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Pourtant, quelqu’un m’a dit …

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Amis bloguistes et bloguiens (ou l’inverse),

Quel plaisir de vous retrouver enfin après 6 jours de silence bloguois. Comment survivre, comment respirer sans ton oeil indulgent et tes clappements de mains, public adoré ? Oh mon lecteur chéri, j’ai envie de te faire un câlin. Gngngngn.

Voilà, pour la tendresse c’est fait.

Oui, hier quelqu’un m’a dit : « Septembre, c’est tendre ».

Hahaha, j’ai envie de dire. Parce que non franchement, on n’a pas idée de trouver septembre tendre. Avec la nuit qui tombe à 4h et les premières gelées, faut pas déconner, moi j’aime personne. Surtout avec l’été pourri qu’on a eu. Juillet j’suis gelée !  Août, il est où ? On peut s’amuser avec tous les mois de l’année, ça ne changera rien. Autant vous faire aveu d’échec tout de suite, j’ai essayé pour vous d’être tendre. Et j’y suis pas arrivée.

La rentrée ?

Bon j’ai bien tenté de sourire avec tous les trucs funs qui arrivent en septembre, genre… la rentrée des classes, les embouteillages de la rentrée, le budget de la rentrée de la ptite, le précompte immobilier à payer, le contrôle technique à refaire trois mois après le précédent vu que j’avais 9 mois de retard avec le dernier.

De retard de contrôle technique, bien sûr. Pas de retard, retard quoi. Je ne suis pas enceinte. 9 mois de retard, je serais en train d’accoucher d’ailleurs. Ha ça non merci, j’ai déjà donné.

La collectivité scolaire ?

J’ai bien essayé d’être tendre avec mes élèves, mais là encore, c’est au-dessus de mes forces. 24 ados en rut qui se retrouvent après deux mois de friche, ça fait du bruit.

–   Putain, t’as fait quoi à tes cheveux, toi, t’es ouf ou quoi ?

–   Je t’emmerde.

–   Eh, les gars, Kévin il m’emmerde. T’as bouffé du requin pendant les vacances, Kévin ? T’as pas peur toi, espèce de bâtard, attends que jte nique à la sortie.

–   Lâche l’affaire, Ayrton, il est roux, c’est pas sa faute.

–   Wesh, wesh, tu pues, sale roux.

–   John, tu veux bien te taire (ça c’est moi).

JOHN : Hé c’est pas moi, ‘dam, c’est Ayrton. Bouffon va. La prof, elle m’engueule à cause de toi.

Ils finissent par s’insulter, mais très vite ça s’arrête. J’ai le calme et je peux enfin travailler. A tous les coups, ça marche : accuser à tort un élève pour qu’il se prenne la tête avec le vrai coupable. Grrrrr, diviser pour mieux régner, c’est ma devise. Prendre un élève pour taper sur un autre, ouaiiiiiiis. Alors, la tendresse là-dedans, vous devinez où je la mets ?

J’suis une dingue, moi, une guerrière. Septembre c’est la guerre oui. Mon Vietnam de l’horreur commence maintenant.

Apocalyse now !

Seule, perdue sur une île cauchemardesque (Mons), je taille dans le tas de la jungle hostile avec ma machette. Oups j’ai tué ma mère, oups, j’ai tué mon père. Oui mais lesquels ? Si vous vous souvenez bien, ma mère a trompé mon père avec Horst Tappert, alias Derrick et je ne vous l’ai pas encore dit, mais ça ne saurait tarder, mon père a fricoté avec notre ancienne voisine : Assamambala Kitayé, une vieille guinéenne infirme.

J’ignore qui je suis, si je suis noire ou bavaroise. J’erre dans un vide spatio-temporel. J’en veux à mes parents, les 4, à mon oncle, à ma sœur, J’AI PAS DE SŒUR !!! J’ai faim !

Le pourquoi du comment

Amis du blog, je suis au régime. Je suis à -4, -4kg, -4 de tension. Ma tension tend vers la tentation : J’veux du chocolat, de la graisse d’oie hydrogénée, des chipitos au reblochon, des fricadelles aux lardons, des nouilles sautées au saindoux… J’ai envie de tout, je suis en hypo-crasses. J’VEUX DES FRIIIIIIIIIITES.

Voilà pourquoi je ne suis plus capable de tendresse, public affolé. Je suis une asséchée du cœur, il n’y a que mon estomac qui parle. Je ne suis pas au régime, je fais un Koh Lanta de la bouffe. Ma Denis Brogniard en jupe, ma diététicienne, elle m’a concocté un programme d’enfer.

Antenne !

Me voici échouée à Mobouk Tinwane.

Je suis dans l’équipe des jaunes, les Tacontétèkaloraï.

On doit tous perdre 27 KG.

Notre cri de guerre : 1 2 3 MAIGRIR.

Bon c’est pas très original, mais ça nous motive.

WOUW, que je suis motivée, moi.

Epreuve de confort : aller délivrer le docteur Dukan, enfermé dans une cage en titane au fond de la lagune, avant qu’il ne se noie. Pour corser la chose, on est attaché à un ballon d’hélium qui nous empêche de plonger.

On a perdu. Dukan est mort. De toute façon, le cadeau de confort, c’était une balance électronique. Pfff !

Epreuve d’immunité : attraper une clé avalée par un iguane pour ouvrir la baraque à frites de la plage.

On a perdu. L’iguane est mort. De toute façon, on n’avait pas le feu pour faire chauffer l’huile de friture.

 

 

 

 

Mais rends la clé, tu vas t’étouffer !

 

J’ai été éliminée au premier conseil. Je crois que mon équipe n’a pas supporté que je termine les 14 kilos de bananes Chiquita qu’on avait trouvés la veille par hasard dans les cageots à côté de la tente.

On m’a proposé de faire le prochain Secret story. Mon secret : « J’avale 14 kilos de bananes en 33 minutes pendant que j’achève un iguane à la machette ».

Personne ne trouvera, d’autant que dans un an, j’aurai 27 kg en moins. Impossible de me reconnaître.

Super, je vais passer sur TF1. Je sens que la tendresse me revient.

Et si je faisais une dépression plutôt ?

En attendant un test expérimentalo-empirique de la thérapie de groupe en solitaire, je vous embrasse tendrement, chers lecteurs et je vous dis :

A bientôt et à dada !  

 

 Rest In Peace…

 

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Vive la rentrée (et les sorties) !

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Amis bloguistes et bloguiens, bonsoir/jour (à vous de choisir).

Ne trouvez-vous pas qu’il est temps de faire un petit bilan de la rentrée ? Nous voici mi-septembre et le temps où nous devions choisir notre camp entre les juilletistes et les aoutiens semble bien loin.

Comme c’est meuuugnon !

Ooooh, la bonne surprise du jour : la récitation de ma fille, apprise ce matin même : Rap de la rentrée

Un raton m’a fait rater ma rentrée

Il a tooouuuut rongé partout

Une fois je l’attraperai

Je le tondrai ce raton

Il sera raton tondu

Tous les matins et tout nu

Ne juge pas, public affolé. Souviens-toi que tu trempais une souris verte dans l’huile pour en faire un escargot tout chaud avant de la mettre dans ta culotte. Alors si ma fille a envie de tondre un raton tout nu, on dit avec l’accent espagnol (ou allemand, ça marche aussi) : « Oui, ma chérie, exprime ta créativité ».

Bref, ce jour, je me lance une fois de plus dans la tentative expérimentale d’un test observatoire en milieu donné. Et repris. Aujourd’hui, j’ai essayé pour vous les sorties de la rentrée, les petites choses qu’on se dit quand on se retrouve à la machine à café ainsi que les sorties systématiques de trucs et autres engins de septembre.

Bilan

Point de désistement, personne n’a pu échapper à l’éternel retour du célèbre : « Alors, ça a été les vacances ? ».

Vous essayez de lutter contre le cliché stéréotypique du vacancier frustré d’avoir quitté sa tente Quechua, mais c’est plus fort que vous, systématiquement, vous répondez : « Trop court, comme d’habitude ». Quelle originalité !

Vous tentez d’enchaîner avec le compte-rendu de la somptueuse visite que vous avez effectuée au Palazzo Pitti de Florence, majestueux au milieu des jardins du Boboli… Mais déjà, votre interlocuteur ne vous écoute plus, vous sabrant tout net d’un : « Oh moi les vacances, c’est pas visite. On va à la plage et on boit des cocktails toute la journée ». Vous dire ça ou vous jeter à la face : « Tu sors ! », c’est la même chose.

Moi moi moi.

Moi personnellement (profitez-en, je parle rarement de moi, pudeur germanique sans doute). Moi donc, je disais, tout le monde sait très bien que je suis prof. Tout le monde, j’entends les gens que je côtoie, mes amis, mes connaissances, les parents des copines de classe de ma fille, les voisins de mes parents, … tout le monde quoi !

La première chose qu’on me demande lors de la rentrée de la petite, sur le bord de la cour de récré où les parents s’agglutinent pour envoyer un dernier bisou au gamin qui s’en fout comme de sa première couche ou à l’inverse qui s’accroche, morveux, à la jambe de sa mère en pleurs (oui oui, c’est bien la mère qui est en pleurs), … j’en étais où, moi déjà ?

Donc, la première chose qu’on me demande en tant que prof-parent, c’est : « Et toi, ta rentrée, ça a été ? ». J’essaie de me plaindre, comme tout prof qui se respecte (et j’ai beaucoup de respect pour moi-même) : « Pfffff. Qué n’horaire de merte ».

Heuuu, je suis prof de français. Je verbalise plutôt en ces termes : « Diantre, mon planning horairal est absolument catastrophique » et j’enchaîne les doléances : « On m’a refilé les professionnels équitation trois heures d’affilée, j’te dis pas ! Bon, ils sont sympas, mais je dois faire des pauses régulièrement. J’accepte de les accompagner aux écuries, on se balade dans l’hippodrome. Mais, tu sais, c’est la première fois que j’ai des professionnels, je dois refaire tout un cours. Je n’en peux plus »

Là je réalise que deux yeux vides et cernés par le halo de l’épuisement m’observent, incrédules. C’est Rita, la maman de Louanou, infirmière chargée des pauses de nuit dans un home de vieux, de personnes âgées pardon, qui tente de calculer le nombre d’heures que je preste à temps plein en tant que professeur du secondaire supérieur. Vingt, Rita, vingt. Ma voix s’amenuise, je rentre sous terre, voire dans mes petits souliers, je baisse les yeux, puis la tête… et je sors.

Ben, faisons la rentrée littéraire alors !

Mais bien sûr ! Avec plus de 700 romans et 200 essais nouveaux, vous croyez vraiment que j’ai le temps de faire la rentrée littéraire. Prof de français d’accord, nymphomane du livre, non. Faut pas pousser. Auteur inopiné de septembre, tu sors !

Ceci dit, je me suis achetée un bon petit Musso et un Barbara Cartland, histoire de rire un peu dans ce monde intellectuello-culturel et je sens que je vais prendre un plaisir bête et méchant à les flinguer sous peu.

En attendant ces prochaines impressions littéraires, je vous laisse méditer sur la revenance de ma célèbre formule, telle un ricochet du souvenir sur la surface du net :

A bientôt et à dada.

 Et vous, la rentrée, ça a été ?

 

Image : iletaitunehistoire