Archives de Catégorie: Impressions littéraires

Mon avis tout humble sur l’actualité littéraire ou les classiques en devenir.
Parce qu’on ne lit pas nécessairement que les nouveautés.
Parce que, parfois, se replonger dans un Zola ou un Camus, ça fait du bien à la modestie.
Parce qu’on a le droit de ne pas tout comprendre de Duras.
Parce que ce serait tellement facile de lyncher Marc Lévy.
Je jette mon petit caillou dans la mare qui ne fait pas beaucoup de vagues.

Prix Renaudot des Lycéens !

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Haaa mes amis,

Voilà un bail, comme on dit, qu’on ne s’est plus lu. Je vais vous épargner mes journées de 32h. Aujourd’hui, en cette fin du monde postposée au siècle prochain (ou à 23h11, nous verrons bien), je n’ai pas envie de me plaindre.

Vous vous dites sûrement, en lisant mon titre : « ça y est, son talent est enfin reconnu, et ce, par un public des plus exigeants : les ados, nom d’un mucus (ma fille est en train de regarder « La princesse et la grenouille », pendant que je rédige, ça m’inspire) ».

En effet, si j’ai loupé le Goncourt et le prix Fnac, je n’ai pas non plus remporté le plébicite des lycéens. Faudrait que j’aie publié pour ça, et encore ! Non, non, toujours silence radio des éditions Quadrature. Mais je vis puisque l’espoir fait vivre.

En attendant, je vous fais part d’une petite lecture d’actualité : Rien ne s’oppose à la nuit, Delphine de Vigan, un roman sélectionné pour le Goncourt (depuis éjecté de la seconde sélection mais primé par la Fnac et par les lycéens du Renaudot, d’où le titre).

Selon moi, en ouvrant l’oeuvre (hmmm l’allitération assonantique…), je me disais qu’une autobiographie sur les rapports conflictuels entre une écrivain et sa mère bipolaire, suicidaire et cancéreuse n’intéressaient probablement personne. D’office, je ne voulais pas être touchée, ni pleurer, surtout pas aimer ce roman impudique, cette autofiction narcissique et nombriliste.

Et merde !

Je me suis fait avoir.

Comment rester insensible à cette quête intérieure bercée par la mort et la violence ? Dit comme ça, on fuirait d’emblée ce roman dépressif. Il ne l’est pas, ni indécent d’ailleurs même si l’auteur ne recule devant aucune vérité. L’humour et la lumière percent de temps en temps la nuit profonde du récit.

Mais bien plus que l’histoire de sa mère, de son enfance à son suicide, Rien ne s’oppose à la nuit est l’autobiographie de Delphine de Vigan elle-même. Toutes les douleurs destructrices de sa mère sont perçues à travers le prisme du regard de sa fille. La focalisation est bien interne et l’auteur tente de décrire sa propre compréhension de la détresse, plutôt que la détresse elle-même.

On peut toujours se dire ici : « Oui mais quel intérêt pour le lecteur d’assister à cette autopsie mentale et familiale ? ». On pourrait craindre le Delarue littéraire. Je n’ai pas résolu cette question, en effet. Ce qui m’a bouleversée, c’est l’intérêt porté à l’écriture salvatrice, vitale, déferlante. J’ai aimé ce rapport à la littérature nécessaire pour comprendre la ligne d’une vie. La démarche est passionnante pour quelqu’un qui écrit, comme moi. L’est-elle  pour un « simple » lecteur ?

En tout cas, ce n’est pas du Marc Levy, c’est toujours ça de pris.

Rien ne s’oppose à la nuit, Delphine de Vigan, Ed. JC Lattès, 2011, 436 pages, 19 €.

Rien ne s'oppose à la nuit

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Blog blog blog blog …

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Ha mes amis, mais que vous m’avez manqué !

L’année s’est accélérée d’un coup, entre mes cours, mes ateliers d’écriture et la recherche inopinée d’une nouvelle voiture … d’occasion, suite à la défection de la précédente. Je profite d’une demi-heure de répit pendant la cuisson de mon célèbre moelleux au chocolat sans farine (une tuerie culinaire dont je suis seule à détenir le secret).

Petite impression littéraire de derrière les fagots.

A l’heure où je me fourvoie moi-même sur un blog (pour rappel : isabellebaldacchino.wordpress.com. Ha mais vous le savez, puisque vous y êtes), au moment où j’étale publiquement mon alcoolisme événementiel (une lettre de refus de maison d’édition et hop, une cuite au Mon Chéri), bref à l’instant où je suis particulièrement concernée par la chose, voilà que je tombe sur un roman de jeunesse intitulé : « Blog ». J’hallucine devant cette mise en abyme virtuelle. Waouaw, on parle de moi.

Ou pas.

Le héros de Jean-Philippe Blondel (l’auteur, si vous suivez bien) est un jeune adolescent qui tient un blog intime. Nous différons donc  par le sexe et  le sujet. En ce qui concerne l’âge, les divergences sont infimes. Je suis une fleur de printemps, tout le monde le sait.

Résumé apéritif (5 points)

Le narrateur est un ado de 15 ans.

Aïe, déjà je me dis : « ça va pas le faire », comme disent les jeunes. Effectivement, ça commence mal : le narrateur étale sa mauvaise humeur sur deux chapitres. « Ouh lala que je suis très fâché, mon papa a lu mon blog. C’est pas bien et gnagnagna, il m’a violé ». Oups le mot est lâché : viol virtuel. Je me dis : ça va me brouter si on tourne en boucle autour d’un crime qui n’en est pas un, même si je comprends qu’être lu par son parent alors qu’on ne lui a rien demandé  peut mener à une colère extrême (maman, si tu nous écoutes…).

 Le jeune homme décide alors de ne plus adresser la parole à son père, ce qui flingue à bout portant toute l’atmosphère familiale.

Et puis un soir, une caisse apparaît devant la porte du narrateur, avec un cutter. On se doute évidemment de qui ça vient et ce qui s’y trouve. La question, c’est : « ouvrir ou pas ? ». Et si c’était la boîte de Pandore ?

Il finira par l’ouvrir. Evidemment.

Avis personnel (5 points, 1 point par argument)

Et là c’est la surprise. Alors qu’on s’attend à une caricature du langage djeuns ou à une critique des dérives du net, on se retrouve embarqué dans un roman d’apprentissage. Un ado, à l’aube de sa vie d’adulte, qui s’interroge sur la filiation, l’intimité, le secret.

J’en ai retenu un roman très touchant, nuancé, dont le message, s’il y en a un, est que la communication est la clé des rapports humains, qu’il faut s’ouvrir à l’autre pour se connaître soi-même, que la rupture est salvatrice, mais que la réconciliation est nécessaire.

Le blog, en fait, est un sujet secondaire ; ce sont surtout la confidence, la confiance et la parole les véritables sujets du roman.

Donc, avis positif pour « Blog », de Jean-Philippe Blondel, aux éditions Actes Sud Junior.

Rien à voir

Ceci étant dit, j’en profite pour vous faire part d’une découverte récente.

Sur mon blog wordpress, je peux voir les recherches Google des internautes qui ont mené à mon blog. Par exemple, si vous tapez « J’ai essayé pour vous » ou mon nom complet sur Google, vous risquez d’atterrir chez moi.

Jusque là, rien d’étonnant. Mais d’autres prospections internautaires sont plus étranges.

Voici un petit inventaire étonnant et non exhaustif de ces recherches (avec les fautes dans le texte) :

  • Derrick (jusque là, rien d’anormal)
  • blog secret de famille
  • la carte d’identité de babouche et dora
  • grosses femmes nue
  • fanny jandrain poitrine
  • bonnet a poil
  • la poitrine de fanny jandrain
  • cest quoi les impressions littéraires?
  • cefor cuisine
  • fetichiste foulard
  • lettre de refus de pocket jeunesse
  • un raton m’a fait rater ma rentrée
  • monia houdart rendez vous  
  • récits fouet seins
  • j’arrete jouer euromillions
  • baleine de soutien gorge
  • fourreau dans plot beton pour poteau
  • gang bang 2011 mons
  • fée arc en ciel magique
  • collants agression
  • mons chiot a donner
  • controle technique 9 mois de retard
  • taille haie carrefour avis
  • jambes écartées d’isabelle
  • isabelle strip teaseuse
  • la cape de coiffure en nylon chez la coiffeuse  

Je vous laisse méditer sur tout ça, vous qui voguez sur mes articles par consentement volontaire.

Bip bip, bip bip, ha ! mon gateau est cuit. A bientôt pour de nouvelles aventures. 

 

 

Rémonkeunojeutèm

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Vous y croyez, vous ? Je n’avais jamais lu « Zazie dans le métro » !

J’ai traîné quelque jours avec la bouille Playmobil de Catherine Demongeot sur mon Folio dans la salle des profs de mon école et surprise, pratiquement tout le monde m’a dit : « Oooooh, Zazie dans le métro, j’ai jamais lu ».

Moi-même, j’étais plutôt Sally Mara. Haaaa ! Sally Mara, double féminin et lubrique de Raymond Queneau,  jeune vierge émoustillée amoureuse de son professeur de français, Monsieur Presle. Elle a bercé mon adolescence  et mes années de déclamation. Je jouais l’ingénue avec un accent anglais plus ou moins raté, mais j’avais mon petit succès quand je pleurnichais le départ de l’enseignant : « Il est pawti ».

Soit.

Je viens de lire « Zazie » et je ne peux m’empêcher de tirer mon chapeau. JE VEUX ÊTRE RAYMOND QUENEAU. J’aurais voulu inventer Trouscaillon, un personnage qui change de nom, de physique, de costume sans que personne, ou presque, ne le reconnaisse.

J’aurais voulu emmener mes lecteurs dans une orgie de poésie, même en ajoutant « mon cul » à chaque réplique.

Je veux adopter un perroquet pérorant un maussade : « Tu parles, tu parles, c’est tout ce que tu sais faire » et qui me mettra en cage.

J’aurais aimé laisser une lectrice maudite dans ce fou rire mélancolique où, quand Marceline devient Marcel, on a quand même un petit pincement au cœur de quitter une enfant qui vieillit.

Tout ça et pas seulement, c’est Raymond Queneau : un poète hyperactif, un satyre oulipien.

Rémonkeuno, mon cul !

Critiquer Marc Levy, ha c’est facile hein ça !

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Samedi, c’est Marc Levy

Ha quel dilemme ! Ce week-end, j’ai hésité longtemps entre lire un bon vieux Marc Lévy (pas le dernier, mais l’avant avant antépénultième) ou revoir en DVD Avatar. Entre James Cameron qui assassine Disney en violant Pocahontas dans le champignon du Grand Schtroumpf et Marc Levy qui assassine Barbara Cartland en violant Hugh Grant sur le canapé rouge de Drucker, mon cœur a balancé.

Soudain, j’ai tranché et j’ai choisi Marc Levy (ne m’asticotez pas, il n’y a pas d’accent à Levy). Tiens, ça me rappelle Sandra Kim, la seule gagnante belge de l’eurovision. Si je ne m’abuse, elle a remporté le grand trophée de la chanson avec « J’aime LE vie ». Si, si, je vous invite à vérifier ici, à 34 secondes.

Ha, elle chante bien « J’aime LE vie », je ne suis pas folle ?

Oui mais lequel ?

Que bref, j’ai donc une heure à perdre avec un Marc Levy, et là, je me retrouve devant un paradoxe existentiel : lequel choisir ? Surtout que le temps que je me décide, il va sûrement en écrire 4.

De plus, que dire de neuf et de méchant sans paraître communautaire et prétentieuse ? Ceci dit, Marc Levy n’est pas une petite chose fragile, les yeux embués de larmes et surtout, il ne lira probablement jamais mon post. Alors, lâchons-nous ! Marc, prépare-toi à mourir, même si tu as déjà été assassiné cent fois et que c’est tellement facile de critiquer celui dont on aimerait avoir la vie  (j’ai vraiment dit ça ?)

Alors, soyons honnête tout de suite, je ne suis pas au fait de l’actualité. Je n’ai pas lu L’étrange voyage de Monsieur Daldry. Dépenser 21€ pour le plaisir de démonter un sous-Alchimiste à Génoa City où, j’en suis sûre, l’héroïne qui court le monde comprendra à la fin que l’homme de sa vie est son voisin de palier, faut pas déconner. Je me suis donc contentée d’un bon petit Pocket à 8€ (pas donné tout de même) : Toutes ces choses qu’on ne s’est pas dites.

Haaaa les titres de Marc Levy

C’est tout un poème. Lisez-les d’une traite avec tout le talent qui vous caractérise et vous avez presqu’un sonnet parfait.

Je vous les donne, comme ça, c’est cadeau. N’ayez crainte, il n’a publié que douze romans, ça va aller vite. Lancez-vous, à voix haute, avec interprétation :

  • Le Premier Jour
  • La Première Nuit
  • L’étrange voyage de Monsieur Daldry
  • Le voleur d’ombres
  • Toutes ces choses qu’on ne s’est pas dites
  • Mes amis, mes amours
  • Les Enfants de la liberté
  • Vous revoir…
  • La Prochaine fois
  • Sept jours pour une éternité
  • Où es-tu ?
  • Et si c’était vrai…

Synopsis ou comment on regrette de n’avoir que bac +4 pour comprendre l’intrigue

Quand on lit un roman de l’ex-architecte infographiste (non, non, il n’y a pas de bug dans sa biographie), on se plonge sans retenue dans un film de Jennifer Aniston qui jouerait la sœur jumelle de Julia Roberts au mariage de Meg Ryan. D’ailleurs, l’héroïne du récit qui nous occupe aujourd’hui s’appelle … Julia ! Bingo.

Elle prépare son mariage. Les premières pages s’ouvrent donc sur la scène où Julia… à votre avis, qu’est-elle en train de faire ? Elle essaie sa robe de mariée, pardi. Re-bingo.

Son meilleur ami l’aide dans cette tâche pseudo-romantique. Quelle est la caractéristique principale d’un meilleur ami qui a une vision très précise du dernier cri en matière de mode matrimoniale ? Allez, je vous mets sur la voie : il appelle sa vieille copine « ma chérie ». Il est…, il est… ? Gay ! Re-re-bingo.

Donc, son meilleur ami, Stanley, est gay et a du goût vestimentaire. Il ne tient pas une boutique de fringues, mais un magasin de … ? De… ? D’antiquités ! Sans blaaaaaaaaague.

Et bien sûr, Stanley, homme raffiné, surtout pas efféminé (ne tombons pas dans les clichés) a vécu un drame dans sa vie. Lequel ? Hein, hein ? Il a perdu l’amour de sa vie, mort d’une terrible maladie contemporaine qui ne touche pas que les gays, sauf que ça, Marc Lévy l’a occulté. Alors, alors, la terrible maladie ? Ouiiiiiiii, le sida !

Est-ce possible de réunir autant de poncifs psychologiques dans un seul personnage ? Et oui, Marc Levy l’a fait. Marc Levy n’a peur de rien. Je suis sûre qu’il a déjà contacté Rupert Everett pour l’adaptation cinématographique.

Revenons-en au résumé de l’histoire. Accrochez-vous, ça se corse. ATTENTION SPOILER (hahahaha, qu’est-ce que je me fais rire).

Le père de la jeune fille meurt et l’enterrement a lieu le jour du mariage, qui est donc annulé. Après les funérailles, Julia reçoit une caisse étrange de laquelle surgit le clone robotisé de son père pour lui offrir six jours de rab’ sur une vie d’absence. Après quelques dialogues de toute beauté, Julia accepte cette invraisemblance James Cameronnienne et parcourt le monde avec ce père détesté sur les traces de son premier amour. Tomas, disparu à Kaboul lors d’un grand reportage sous les bombes, Tomas qui, en fait, n’est peut-être pas si mort que ça.

Ouh, le sens du suspense. Vous êtes tous pendus à mon clavier : Julia va-t-elle retrouver son premier amour et retomber dans ses bras comme vingt ans auparavant lors de la chute du mur de Berlin (si, il a osé) ? Va-t-elle se rendre compte qu’elle s’engageait dans une voie de garage avec le pauvre fiancé, Adam, fade mais si compréhensif ? La première intuition que vous avez eue lors de l’ouverture de la caisse et des premières explications sur la mécanique compliquée du clone éphémère du père décédé va-t-elle trouver sa confirmation à la fin du roman, à savoir que le père , rongé par le remords d’avoir caché une lettre de Tomas, alors que le monde entier le croyait explosé sur une mine en Afghanistan n’est pas vraiment mort lui non plus et a joué la comédie du robot pour envoyer sa fille réparer sa vie perdue?

Et bien oui, contre toute attente, l’amour triomphe de tous les obstacles et Carrie Ingalls peut tomber paisiblement dans sa prairie fleurie : les gentils gagnent toujours à la fin. Même s’il n’y a pas de vrais méchants chez Marc Levy. James Cameron les avaient déjà recrutés pour Avatar et ils se sont bien fait niquer en 3D par les très très gentils écolos ethniques extraterrestres hurlant «Youyouyouyouyou ».

Moi je dis, à quand un roman de Marc Levy adapté à l’écran par James Cameron ?

Honteux copinage

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Au détour d’un forum, j’ai fait la connaissance de Christine Muller, alias Poil de plume, auteur acerbe, drôle et impitoyable. Jeune auteur de moins de quinze ans qui écrit un roman de vampire avec des fautes d’AUrthographes mais c’est pas grave parce tu as du talent c’est vrai ta cousine elle adore ton premier chapitre, ne croise pas la route de Christine sur un forum ou tu risques de finir avec une plume d’argent plantée dans le cœur.

Bref, je suis encore en vie. D’échanges en commentaires, de conseils avisés en messages, un personnage virevoltant s’est dessiné dans mon écran. Et voilà que Poil de plume me dévoile en exclu la couverture de son prochain roman.

DONC, pour faire plaisir à qui ça fera plaisir (auteur, lecteurs, compagnons de forum), je partage. La voici, la voilà :

 Cliquez pour agrandir

Le roman paraît le 11 octobre chez Le Verger. Je ne doute pas que l’humour et le hors d’haleine seront au rendez-vous.

«… née Pélagie D.», Françoise Houdart

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«… née Pélagie D.», Françoise Houdart, Ed. Luce Wilquin, Collection Sméraldine, 1996, 144 p.

Sur son site, Luce Wilquin présente son auteur Françoise Houdart en ces quelques mots : Traductrice de formation, Françoise Houdart a enseigné l’allemand dans l’enseignement supérieur jusqu’au jour où elle a décidé de vivre, sinon de sa plume, du moins avec et par elle, une existence dont elle seule gardera la maîtrise du temps. Neuf romans, tous publiés chez le même éditeur – «La vie, couleur saison», «La part du feu», «Camino», «Quatre variations sur une fugue», «… née Pélagie D.», «Femme entre quatre yeux», «Belle-Montre», «Textes pour la gisante» et «La petite fille aux Walalas» – constituent à ce jour son œuvre en prose. 

«… née Pélagie D.», que je viens de terminer, est une œuvre en prose, certes. Pourtant, c’est bien la poésie qui berce ce court roman d’initiation à soi. Pélagie entreprend le premier voyage de son existence, répondant enfin aux fantasmes qui l’ont maintenue en vie : voir la mer. La mer du Nord, la sienne. Sur le ferry qui la mène en Angleterre, elle rencontre Maximilien, septuagénaire solitaire, à qui elle déballera son histoire « par tronçons », presque malgré elle.

Au fil des confidences se dessine une vieille dame qui marche vers son indépendance, la découverte de soi, à pas fragiles, à mots enthousiastes. On sent le bilan, le retour en arrière, la nécessité de se dire, d’être enfin le seul conteur de son identité. Pélagie a été une de ces nombreuses femmes doucement éteinte par la main du mari à une époque où il ne pouvait en être autrement.

Le sujet d’un autre temps, qui pourrait n’intéresser qu’une génération, touche pourtant le lecteur au plus profond de sa quête personnelle. Peut-on reconquérir sa liberté ? La réponse de Françoise Houdart est oui, bien évidemment. Elle guide son personnage vers l’acquisition ultime du choix. Certains seront déçus par la fin. Moi, je trouve qu’il ne pouvait en être autrement.

Je me suis plu à penser que Maximilien n’existait pas, qu’il n’était que l’oreille nécessaire dans l’esprit de Pélagie, mais quel dommage alors d’effacer les moments d’intimité drôles et vrais entre ces deux « retirés » de la vie.

Avec une parfaite maîtrise du propos, au son d’une poésie ciselée, Françoise Houdart semble nous transmettre une conviction simple, celle que la connaissance de soi passe par l’autre, par le partage de ses solitudes. Au fond, toutes les histoires se ressemblent dans l’absolu et chacune d’elles est unique par ses détails. Les détails font l’humain.

Les premiers mots :

J’ai osé… ! Comme c’est curieux ! Comme c’est étrange de s’entendre prononcer ces mots-là… ! Les entendre dits de sa propre voix… différente pourtant, oui si profondément différente de celle qui m’habite depuis toujours, que je la sens étrangère à moi-même, étrangère à la voix qui me souffle les répliques, celle qui pose des mots sur mes gammes muettes, dans les bulles vides de mes dessins inanimés, mes apnées, mes absences.

Impressions littéraires, c’est quoi ?

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Mon avis tout humble sur l’actualité littéraire ou les classiques en devenir.

Parce qu’on ne lit pas nécessairement que les nouveautés.

Parce que, parfois, se replonger dans un Zola ou un Camus, ça fait du bien à la modestie.

Parce qu’on a le droit de ne pas tout comprendre de Duras.

Parce que ce serait tellement facile de lyncher Marc Lévy.

Je jette mon petit caillou dans la mare qui ne fait pas beaucoup de vagues.