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Critiquer Marc Levy, ha c’est facile hein ça !

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Samedi, c’est Marc Levy

Ha quel dilemme ! Ce week-end, j’ai hésité longtemps entre lire un bon vieux Marc Lévy (pas le dernier, mais l’avant avant antépénultième) ou revoir en DVD Avatar. Entre James Cameron qui assassine Disney en violant Pocahontas dans le champignon du Grand Schtroumpf et Marc Levy qui assassine Barbara Cartland en violant Hugh Grant sur le canapé rouge de Drucker, mon cœur a balancé.

Soudain, j’ai tranché et j’ai choisi Marc Levy (ne m’asticotez pas, il n’y a pas d’accent à Levy). Tiens, ça me rappelle Sandra Kim, la seule gagnante belge de l’eurovision. Si je ne m’abuse, elle a remporté le grand trophée de la chanson avec « J’aime LE vie ». Si, si, je vous invite à vérifier ici, à 34 secondes.

Ha, elle chante bien « J’aime LE vie », je ne suis pas folle ?

Oui mais lequel ?

Que bref, j’ai donc une heure à perdre avec un Marc Levy, et là, je me retrouve devant un paradoxe existentiel : lequel choisir ? Surtout que le temps que je me décide, il va sûrement en écrire 4.

De plus, que dire de neuf et de méchant sans paraître communautaire et prétentieuse ? Ceci dit, Marc Levy n’est pas une petite chose fragile, les yeux embués de larmes et surtout, il ne lira probablement jamais mon post. Alors, lâchons-nous ! Marc, prépare-toi à mourir, même si tu as déjà été assassiné cent fois et que c’est tellement facile de critiquer celui dont on aimerait avoir la vie  (j’ai vraiment dit ça ?)

Alors, soyons honnête tout de suite, je ne suis pas au fait de l’actualité. Je n’ai pas lu L’étrange voyage de Monsieur Daldry. Dépenser 21€ pour le plaisir de démonter un sous-Alchimiste à Génoa City où, j’en suis sûre, l’héroïne qui court le monde comprendra à la fin que l’homme de sa vie est son voisin de palier, faut pas déconner. Je me suis donc contentée d’un bon petit Pocket à 8€ (pas donné tout de même) : Toutes ces choses qu’on ne s’est pas dites.

Haaaa les titres de Marc Levy

C’est tout un poème. Lisez-les d’une traite avec tout le talent qui vous caractérise et vous avez presqu’un sonnet parfait.

Je vous les donne, comme ça, c’est cadeau. N’ayez crainte, il n’a publié que douze romans, ça va aller vite. Lancez-vous, à voix haute, avec interprétation :

  • Le Premier Jour
  • La Première Nuit
  • L’étrange voyage de Monsieur Daldry
  • Le voleur d’ombres
  • Toutes ces choses qu’on ne s’est pas dites
  • Mes amis, mes amours
  • Les Enfants de la liberté
  • Vous revoir…
  • La Prochaine fois
  • Sept jours pour une éternité
  • Où es-tu ?
  • Et si c’était vrai…

Synopsis ou comment on regrette de n’avoir que bac +4 pour comprendre l’intrigue

Quand on lit un roman de l’ex-architecte infographiste (non, non, il n’y a pas de bug dans sa biographie), on se plonge sans retenue dans un film de Jennifer Aniston qui jouerait la sœur jumelle de Julia Roberts au mariage de Meg Ryan. D’ailleurs, l’héroïne du récit qui nous occupe aujourd’hui s’appelle … Julia ! Bingo.

Elle prépare son mariage. Les premières pages s’ouvrent donc sur la scène où Julia… à votre avis, qu’est-elle en train de faire ? Elle essaie sa robe de mariée, pardi. Re-bingo.

Son meilleur ami l’aide dans cette tâche pseudo-romantique. Quelle est la caractéristique principale d’un meilleur ami qui a une vision très précise du dernier cri en matière de mode matrimoniale ? Allez, je vous mets sur la voie : il appelle sa vieille copine « ma chérie ». Il est…, il est… ? Gay ! Re-re-bingo.

Donc, son meilleur ami, Stanley, est gay et a du goût vestimentaire. Il ne tient pas une boutique de fringues, mais un magasin de … ? De… ? D’antiquités ! Sans blaaaaaaaaague.

Et bien sûr, Stanley, homme raffiné, surtout pas efféminé (ne tombons pas dans les clichés) a vécu un drame dans sa vie. Lequel ? Hein, hein ? Il a perdu l’amour de sa vie, mort d’une terrible maladie contemporaine qui ne touche pas que les gays, sauf que ça, Marc Lévy l’a occulté. Alors, alors, la terrible maladie ? Ouiiiiiiii, le sida !

Est-ce possible de réunir autant de poncifs psychologiques dans un seul personnage ? Et oui, Marc Levy l’a fait. Marc Levy n’a peur de rien. Je suis sûre qu’il a déjà contacté Rupert Everett pour l’adaptation cinématographique.

Revenons-en au résumé de l’histoire. Accrochez-vous, ça se corse. ATTENTION SPOILER (hahahaha, qu’est-ce que je me fais rire).

Le père de la jeune fille meurt et l’enterrement a lieu le jour du mariage, qui est donc annulé. Après les funérailles, Julia reçoit une caisse étrange de laquelle surgit le clone robotisé de son père pour lui offrir six jours de rab’ sur une vie d’absence. Après quelques dialogues de toute beauté, Julia accepte cette invraisemblance James Cameronnienne et parcourt le monde avec ce père détesté sur les traces de son premier amour. Tomas, disparu à Kaboul lors d’un grand reportage sous les bombes, Tomas qui, en fait, n’est peut-être pas si mort que ça.

Ouh, le sens du suspense. Vous êtes tous pendus à mon clavier : Julia va-t-elle retrouver son premier amour et retomber dans ses bras comme vingt ans auparavant lors de la chute du mur de Berlin (si, il a osé) ? Va-t-elle se rendre compte qu’elle s’engageait dans une voie de garage avec le pauvre fiancé, Adam, fade mais si compréhensif ? La première intuition que vous avez eue lors de l’ouverture de la caisse et des premières explications sur la mécanique compliquée du clone éphémère du père décédé va-t-elle trouver sa confirmation à la fin du roman, à savoir que le père , rongé par le remords d’avoir caché une lettre de Tomas, alors que le monde entier le croyait explosé sur une mine en Afghanistan n’est pas vraiment mort lui non plus et a joué la comédie du robot pour envoyer sa fille réparer sa vie perdue?

Et bien oui, contre toute attente, l’amour triomphe de tous les obstacles et Carrie Ingalls peut tomber paisiblement dans sa prairie fleurie : les gentils gagnent toujours à la fin. Même s’il n’y a pas de vrais méchants chez Marc Levy. James Cameron les avaient déjà recrutés pour Avatar et ils se sont bien fait niquer en 3D par les très très gentils écolos ethniques extraterrestres hurlant «Youyouyouyouyou ».

Moi je dis, à quand un roman de Marc Levy adapté à l’écran par James Cameron ?

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