres de refus du Dilettante. Elles sont célèbres dans le monde des romanciers de tiroir (ceux qui ont un roman dans le tiroir, qui y reste, faute de trouver une maison d’édition).  Il suffit de traîner sur quelques blogs ou sur les forums littéraires pour s’en rendre compte.

Ça y est, j’ai la mienne et je n’en suis pas peu fière.

Moi je suis une demi-nouvelliste de tiroir : de nombreuses nouvelles primées et éditées (heuu, trois en fait), un recueil dans le no man’s land postal des tentatives éditoriales.

Pour faire le point, j’ai osé une première salve de 5. Deux éditeurs m’ont répondu (Luce Wilquin et le Dilettante) après un mois d’attente fébrile :

6h27, après 3 abattages du rappel des 9 minutes sur mon réveil : rien dans ma boîte aux lettres. Trop tôt, le facteur dort encore.

6h40 : Mon téléphone est à 98 % de batterie. Ok

6h42 : rien sur yahoo.fr, rien sur gmail, rien sur gandimail, ….

7h : Boîte aux lettres

7h20 : meeeeeeeeeeerde, mon téléphone est sur silencieux… Han non, il sonne. C’est qui  c’est qui ? Ma mère ! Elle veut savoir si je passe manger de la ratatouille ce soir. C’est une blague ?

7h24 : faut que je parte

Vous multipliez l’espace-temps entre 6h27 et 7H24 par 10 et vous avez un aperçu plus ou moins réel d’une journée d’écrivain de tiroir.

NON !

Luce Wilquin, c’est fait, j’ai déjà déversé mon désespoir ivrognesque.

Le Dilettante mérite un article à lui tout seul, voire un blog, voire un roman.  Tout d’abord, présentons cette maison d’édition qui se revendique anarchiste. C’est d’abord une librairie parisienne où l’éditeur-libraire cuve sa mononucléose derrière le comptoir. Traduisez : quand j’ai déposé mon « projet » (on ne dit pas « manuscrit », mais projet) en mains propres, Monsieur  Dominique Gaultier dormait à côté de sa caisse. C’est vrai, lire 15 manuscrits projets par jour, ça épuise.

 En visant le Dilettante, j’ai eu un doute. Je savais que la maison était acerbe, réputée méchante envers les « wannabee » (ceux qui veulent être et qui ne sont pas encore… et qui ne seront peut-être jamais). On dit souvent que ce sont les stagiaires qui se chargent d’assassiner l’auteur amateur, histoire qu’il ne recommence pas ses conneries. Panpan cucu sur le chiwawa !

Mais en bon écrivain prétentieux, plein d’espoir et de naïveté, on se dit qu’on n’est pas comme les autres, qu’on a peut-être une petite chance.

Haaaaaa

Haaaa la petite chance. Comme si tous les aspirants en littérature ne croyaient pas l’avoir, cette petite chance, moi la première.

Comme promis, la réponse est arrivée vite et bien : moins d’un mois. Je vous la livre à sec (enfin, je sens que je vais m’imbiber très vite. Aujourd’hui, soyons fous, je me saoule au tiramisu).

                   M.lle,

                   Nous avons lu votre manuscrit, qui n’a malheureusement pas retenu notre attention.

                   «  Les nouvelles offrent trop souvent les mêmes types de personnages décadents.  Une prose bien triste. Vous gagneriez en substance à porter un regard, non pas moins noire, mais plus large sur le monde environnant »

                   Nous vous proposons de vous le réexpédier par voie postale à réception de la somme de 10 euros blablabla…

Signé Le service des manuscrits Hélène Voisin.

Vous vous dites : « elle a fait une faute, Isa, faut pas de E à noir ! ».

La faute est dans le texte !!! Ça c’est une vengeance basse et puérile : traquer la faute d’orthographe. ET IL Y EN A UNE, HELENE VOISIN, HA HA HA HA !

Commerce oblige : le courrier est accompagné d’un bon de commande. Véridique ! Comme si une scribouillarde guillotinée avait encore la tête à lire d’autres auteurs publiés, eux ! (Vous voyez que je suis fun, Hélène, je fais des jeux de mots).

Entre guillemets (ceux que j’ai mis plus haut), le texte écrit à la main qui s’insère dans la lettre-type.

Mon cœur balance…

J’hésite : rire ou me suicider.

Rions d’abord : visiblement, Hélène a lu en diagonale. Certes, la plupart des nouvelles sont mélancoliques, cruelles, noires, appelez–les comme vous voulez. Mais pas seulement. On rit beaucoup aussi : ce n’est pas moi qui le dis, ce sont mes lecteurs. Ouiiiiiiiiiiiii, mes lecteurs ne sont pas objectifs (mon chéri, mes copines, …). J’ADORE MES LECTEURS PAS OBJECTIFS. Le premier qui touche à mes lecteurs pas objectifs, je lui envoie une lettre du Dilettante.

Ensuite, pourquoi pas ? C’est tout à fait ma démarche : un petit monde à décrire où se déroulent des tragédies plus grandes que nos cages d’escaliers et qui côtoient parfois la légèreté absurde ou la magie du hasard. Oui j’accepte l’avis de cette pauvre Hélène, pour la moitié de mon recueil (celle qu’elle a lue … à moitié). J’élargirai mon regard dans une autre œuvre, de tiroir ou pas.

J’avance, je tiens compte, je cogite.

En attendant, je vise l’indigestion mascarponienne et le coma éthylique avec mon tiramisu. Puis je me suiciderai. Ou pas.

Ma vie d’écrivain maudit Chapitre 3

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Rage et désespoir

Mes propos risquent d’être incohérents ; je n’ai plus toute ma sobriété.

Bien que je n’aie plus de mazarelli dans le frigo, j’ai réussi à noyer mon chagrin. Tant qu’à sombrer dans le pathétique, j’ai cumulé la pochtronnerie (ce mot n’existe pas et je m’en fous), la crise de foie et la reprise de mon léger surpoids : je me suis saoulée aux Mon Chéri. J’adoooooore !

« Mais pourquoiiiiiii ? »,  me direz-vous ? (ne hurlez pas, j’ai mal à la tête).

Ne passons pas par quatre chemins (je n’ai pas le sens de l’orientation), mon recueil de nouvelles a été refusé par Luce Wilquin. Bouhouhou (là je pleure. Je le fais bien, hein ?)

Les raisons de cette injustice ?

Oooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooh, (le bourré a souvent des temps d’arrêt interminables dans sa conversation).

Oooooh, je disais donc, ce n’est pas que mon manuscrit est nul ou qu’il ne correspond pas à la ligne éditoriale, MAIS ! (silence du bourré).

Mais trop de nouvelles tuent la nouvelle, ils n’en lisent plus chez Luce Wilquin. Pour preuve, le mail reçu à l’instant. Extrait, maestro :

                             Chère Madame,

Bon, déjà, ça commence mal. Je suis une mademoiselle.

                             Nous vous remercions pour l’envoi de votre manuscrit.

Mais de rien, mon chéri.

                             Nous devons malheureusement vous dire que des recueils de nouvelles nous parviennent quotidiennement, alors que nous en publions deux ou trois par an seulement. Nous sommes donc contraints de renoncer temporairement  à les prendre en considération, car il n’y a aucune « place » disponible dans notre programme avant deux ans au moins… Désolés!

                             Nous vous adressons nos salutations les meilleures.

Quoi ? On ose me dire non sans m’avoir lu ! Je m’insurge.

Zzzzzzzzzzzzzzzzzzzz. Je cuve un peu et je me calme.

Vous savez ske j’y ai répondu au monsieur des manuscrits de Luce Wilquin :

                             Quel dommage, mon recueil est si bien !

Si si je vous jure, j’ai osé.

Ok, j’ai précisé que je plaisantais (quoique). J’y ai dit aussi au monsieur des manuscrits de Luce Wilquin que je lui enverrai un roman alors.

…………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………. 

Bon ben, il me reste plus qu’à l’écrire.

Pfffffou, faut vraiment que j’arrête les Mon Chéri.

Le Leitmotive Opus 2 est arrivé !

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Jacques Flament demande à ses auteurs de reproduire le communiqué suivant sans modération et je ne suis pas peu fière de m’exécuter vu que je suis dans les lauréats.

Faites passer !

119 AUTEURS ONT PRIS LE TRAIN EN MARCHE… 
Il était en effet question d’histoires de voies ferrées pour ce nouvel opus du concours de Jacques Flament éditions. 

Le train LEITMOTIVE 2 du 15 septembre 2011 comporte 28 wagons, tous de première classe, autrement appelés nouvelles.
Elles devaient toutes débuter par les phrases suivantes :  « Fatigués de lutter contre les forces d’inertie, nous roulions soudés vers la nuit, subissant l’odeur aigre des corps entremêlés. Le bruit sourd et saccadé de l’acier sur les rails étouffait les soupirs. »
Près d’une moitié des textes publiés traite d’un problème toujours douloureux et bien présent dans la mémoire collective : la déportation. 

248 pages, 28 auteurs aux univers et imaginaire débridés, c’est certes beaucoup de lauréats mais il n’en reste pas moins que 91 textes n’ont pas été publiés, même si nombre d’entre eux méritaient de l’être. Le revers de la médaille pour tout appel à textes, et la règle du jeu inévitable dès lors qu’il s’agit d’un concours soumis à une sélection finale !

Se côtoient dans ce nouveau recueil, présenté en deux parties bien distinctes (afin d’éviter tout amalgame) : une première partie nommée DÉPORTATION avec des textes à caractère résolument mémoriel ; une seconde partie, intitulée VARIATIONS FERROVIAIRES, où des univers différents s’y côtoient, parfois réalistes, futuristes, incitant au voyage, parfois beaucoup plus légers, voire frivoles, l’allusion aux corps entremêlés n’ayant pas laissé insensibles certains des auteurs. 

LEITMOTIVE, Opus 2, 16,90 €, disponible à partir du 15 septembre 2011,
Pour vous procurer l’objet-livre, résultat final de ce deuxième opus, suivez ce lien :


Sachez également que l’opus 1, ayant pour thème la marée, est, quant à lui, toujours disponible au lien suivant :

 

Etat des lieux

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Faisons le point en attendant la suite (voir Les bonnes nouvelles ou Ma vie d’écrivain maudit)

 Novembre 2010

Publication de ma nouvelle Le rêve du marcheur  dans le recueil collectif « Passage de mémoire » aux éditions Territoires de la mémoire.

Disponible en ligne sur le site de l’asbl au prix de 6€ : ici

Thème : Tout est dit dans le titre du recueil. La publication était le fruit d’un concours sur le devoir de mémoire. L’association, très connue en Belgique, se présente en effet comme  un « Centre d’Education à la Résistance et à la Citoyenneté ».  http://www.territoires-memoire.be/

 L’histoire : scènes d’un monde mythologique où les dieux sont en perdition face à l’horreur humaine, entrecoupées par diverses voix des « marcheurs de la mort ». L’idée m’est venue de ce simple constat que toutes les guerres sont marquées par des marches de la mort où l’anonyme crève au bord du chemin.

 Juin 2011

Une lettre me parvient, de la Police. Et merde, je me suis fait avoir comme une schtroumphette (attendez, je vérifie l’orthographe), je disais donc,  je me suis fait avoir comme une schtroumphette schtroumpfette, une bleue quoi (oui je sais c’est nul mais je surfe sur la vague des blockbusters, on est commercial ou on ne l’est pas), je vais raquer pour un excès de vitesse ET mon retard multi-mensuel de contrôle technique.

Police de Liège, ouh, erreur sur la personne, je ne suis plus allée à Liège depuis novembre 2010 (voir plus haut). Oh surprise, j’ai une mention au concours de nouvelle policière de la Police de Liège ! Bonheur…

Thème : Striptease

L’histoire : monologue d’une stripteaseuse.

Titre : Au suivant

Août 2010

Après une attente désespérée (sur une plage de Corse), Jacques Flament m’envoie un mail pour m’annoncer que ma nouvelle Les existences amères a été retenue par le concours Leitmotive. Chaque trimestre, l’éditeur organise un concours dont la contrainte est de commencer sa nouvelle par les deux phrases imposées. Voir le site :

http://www.jacquesflament-editions.com/leitmotive/

L’histoire : elle commence par « Fatigués de lutter contre les forces d’inertie, nous roulions soudés vers la nuit, subissant l’odeur aigre des corps entremêlés. Le bruit sourd et saccadé de l’acier sur les rails étouffait les soupirs. »

Disponible dès le 15 septembre sur le site de l’éditeur au prix de 15€.

PS qui a son importance : Les nouvelles citées ne peuvent être mises en ligne en accord avec les éditeurs ou les organisateurs des concours. D’où la rubrique Défis (voir articles).